‹ Precis de medecine des enfantsChapitre 253 sur 277 · VARIOLE · texte numérisé non relu

VARIOLE

drant R\ec du talc mélangé d'acide borique ('1 p. 10), du dermatol ou du sous-nitrate de bismuth, et en les recouvrant de gaze stérile.

Au début on peut donner un ou deux bains antiseptiques ; on supprime les bains dès l'apparition des bulles.

Les enfants sont isotés jusqu'à la fin de l'éruption, pendant 16 jours en moyenne à partir de son début, en pratique jusqu'à la chute des dernières croûtes. L'isolement n'a pas besoin d'être aussi rigoureux que pour les autres fièvres éruptives. La désinfection des locaux n'est pas nécessaire. La déctaration n'est pas obligatoire.

Quant aux enfants suspects, leur isolement est prolongé pendant 15 jours à partir de la contagion probable.

Chacune des complications a ses indications thérapeutiques spéciales.

\. — Variole.

La variole est rare chez l'enfant comme chez l'adulte dans les pays où la pratique de la vaccine est généralisée. L'enfant peut la contracter dans l'utérus {variole congénitale) ou après la naissance {variole acquise).

A. Variole congénitale. — Les femmes enceintes atteintes de variole avortent dans 65 à 60 p. 100 des cas ; l'avortement est autant plus fréquent que la grossesse est plus avancée et que l'infection est plus grave. Quand l'accouchement se fait à terme ou près du terme, on peut observer les faits suivants :

l'' L'enfant a a été atteint de variole in utero et porte des cicatrices à la naissance (Mlle Margoulieff i.

2" L'enfant est immunisé.

3° L'enfant naît en incubation de variole. Il est en hypothermie (H. Roger). Puis tantôt il meurt en 4 à 11 jours avec de l'hypotermie, de l'ictère, quelquefois un érythème scarlatiniforme ; tantôt il présente une éruption variolique. Celle-ci débute du l®"" jour au 16^ jour qui suit la naissance; elle s'accompagne généralement d'un retour à la température normale ou de fièvre; l'éi'uption est discrète, papuleuse, et aboutit rapidement à la dessiccation ou à la suppuration. La mort est la règle.

B. Variole acquise. — On l'observe surtout chez l'adulte, qui actuellement en est atteint plus fréquemment que l'enfant.

Étiologie. — La variole est épidémique et contagieuse. La contagion se fait par le contenu des pustules ; le contage pénètre le plus souvent par les voies respiratoires, plus rarement par les voies digestives ou par la peau. La contagion est directe ou indirecte; elle s'effectue par l'intermédiaire des personnes, des linges, des objets de literie, etc.

Le germe pathogène est encore inconnu.

Symptômes. — Je prends pour type la variole suppnrée.

i" Période d'incubation. — Elle dure U à là jours et reste latente.

'i" Période d'invasion. — Après 1 ou 2 jours de malaise et de fièvre légère, apparaissent un frisson, une fièvre intense (390,5-40° le l^'" jour ; 40", 5, 41", 42", le 2^), de la céphalalgie, de la rachialgie, des vomissements alimentaires et bilieux, des épistaxis, souvent des convulsions généralisées ou partielles. Le faciès est vultueux, les yeux sont rouges, larmoyants; le malade craint la lumière. Les rash sont fréquents; ils apparaissent le 2<^ ou S*' jour, sont morbilliformes, scarlitiniformés, orties, érythémateux, etc. ; ils sont généralisés ou localisés aux aines, aux aisselles, etc.

Cette période dure 2, H ou 4 jours.

S*' Période d'éruption. — L'éruption envahit successivement la face, le cou, le tronc, les membres, en 24 ou 48 heures. Chaque élément passe par les phases suivantes : macule (tache rouge, non saillante, arrondie), paptz/e (saillie arrondie ou acuminée avec collerette rosée), vésicule, qui s'ombilique et devient /)iis/«/e; chaque phase dure en moyenne 24 heures. L'éruption atteint également les muqueuses delà bouche et du pharynx. Elle est discrète, cohérente ou conjïuente, suivant l'abondance des éléments éruptifs. Son apparition s'accompagne généralement d'une atténuation des phénomènes généraux.

4" Période de suppuration. — Elle débute du 6^ au 8*^ jour. La suppuration apparaît d'abord à la face, puis progresse dans le même sens que l'éruption. Dans la variole discrète, les pustules restent isolées et beaucoup d'entre elles ne suppurent pas. Dans la variole confluente, elles se fusionnent, notamment à la face, où elles forment de grandes ampoules remplies de pus ; la tuméfaction est très marquée.

Avec la suppuration, la fièvre et les symptômes généraux reparaissent ; ils sont d'autant plus intenses qu'elle est plus abondante. Les urines sont rares, albumineuses.

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