ÉPILEPSIE
intervalles plus ou moins éloignés. Parfois elle se répète par séries (40 à 50 par jour i, ce qui constitue l'état de mal* Dans l'état de mal la perte de connaissance persiste entre les accès ; puis ceux-ci s'espacent et cessent, laissant après eux une stupeur profonde, de l'amaigrissement et de l'hypothermie ; finalement la mort survient dans le coma.
Les attaques reviennent soit le jour, soit la nuit ; les attaques nocturnes sont particulièrement fréquentes chez l'enfant ; elles passent souvent inaperçus, car elles ne se révèlent, si l'enfant n'est pas surveillé, que par Yémission involontaire d'urine (p. 617) et la fatigue ressentie le matin.
Évolution. Terminaisons. — Très souvent, pendant des mois ou des années, il n'existe que du petit mal ou des équivalents épileptiques.
Les accès de haut mal peuvent être très peu nombreux ou au contraire se répéter fréquemment chaque mois, chaque semaine, chaque jour.
La maladie dure indéfiniment. D'autres fois les attaques disparaissent, mais l'enfant devient un dément ou un idiot.
Enfin la gaérison peut survenir, sous l'intluence du traitement.
Assez souvent l'enfant meurt nn cours des accès, par rupture du cœur, par syncope, par asphyxie, ou par épuisement dans l'état de mal ; il peut mourir encore d'un accident provoqué par l'accès (chute dans le feu, fracture du crâne, etc.).
Pronostic. — Le pronostic de l'épilepsie est toujours grave. Les cas les plus sévères sont ceux qui débutent avant 10 ans. Le traitement en modifie souvent l'évolution.
Diagnostic. — Le diagnostic est très difficile pour le petit mal. On peut penser à des tics, à un début de chorée.
L'attaque convulsive est plus caractéristique: Il faut la distinguer de la crise àliystérie (p. 856), d'une attaque simulée.
11 faut enfin différencier l'épilepsie dite essentielle des épilepsies symptomatiques, des convulsions.
Les épilepsies symptomatiques s'accompagnent des signes d'une lésion cérébrale en foyer (p. 785 1, de paralysies avec contractures, de névrite optique, etc.
Dans les convulsions (p. 840j, il n'y a pas d'aura, de cri initial, de morsure de la langue, de sommeil consécutif, de manifestation du petit mal, de modifications de l'intelligence et du caractère; quand elles sont liées à la tétanie (p. 833), il y a hyperexcitabilité galvanique des nerfs, spasme de la glotte.
Traitement. — Le traitement de Fépilepsie doit être hygiénique et médicamenteux.
Traitement hygiénique. — L'enfant doit vivre à la campagne, au calme, soumis à un exercice et à un travail manuels modérés, à un travail intellectuel minime, à une éducation morale attentive. ^
ValinieiiUdion est soigneusement réglée : pas de vin, pas d'alcool, peu de viande, bien que le régime hypoazoté n'influe pas sur la quantité des accès (J. Voisin, R. Voisin et Norero) ; surtout des laitages, des légumes. On conseille un régime hypochloruré (Richet et Toulouse).
L'état des voies digestives est surveillé; de temps en temps un purgatif est utile.
On fait des frictions et on donne des douches ; tièdes ou chaudes en jet brisé et courtes (15 à 25 secondes).
Traitement médicamenteux. — Il consiste presque exclusivement dans l'emploi des bromures, bromures d'ammonium, de potassium, de sodium, de strontium, etc., isolés ou associés. On les donne chaque jour, soit à la même dose, soit en ciuantité croissante, soit à doses massives espacées (méthode anglaise).
Méthode des doses croissantes et décroissantes (Charcot, Gilles de la Tourette). — On commence par une dose faible (0 gr. 50 à 2 grammes par jour suivant l'âge), on augmente de 0 gr. 50 à 1 gramme par semaine jusqu'à la dose suffisante pour supprimer les attaques, puis on diminue de la même dose chaque semaine jusqu'au retour à la dose^ première. On recommence les séries pendant un an. Au bout de ce temps on diminue de 0 gr. 50 à 1 gramme par chaque période de 3 semaines, de façon à ne suspendre le traitement que 2 ans après la disparition des accidents. La dose suffisante est révélée par la dilatation et la paresse de la pupille, par un peu d'obnubilation, par la tendance au sommeil.
Les doses varient avec l'âge. Avec le régime hypochloruré elles doivent être moins fortes (2 à 3 grammes en moyenne;.
On fait prendre généralement la quantité voulue en 2 fois, aux repas du matin et du soir.
On n'arrête le traitement qu'au cas d'accidents de bromisme.
L'assistance et l'éducation des épileptiques doivent être l'objet de mesures spéciales.
Comme médication étiologique, on prescrit le traitement spécificiue si la syphilis est en cause.
CHOREE DE SÏDEXIIAM 847
Traitement des accès. — Il consiste dans les petits soins qui ont pour but d'empêcher le malade de se blesser.
Dans Vêlât de mal, on maintient l'enfant dans l'obscurité, on donne des bains sinapisés, môme des bains froids ( J. Voisin i. On l'alimente dans la mesure du possible. Quant au bromure, son emploi est contre-indiqué pour beaucoup de médecins, indiqué pour les autres; l'épreuve doit toujours être faite.