GOITRE
entraîne de la cyanose de la tête, de la dyspnée, du tirage, de la raiicité de la voix, de la bronchite chronique. Uasphyxie rapide n'est pas rare, surtout au cours des infections aiguës qui augmentent le volume de la glande ; elle est particulièrement fréquente avec le goitre plongeant rétro-sternal.
Les enfants goitreux, que Taffection soit congénitale ou acquise, sont souvent des c/'e'h'ns, mais non forcément. Ce n'est pas le goitre qui cause le crétinisme, mais Tinsuffisance thyroïdienne : le goitreux se comporte alors comme un myxœdémateux (p. 67ii).
Les goitres qui se développent à la suite des infections restent souvent petits et latents.
Proûostic. — Le goitre congénital est grave, quand il a un certain volume ; il a un pronostic relativement favorable, quand il est peu accusé.
Le pronostic du goitre acquis dépend du volume et du siège. Les goitres superficiels, peu volumineux, sont souvent curables.
Pour l'une et l'autre variété, le pronostic dépend également du degré de l'insuffisance thyroïdienne.
Traitement. — Le traitement du goitre est le même, qu'il soit congénital ou acquis.
On conseille le séjour prolongé au bord de la mer, les bains de mer chauds, les applications locales d'eau de mer, qui agissent peut-être par la petite quantité d'iode ainsi absorbée.
L'iode est le médicament de choix. On le prescrit sous forme d'iodure de fer ou de sirop iodo-tannique chez les petits enfants, de teinture d'iod.e chez les grands, de pommade iodo-iodurée. Il doit être donné avec précaution, car l'enfant goitreux est très susceptible à ce médicament et présente facilement des accidents d'iodisme, amaigrissement, tremblement, palpitations, tachycardie, surexcitation, etc., qui sont identiques à ceux du thyroïdisme expérimental (Jannin, Gauthier). Le traitement iodé donne une amélioration notable dans 90 p. 100 des cas, surtout dans le goitre parenchymateux (Kocher). Quant aux injections interstitielles de teinture d'iode ou d'iodure de potassium, elles ne sont pas sans danger.
Quand le goitre s'accompagne de symptômes d'insuffisance thyroïdienne, Vopothérapie thyroïdienne (p. 677) est indiquée.
Le traitement chirurgical est conseillé si le traitement mé-
dical est sans effet ou s'il s'agit de goitres kystiques et fibreux ; il consiste dans la thyroïdectomie partielle, pour éviter le myxœdème opératoire ou dans Vexothyropexie. Au cas d'asphyxie, la trachéotomie peut être nécessaire.