GRIPPÉ
grands par des phénomènes douloureux intenses (céphalalgie, rachialgie, douleurs dans les membres), par des vertiges, par une dépression très marquée. Parfois on observe des symptômes cérébraux simulant plus ou moins ufîe méningite (niéningisme grippal, pseudo-méningite grippale ; en réalité il -s'agit d'une méningite légère, séreuse, et ces formes méningées sont particulièrement fréquentes chez les enfants.
3*^ Forme gastro-intestinale. — Les .troubles digestifs consistent généralement dans l'anorexie, les vomissements, la constipation et dans de la pharyngite érylhémateuse, qui peut suffire à provoquer la toux. Dans la forme en question ils s'exagèrent et font que la grippe simule plus ou moins une gastro-entérite, un emijarras gastrique, une fièvre typhoïde.
Complications. — Les complications sont dues soit à l'agent pathogène de la grippe, soit à des infections secondaires.
1° Voies respiratoires. — Ce sont la bronchite capillaire, la congestion pulmonaire, la bronc ho -pneumonie, \di pneumonie ; elles sont dues au bacille de Pfeiffer (H. Meunier, Nobécourt et Paisseau), au pneumocoque, au streptocoque, au bacille de Friedlander, etc.; elles sont surtout fréquentes et graves au-dessous de 2 ans. On voit aussi des pleurésies séro-Jlbrineuses ou purulentes dues à ces mêmes germes.
2'^ Appareil circulatoire. — Rarement on observe une endocardite ou une péricardite. Les troubles cardiaques d'origine myocardique ou nerveuse sont plus rares que chez l'adulte.
3° Appareil digestif. — On peut voir des stomatites, des vomissements incoercibles, des diarrhées profuses, des entérites cholériformes ou dysentérif ormes, des appendicites. La recrudescence des appendicites à la suite des épidémies de grippe a été fréquemment notée.
4" Appareil urinaire. — 11 peut apparaître une néphrite avec ou sans troubles urémiques, hématuries et œdèmes.
o" Système nerveux. — Quelquefois il se développe une méningite suppurée, à bacilles de Pfeiffer à pneumocoques, à streptocoques.
6° Complications diverses. — Ce sont le rhumatisme infectieux, des arthrites suppurées, Vostéo-périostite à bacilles de Pfeiffer (H. Meunier), des érythèmes infectieux, scarlatiformes (p. 891 et fig. 168), des otites moyennes, particulièrement fré. quentes, etc.
Terminaisons. — Les formes légères, qui sont les plus com-
NoBÉcocRT. — Précis de médecine des enfants. 58
munes dans la moyenne et la grande enfance, guérissent en 48 heures.
Les formes intenses tournent court en 3 ou 4 jours, à moins de complication?.
La [convalescence est longue ; elle dure en moyenne 8 à 10 jours, quelquefois plus.
Pendant la convalescence peuvent se développer la tuberculose, Yadénopatble trachéo-bronchiqae, la broncho-pneumonie chronique avec dilatation des bronches, etc.
Pronostic. — La grippe a généralement un pronostic bénin, plus bénin même que chez l'adulte. Cependant il peut être grave d'emblée ou devenir sérieux du fait des complications, notamment des complications broncho-pulmonaires. Celles-ci sont surtout fréquentes au-dessous de 3 ans, et, d'autre part, chez les vieillards.
Diagnostic. — Il est facile en temps d'épidémie. Cependant les symptômes peuvent faire penser, au début surtout, à une rougeole, à une scarlatine, à une variole, à une fièvre typhoïde, à un embarras gastrique, etc.
Traitement. — Chez l'enfant atteint de grippe, on fait l'antisepsie de la bouche, du pharynx et du nez; on prescrit, s'il s'agit d'un enfant sevré, le régime lacté, les tisanes chaudes.
On donne, à petites doses, de la quinine, de ïantipyrine, du pyramidon, de Vaspirine, contre la fièvre et les phénomènes douloureux, de Vacétate d'ammoniaque, de l'alcool, du café, à titre de stimulants. Au besoin, on fait des injections de sulfate de strychnine et d'huile camphrée.
Les bains iiedes, les enveloppements frais du thorax sont utiles contre l'hyperthermie, surtout si on craint des complications broncho-pulmonaires.
Chaque forme clinique et chaque complication comporte en outre un traitement spécial.