HÉMIPLÉGIE CÉRÉBRALE INFANTILE
membres sont le plus touchés. Les réflexes tendineux et les réactions électriques sont peu modifiés.
Au bout de quelques semaines, V hémiplégie devient spasmodique. Alors apparaît le tableau clinique qui persiste en s'accentuant jusqu'à la mort et que contribuent à réaliser la. paralysie, ['arrêt de développement du squelette (diminution de longueur et de volume des os, d'autant plus marquée que l'entant est plus âgé et a fait son hémiplégie plus jeune), les atrophies muscalaires, les contractures, les rétractions fibro-musculaires (fig. 146;.
Le membre supérieur est généralement le plus atrophié. Il est privé de tout mouvement volontaire. L"épaule est plus élevée que celle du côté sain ; le bras est accolé au tronc; Tavantbras est fléchi à angle droit et en pronation forcée; la main est plus ou moins fléchie, au point qu'il en résulte souvent une subluxation des os du carpe qui font saillie à la face dorsale, et inclinée vers le bord cubital ; la paume de la main est creusée en gouttière (Bouchard) ; les doigts sont généralement fléchis et recouvrent le pouce qui est en adduction ; quelquefois (fig. 147) certains d'entre eux, l'index et le médius surtout, ont la troisième phalange en flexion et la deuxième en hyperextension, avec subluxat.ion palmaire de
Fig. 146.
infantile 13 ans).
- Hémiplégie cérébrale avec athétose (fille de
MALADIES DE L'ENCEPHALE
son extrémité supérieure (doigt en baïonnette de Déjerine). Au membre inférieur, le genou est légèrement fléchi, le pied en varus équin (fig. 148), plus rarement en valgus équin ; l'équinisme peut déterminer la subluxation de la tête de l'astragale; le gros orteil est généralement en extension tandis que les autres orteils ont une position normale. L'enfant
marche en traînant la jambe, le pied reposant sur son bord externe et sur le talon antérieur ou la face plantaire des orteils.
Les membres, tant l'inférieur que le supérieur, sont atrophiés ou plutôt retardés dans leur développement, diminués de volume et raccourcis de 2 ou 3 centimètres en moyenne, quelquefois plus. Leurs extrémités sont violacées, froides (le thermomètre marque I ou '2 degrés de moins que du côté sain).
L'épine iliaque du côté paralysé est souvent plus élevée que l'antre; il en résulte une scoliose dorsolombaire, à convexité tournée du côté de l'hémiplégie, entraîcompensation inverse de la colonne
P'ig. 147. — Hémiplégie flexion excessive de la baïonnette (Déjerine).
cérébrale infantile:
main avec index en
nant une courbure de cervico-dc^rsale.
Le thorax du côté paralysé est souvent un peu rétréci.
La paralysie faciale est généralement peu prononcée dans les cas anciens, beaucoup moins que dans l'hémiplégie de l'adulte; exceptionnellement il y a un léger degré de contrac-
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tiire. Mais la face est asymétrique, par suite de l'atrophie du squelette et des muscles.
Les réflexes tendineux sont généralement exagérés. Le chatouillement de la plante du pied provoque l'extension du gros orteil {signe de Babinski).
A l'exploration électrique, V excitabilité faradique et galvanique des nerfs et des muscles reste très longtemps conservée.
Presque toujours il existe, principalement au niveau du membre supérieur, des mouvements involontaires, choréiques, athéiosiques, choréo-athetosiques, des tremblements qui chez l'adulte au contraire sont exceptionnels. De même peuvent
Fig- 148. — Hémiplégie cérébrale infantile : pied varus équin (Déjerine).
apparaître des convulsions épileptiformes, généralement tardives, après 3 à 8 ans, limitées au côté paralysé, ou débutant par lui et se généralisant; l'accès, précédé d'aaras variables, détermine rarement la chute, ne débute pas par un cri, ne s'accompagne pas d'écume à la bouche, de morsure de la langue, d'émission involontaire des urines, et se termine brusquement sans coma (Bourneville, Wuillamier); cependant, au bout d'un certain temps, les accès revêtent les caractères de ïépilepsie ordinaire; ils peuvent réaliser un état de mal, quelquefois mortel; après 30 ans ils s'espacent et disparaissent. L'intelligence est affaiblie à un degré variable, qui peut aller depuis la débilité mentale jusqu'à Vimbécillité et même à Vidiotie (p. 776). Il y a des cas où l'enfant est capable de
NoBÉcouRT. — Précis de médecine des enfants. 50
s'instruire ; mais toujours la volonté, les facultés affectives, le sens moral sont amoindris ; ces troubles d'ailleurs restent généralement stationnaires (Bourneville).
Il peut exister des troubles de la parole, principalement de la dysarthrie. Vaphasie motrice, quand elle se rencontre, n'existe qu'au début de l'affection (Belianine).
Telle est l'évolution habituelle de l'hémiplégie cérébrale infantile. Mais il est des cas rares où, avant la période des contractures, les mouvements reviennent et l'arrêt de développement ne se manifeste pas; dans ces cas peuvent apparaître des mouvements athétosiques; c'est le type d hémiplégie avec athétose.
Quelquefois l'hémiplégie est bilatérale; il y a dipJég-ie (p. 787).
Pronostic. — L'hémiplégie cérébrale infantile est une infirmité incurable. Eiiceplionneh iSont les cas où elle rétrocède sans aboutir à la contracture. Elle est compatible avec une longue mr vie. Quand les sujets ne succombent pas aux convulsions initiales ou à l'état de mal épileptique, ils peuvent atteindre un âge avancé.
Diagnostic. — i" Le diagnostic différentiel s'impose dans la majeure partie des cas et, même chez l'adulte, les caractères de l'hémiplégie infantile sont tels qu'elle est facile à reconnaître en dehors de tout commémoratif.
Dans la paralysie infantile à type hémiplégique, d'ailleurs exceptionnelle, il n'y a pas de contracture, mais au contraire une grande laxité des membres (membres de polichinelle) ; l'excitabilité faradique et galvanique des nerfs et des muscles disparaît rapidement. Au début cependant, qui peut être aigu et fébrile dans les deux cas, à la période d'hémiplégie flasque, la confusion est possible.
L'hémiplégie hystérique est exceptionnelle chez l'enfant; elle a ses signes propres et ne s'accompagne pas d'arrêt de développement.
Le> syndrome de Little se confond avec les diplégies (p. 787).
Chez le nouveau-né et le nourrisson, les paralysies obstétricales et la pseudo-paralysie syphilitique de Parrot sont nettement distinctes.
2<> Le diagnostic de la lésion et le diagnostic étiologique, impossibles dans la majeure partie des cas, se font par l'analyse des symptômes et le mode de début.
Traitement. — ^ Le traitement, avant tout Nymptomatique,
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consiste dans le massage et les mouvements passifs, les grands bains chauds, dans lesquels l'enfant fait des tentatives de mouvements. Dans certains cas, on pratique des sections tendineuses et le redressement des membres déformés.
Chaque symptôme a des indications spéciales ; en particulier, les convulsions épileptiformes sont traitées par les bromures.
Quant au traitement étiologique, il est indiqué quand la syphilis peut être incriminée. Dans un cas datant de 10 ans^ Pic et Piéry (1897) ont obtenu avec lui une amélioration ; mais c'est là un fait exceptionnel. Quand une origine traumatique fait soupçonner une compression, on peut avoir recours à la trépanation du crâne.