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RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU

2° Rhumatisme pleuro-pulm.onaire . — Comme chez l'adulle on peut observer Vœdème aigu du poumon, Ja congestion pulmonaire aiguë (pneumonie rhumatismale), la pleurésie sérofibrineuse.

Ces manifestations ont en général une évolution rapide. La pleurésie est assez souvent double, mobile et passagère; elle peut précéder les arthropathies ou survenir sans localisations articulaires; elle est souvent associée à une péricardite avec épanchement.

3" Rhum.atism.e du système nerveux. — Le rhumatisme cérébral est plus rare chez l'enfant que chez l'adulte.

11 revêt le plus souvent, chez le premier, la /orme déliranie. Elle se manifeste généralement par un délire violent avec hallucinations visuelles, qui apparaît au cours d'un rhumatisme compliqué de cardiopathies. Le tableau est dramatique ; il y a 40° et plus. Au bout de 4 ou 5 jours le délire fait place au coma et la mort survient dans l'hyperthermie.

L'association au délire de phénomènes méningés réalise la forme méningilique, qui est plus rare. L'association de mouvements choréiformes réalise la /or/ne choréique, qui est la plus particulière à l'enfant. Il ne s'agit pas de chorée véritai)le.

Parfois le délire prend les allures de la confusion mentale aiguë (Nobécourt et Darré). Chez un garçon de 7 ans, qui en a présenté le tableau, nous avons observé des troubles psychiques (délire, confusion mentale, léger état catalonique) associés à de l'hyperesthésie, à de la céphalée, à une légère incoordination motrice, à de la dyspnée; le liquide céphalorachidien un peu hypertendu, ne contenant que de rares lymphocytes; mais la présence d'acide salicylique en notable proportion indiquait une perméabilité méningée anormale.

La forme apoplectique ou comateuse (Stoll), la. folie rhumatismale sont presque inconnues chez l'enfant.

Le rhumatisme spinal est exceptionnel.

La chorée est fréquente; ses rapports avec le rhumatisme sont étudiés à propos de cette maladie (p. 848).

4° Rhum.atism.e de la peau. — Les éry thèmes, les œdèmes pseudo-phlegmoneux , qui ont été décrits, relèvent généralement de rhumatismes infectieux.

Les nodosités sous-cutanées de Meynet sont plus fréquentes chez l'enfant que chez l'adulte ( Lindmann, P. Roy) ; elles se rencontrent surtout de 10 à 15 ans. Ce sont de petites tumeurs sphériques, grosses comme une tête d'épingle ou une noi-

sette, indolores ou peu douloureuses, qui se développent sous la peau, au pourtour des articulations, en nombre plus ou moins grand (jusqu'à 50;; elles sont mobiles ou fixées aux aponévroses, aux tendons, au périoste. Elles durent de 15 à 30 jours et disparaissent sans laisser de traces. Elles surviennent généralement dans les /ormes graves, au déclin delà maladie, et sont d'un mauvais pronostic. Elles seraient dues à de petites embolies capillaires (Nepveu) ; on n'a jamais trouvé de germes à leur niveau (P. Roy).

5'^ Rhumatisme des voies digestives.— Vanyine rhamatis- //la/e est assez fréquente; c'est une angine érythémateusè, frappant lès amygdales et les piliers antérieurs du voile du palais, douloureuse.

Évolution. Pronostic. — L'attaque de rhumatisme chez l'enfant est souvent fugace en tant qu'arthropathies. Mais il ne faut pas considérer la maladie comme terminée par la disparition des manifestations articulaires, car au bout de quelques jours on voit fréquemment apparaître des lésions cardiaques. Le rhumatisme est d'ailleurs une affection 'à rechutes et à récidives se faisant à intervalles plus ou moins éloignés et se reproduisant quelquefois pendant des semaines ou des mois.

Si le pronostic inimédint du rhumatisme est favorable, le pronostic éloigné est mauvais à cause des cardiopathies, qui en sont souvent la conséquence. 11 y a d'autre part des formes subaiguës de rhumatisme, accompagnées d'endo-péricardite et de troubles myocarditiques qui évoluent au milieu de phénomènes fébriles et aboutissent à la mort en quelques mois (p. 559 et 5M).

La mort subite ou rapide n'est pas exceptionnelle; en pareil cas on trouve à l'autopsie soit de la myocardite, soit un myocarde à peine touché ou même sain.

Diagnostic. — Le rhumatisme est facilement méconnu chez j'enfant, si on n'est pas prévenu de la fréquence des formes frustes ou latentes. Souvent le diagnostic n'est porté que d'une façon rétrospective, quand on constate une cardiopathie ou une chorée.

Le diagnostic est à faire avec les ostéites juxta-épiphysaires, la maladie de Barlow (p. 652), les rhumatismes infectieux secondaires.

Le diagnostic des cardiopathies se fait par une auscultation répétée du cœur.

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