MUGUET
quelques jours. Il est rare que, par son extension, il empèclie complètement Talimentation.
Cependant il est des cas graves dans lesquels le muguet s'étend au pharynx, à l'œsophage, à l'estomac, à Tintestin, au larynx, aux bronches, aux poumons, aux glandes parotides, etc., et même passe dans la circulation sanguine, réalisant des foyers emboliques dans le rein, la rate, le mésentère, etc. Ces faits, autrefois assez communs chez les athrepsiques (Parrot), sont aujourd'hui exceptionnels.
Chez les cachectiques, le muguet peut aggraver l'état général et réaliser une véritable intoxication. En effet, bien que ses sécrétions soient peu toxiques (Charrin, Roger), son pi-otoplasma renferme des poisons endocellulaires (Concetti).
Parfois le muguet du pharynx est isolé. Il se présente sous forme de points blanchâtres, du volume d'un grain de millet, semblables à du lait desséché; exceptionnellement il forme une nappe blanche recouvrant les amygdales et le voile du palais.
Anatomie pathologique. — Vendait crémeux disso.cié est constitué par des cellules épithéliales, des microbes divers, des filaments mycéliens et des formes levures : ces divers aspects peuvent exister simultanément ou isolément. Le muguet reste limité à la couche épithéliale de la muqueuse et respecte le chorion.
L'oïdium albicans pousse facilement sur les milieux usités en bactériologie, notamment sur les milieux glucoses, la carotte, l'artichaut.
Diagnostic. — Le diagnostic du muguet s'impose généralement par l'examen de la bouche ; eu tout cas, il est contirmé par l'étude microscopique de l'enduit. Les concrétions laiteuses, qui pourraient donner le change, n'adhèrent pas à la muqueuse et ne s'étendent pas. Les diverses stomatites exsudatives ont un aspect bien différent, qui ressort des descriptions faites dans les pages précédentes
Le muijuet du pharynx est facile à différencier de la membrane diphtérique (p. 105).
Traitement. — On fait des lavages de la bouche avec de Leau bouillie ou mieux avec une solution de bicarbonate de soude à o p. 1.000. On peut prescrire une sucette diacide borique (Escherich), des badigeonnayes avec la liqueur de Yan Swieten, avec Teau oxygénée, avec une solution de nitrate d'argent à 2 p. 100, avec un collutoire au borate de
soude, etc. Mais le traitement le plus simple consisie à faire, 2 fois par jour, des lavages de Vestomac avec la solution de bicari3onale de soude à 5 p. 1.000 ou l'eau de Vichy (Hulinel) ; j'ai pu en constater couramment les excellents effets. Il convient en outre de traiter les troubles digestifs, de prescrire un régime alimentaire approprié, de prendre les précautions nécessaires (isolement, antisepsie) pour éviter la propagation de la maladie.