RHUMATISMES INFECTIEUX SECONDAIRES
Le rhumatisme cérébral doit être différencié des accidents dus à l'intoxication par le salicylate de soude.
Traitement. — L'enfant est maintenu au lit même dans les formes très béniynes pendant unQ quinzaine de jours au moins, jusqu'à ce que toute menace de complication cardiaque soit écartée. Les articulations sont enveloppées d'ouate. On donne du lait et une alimentation légère lacto-végétarienne, de l'eau de Vichy.
Le médicament de choix est le salicylate de soude donné par la bouche à hautes doses, variables suivant l'âge (0 gr. 50 par année jusqu'à 10 ans, 5 ou 6 gr. ensuite), et avec les précautions habituelles, ou Vaspirine. On peut y associer le salicylate de méthyle en applications locales. Son emploi est prolongé, en diminuant les doses, jusqu'à guérison certaine de l'attaque.
Dans les cas où le salicylate de soude n'est pas toléré, on donne le sulfate de quinine (Cadet de Gassicourt).
Les complications ont leur traitement spécial, qui est indiqué à chacune d'elles. Celui des cardiopathies en particulier nécessite une grande attention (p. ol6, 531 et 546). Quant au rhumatisme cérébral, il nécessite les bains frais ou froids, la glace sur la tête.
Pendant la convalescence, il faut traiter le rhumatisant. L'hygiène doit être surveillée. On prescrit un régime tonique, le fer, Varsenic, les frictions sèches ou alcooliques, le massage.
Les cures thermales chlorurées sodiques et sulfureuses ont souvent leur utilité : Bourbon-l'Archambault, Bourbonne-les- Bains, Aix en Savoie, Cauterets, Luchon, Barèges, etc., si les enfants sont anémiés et lymphatiques; Luxeuil, Néris, Plombières, s'il persiste des phénomènes douloureux.
Xll. — Rhumatismes infectieux secondaires.
Le rhumatisme articulaire aigu, tel qu'il vient d'être décrit, est une infection en apparence protopathique. Cependant, dans nombre de cas, il débute par une infection locale, pharyngée ou intestinale, et ces faits servent de transition avec les affections articulaires groupées sous les noms de pseudorhumatismes infectieux (Bouchard) ou de rhumatismes secondaires (E. Besnier).
Ceux-ci surviennent à titre de complications au cours d'élats
infectieux multiples. Ils diffèrent en outre du rhumatisme articulaire aigu par un certain nombre de caractères cliniques; mais souvent ils revêtent des allures analogues.
C'est donc surtout en tant gue rhumatismes infectieux secondaires que leur description peut être séparée de celle du rhumatisme articulaire aigu.
Étiologie. — Ils surviennent au cours d'infections diverses.
Infections à gonocoques. — Le rhumatisme blennorragique s'observe chez Fenfant comme chez l'adulte. Chez les grands garçons, il peut être consécutif à une uréthrite; mais ses causes plus particulières sont la conjonctivite et la vulvo-vaginite. La première intervient principalement chez les nouveaunés et on en trouve dans la littérature des cas assez nombreux, parmi lesquels un que j'ai publié avec Vitry (4903); la seconde se rencontre surtout de 2 à 5 ans et Epstein (1904) en avait réuni une quarantaine d'observations. Les arthrites sont dues au gonocoque, qui a été décelé un certain nombre de fois par l'examen direct, plus rarement par les cultures.
Infections à streptocoques. — Vinfection streptococcique du nouveau-né d'origine puerpérale s'accompagne quelquefois d'arthrites, signajées par Lorain (1855), Parrot, etc. Elles sont tout à fait exceptionnelles, si tant est qu'elles existent, au cours de Vérysipèle.
Infections à pneumocoques. — Les arthrites à pneumocoques s'observent avec une certaine prédominance au cours des 2 premières années (15 cas sur 41, Pfisterer). Elles compliquent la pneumonie, les broncho-pneumonies et sont d'ailleurs rares.
Infections à stapljylocoques. — Les arthrites à staphylocoques se rencontrent surtout chez les nourrissons.
Rhumatisme scarlatin. — Les arthropathies sont assez fréquentes dans la scarlatine; le rhumatisme scarlatin est dû à l'action du virus scarlatineux, parfois au streptocoque (p. 869).
Maladies infectieuses diverses. — Parmi les autres causes d'ailleurs rares, de rhumatismes infectieux, il faut citer la fièvre typhoïde, la dysenterie, la diphtérie, la grippe, les oreillons, la méningite à méningocoques, le purpura, les angines, etc.
Tuberculose. — La tuberculose mérite une place à part. J'ai déjà signalé ses rapports avec le rhumatisme chronique (p. 718). Le rhumatisme tuberculeux ou pseudo-rhumatisme bacillaire (Poncet) est assez fréquent chez l'enfant (Patel, Bar-