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X. — Erysipèle

L'érysipèle est une maladie de tous les âges. Chez le nourrisson qui a dépassé 2 ou 3 mois et chez l'enfant plus âgé, il se présente avec les mêmes caractères que chez l'adulte et est presque toujours bénin. Vérysipèle des nouveau-nés, par

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contre,présente des particularités intéressantes. C'est ce dernier que j'envisage seul.

Etiologie. Pathogénie. — L'érysipèle des nouveau-nés apparaît du 10« au 15^ jour après la naissandÇ, au niveau des solutions de continuité de la peau : érosions, plaies, piqûres de vaccin, presque toujours plaie ombilicale. Il est lié à Y infection puerpérale de la mère et depuis longtemps on a noté la coexistence d'épidémies de ces deux maladies dans les maternités (Lorrain, Hervieux). Les recherches bactériologiques en ont fourni la raison en montrant que l'une et l'autre sont dues à un même germe, le streptocoque (Widal).

On a admis la possibilité de Vinftction intra-utérine par la voie placentaire ou dune contagion pendant le passage dans le vagin ; ce sont des processus exceptionnels. L'infection se réalise presque toujours, sinon toujours, après V accouchement, par l'intermédiaire des mains, des objets de pansement, etc.

Anatomie pathologique. — Les lésions cutanées de l'érysipèle du nouveau-né, et dans l'espèce de Térysipèle d'origine ombilicale, diffèrent notablement de celles de l'érysipèle des enfants plus âgés et des adultes. Tandis que, chez ces derniers,ily a un afflux abondant de leucocytes qui phagocytent les streptocoques, chez le nouveau-né /a leucocytose fait défaut (Achalme). L'examen histologique montre un grand nombre de streptocoques dans le tissu sous-cutané et seulement quelques-uns dans la couche profonde du derme ; ils occupent les gaines lymphatiques périvasculaires et les troncs lymphatiques, qu'ils distendent et qui, de même que les espaces interstitiels, ne contiennent que très peu de leucocytes.

Les ganglions lymphatiques de la région ne sont pas tuméfiés.

Il y a souvent de la phlébite ombilicale.

Généralement il y a streptococcie généralisée et on trouve une sérosité louche dans le péritoine, les plèvres, le péricarde.

Symptômes. — L'érysipèle du nouveau-né, consécutif à l'infection de l'ombilic, est essentiellement ambulant (Trousseau). Il débute généralement dans la région sus-pubienne, gagne les organes génitaux externes, les fesses, les membres inférieurs, et, d'autre part, le dos, le thorax, même la face. La peau est rouge, luisante, œdématiée; le bourrelet est souvent peu appréciable; parfois il se forme des bulles remplies de sérosité. Assez souvent, la rougeur de la peau est peu manifeste et l'on constate surtout un œdème dur de la ré-

gion sous-ombilicale, des organes génitaux et des membres inférieurs.

La fièvre, nulle ou légère au début, s'élève ensuite à 39° ou 40° si le bébé est vigoureux, fait défaut ou est remplacée par de Vhypothermie s'il est débile. L'enfant est abattu, refuse le scia; il a des "vomissements, une diarrhée abondante.

La mort survient en quelques jours, quelquefois, seulement en 15 ou 20 jours.

Parfois il se forme des abcès sous-cutanés et en pareil cas l'érysipèle peut guérir (Trousseau). L'érysipèle d<'vient parfois gangreneux, sans que pour cela le pronostic soit absolument fatal.

Fréquemment il apparaît de l'ictère, une péritonite suppurée à streptocoques, des broncho-pneumonies.

Pronostic. — Il est très fjrnve. La guérison est rare, mais possible; elle est survenue 4 fois sur 14(Hutinel et Darré).

Diagnostic. — Il est facile quand la rougeur de la peau est nettement appréciable. La lymphangite gangreneuse du scrotum est une affection de même nature, qui ne doit pas être différenciée. Les érythèmes de la région fessière, du scrotum, etc., ont un aspect bien différent.

Ouand il y a surtout de l'œdème, Térysipèle peut être méconnu; on pense à une anasarque dont on ne peut préciser la cause.

Traitement. — On évite l'érysipèle chez le nouveau-né par les soins antiseptiques du cordon.

Letraitementconsisteenapplicationsd'unesolution aqueuse de bleu de mithylèné à 5 p. 100, de compresses imbibées d'eau de guimauve ou d'eau de sureau chaudes, en pulvérisations d'eau bouillie ou de solutions antiseptiques, en bains de sublimé à 1 p. 4000; dans les cas sérieux, on fait des pulvérisations de sublimé dissous dans l'éther à 1 p. 100 (Talamon).

Les injections de sérum antistreptococcique donnent quelquefois des résultats favorables (Charrin et Roger, Bar et Tissier, Chevé, Hutinel et Darré). On injecte chaque jour 10 ou 20 centimètres cubes.

XL r- Rhumatisme articulaire aigu.

Le rhumatisme articulaire aigu franc, maladie infectieuse, dont la spécificité, longtemps admise sans conteste, est très

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