RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU
discutée, n'est pas spécial à l'enfant; mais chez lui il est très fréquent et revêt des caractères particuliers qu'ont précisés H. Roger, Boucliut, Hénoch, Cadet de Gassicourt, etc.
Étiologie. — Le rhumatisme articulaire est rare avant 5 ans et surtout au-dessous de 2 ans. Les cas observés chez des nourrissons (Joukowky, Dupont, etc.; sont douteux. Après 5 ans il augmente progressivement de fréquence, pour atteindre son maximum (70 p. 100 des cas) de 10 à 15 ans. Le sexe n'a pas d'influence appréciable.
\J hérédité rhumatismale crée une prédisposition manifeste ; il n'est pas rare d'observer le rhumatisme chez les ascendants ou chez plusieurs frères et sœurs.
Les causes occasionnelles sont le froid k action brutale ou à action lente, surtout le froid humide, la fatigue, le surmenage, etc. Elles interviennent non seulement dans la production de la première atteinte, mais surtout à propos des récidives et des rechutes, qui sont communes.
La cause déterminante est l'infection par un germe spécial encore indéterminé ou bien par un germe banal qui pénètre, par le pharynx et peut-être par les voies digestives (Gilbert et Lereboullet). Quel qu'il soit, ce germe ne se transmet pas par contagion.
Anatomie pathologique. Bactériologie. — Les ar//iropaf/n>s ne présentent rien de spécial à l'enfance.
Les germes incriminés sont multiples : bacille d'Achalme- Thiroloix, identifié par certains bactériologistes au Bacillus perfringens, diplocoque de Triboulet-Coyon, analogue à l'entcrocoque, streptocoques.
Symptômes — Le rhumatisme articulaire débute généralement d'une façon insidieuse par du malaise, de la fatigue, des douleurs vagues ; plus rarement à la façon d'une maladie générale aiguë, ou d'emblée par les arthropatliies. Assez souvent le début est marqué par une angine érythémateuse, douloureuse, non accompagnée d'adénopathie.
Les arthropathies, qui constituent chez ladulte le phénomène saillant du rhumatisme, sont loin d'avoii^ la même importance chez l'enfant. Dans les cas les plus typiques, le rhumatisme envahie un plus ou moins grand nombre d'articulations, les cous-de-pied, les genoux, les coudes, les épaules, etc.: elles sont tuméfiées, déformées par un épanchement intra-articulaire et de Tcedème péri-articulaire; les téguments ont une coloration rosée; la douleur desjointures est vive, spontanée
et réveillée par le moindre mouvement ou attouchement; les fluxions articulaires sont mobiles, se portent d'une acticulation à l'autre et évoluent rapidement au niveau de chacune d'elles. Mais le plus souvent, dans le rhumatisme des enfants, les articulations sont peu touchées; l'hydarthrose, l'œdème, la coloration rosée sont peu marqués; les articulations atteintes sont peu nombreuses; la tendance à la mobilité des fluxions est moins manifeste; souvent les petites articulations des poignets, des doigts, des vertèbres cervicales (torticolis rhumatismal) sont intéressées de préférence aux grosses, et le rhumatisme a une tendance à s'y localiser. Les gaines synoviales sont assez souvent intéressées.
Toutefois le rhumatisme fruste n'est pas spécial à l'enfant ; chez les soldats j'ai observé assez souvent un rhumatisme cervico-sciatique , dont le torticolis est un symptôme prédominant.
La fièvre est généralementm odérée (38°, 5); dans les formes intenses elle peut atteindre 39°, 5-40° ; elle a une courbe irrégulière.
Le pouls présente une accélération en rapport avec la température.
Les sueurs sont moins abondantes que chez l'adulte.
L'anémie est manifeste et se traduit par la pâleur des téguments ; V examen du sang décèle une diminution du nombre des globules rouges et de l'hémoglobine, une leucocytose légère avec hyperpolynucléose.
Les urines sont peu abondantes, rarement albumineuses.
Manifestations viscérales. Complications. — 1° Rhumatisme cardiaque. — Les déterminations cardiaques du rhumatisme articulaire aigu sont fréquentes chez l'enfant; elles apparaissent même dans les formes atténuées en tant que localisations articulaires, et elles en font la gravité. Ce sont y endocardite aiguë (p. 523) qui aboutit à des lésions valvulaires chroniques (p. 532); la péricardite aiguë (p. 509) et son aboutissant la symphyse cardiaque (p. 517); le syndrome myocarditique (p. 540).
^ Ces complications ont été déjà étudiées. Le syndrome myocarditique est, dans certains cas, un des éléments des formes malignes du rhumatisme cardiaque (p. 544).
L'aortite rhumatismale est exceptionnelle ; elle peut aboutir à l'anévrysme de l'aorte. Peut-être existe-t-il des lésions artérielles aboutissant à Vartériosclérose (Hanot).