MALADIES DES GLANDES SALI\ AIRES
le tableau plus ou moins complet d'une méningite cérébrospinale aiguë, quelqueCois d'une méningite tuberculeuse. En général, l'évolution est rapide. La guérison est la règle; les faits de méningites mortelles sont discutables (Hutinelet Darré).
Les troubles oculaires ne sont pas exceptionnels. Boas, Mandonnet (1903), chez des enfants de 7 et 9 ans, ont observé la paralysie de Vaccomniodaiion, accompagnée chez le dernier de paralysie du voile du palais. La névrite optique avec atrophie papillaire tardive, rare d'ailleurs, n'a guère été vue que chez de jeunes soldats.
Des troubles auriculaires s'observent quelquefois : surdité, otalgie," vertiges, bourdonnements, etc. Ils relèvent d'une névrite du nerf auditif, liée à une méningite ou une labyrinthite. La surdité peut être définitive.
Sicard (190o) a vu un zona de la face.
Manifestations urinaires. — L'albuminurie est fréquente au cours des oreillons; elle est fugace et ne s'accompagne généralement pas d'autres symptômes de néphrite.
Quelquefois on observe une néphrite aiguë avec grosse albuminurie, hématurie, oligurie, anasarque, urémie convulsive même, etc. Croner (1884), Ch. Gilmore Kerley (1898), Voigt ^1898) en ont vu chez des enfants de 2, 3 et 6 ans; sauf chez l'enfant de 2 ans, qui est mort, la guérison a été complète et rapide. Exceptionnellement elle se termine par la mort ou passe à l'état sid^aigu et chronique, comme chez une fille de 10 ans observée par Hutinel.
Manifestations articulaires et osseuses. — Les oreillons se compliquent parfois de manifestations articulaires (pscudorhamatisme oiirlien). Le diplocoque de Laveran-Catrin a été constaté dans la sérosité articulaire (Catrin). Il s'agit d'arthralgies, rarement d'arthrites véritables, plus souvent de localisations aux gaines tendineuses et aux bourses séieuses péri-articulaires; peu d'articulations sont touchées. La guérison est rapide. Jamais on n'a constaté de suppuration.
Manifestations diverses. — On a signalé des endopéricardites terminée par guérison (Jaccoud, Grancher, etc.); des érythèmes polymorphes, noueux, orties, papuleux, etc. ; des œdèmes localisés, multiples, douloureux (Guelliot), toutes manifestations fluxionnaires passagères; Victère et la congeslioii du foie, la. splénomégalie.
Quant aux manifestations respiratoires, laryngites, œdème
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'de la glotte, bronchite, bronclio-pneumonie, pleurésie, elles sont dues à des infections secondaires, causées principalement pixr \e pneumocoque. Les oreillons prédisposent aux pneumococcies et celles-ci se trouvent renforcées quand elles surviennent pendant leur évolution 'Simonin).
Pronostic. — Le pronostic des oreillons est plus bénin chez l'enfant que chez l'adulte à cause de la rareté de l'orchite, qui, chez ce dernier, aboutit fréquemment à l'atrophie testiculaire. Cependant il ne faut pas oublier l'apparition possible des complications qui peuvent comporter un pronostic réservé, soi^t immédiatement, soit pour l'avenir.
La mort est exceptionnelle.
Diagnostic. — L'ensemble symptomatique, le gonflement et l'empâtement des régions parotidiennes, la bilatéralité, la résolution rapide rendent en général facile le diagnostic des oreillons. Plus délicat est celui des formes frustes ou des locaïisalions primitives au.r gtandes sous-maxiliaires et subling^uales. Bans tous les cas la notion d'épidémicité a son importance.
Lgs parotidites inflammatoires, les inflammations des glandes sous-n^axillaires et sublinguales s'accompagnent d'une tuméfaction plus dure, plus persistante; elles sont plus rarement symétriques; généralement elles sont secondaires à des maladies générales graves ou à des stomatites; elles surviennent surtout chez le nouveau-né.
Les adénites des régions parotidiennes et sous-maxillaires sont quelquefois difficiles à distinguer : elles peuvent d'ailleurs apparaître au cours des oreillons. La consistance et la forme sont différentes. On trouve de plus une porte d'entrée à l'infection : angine, stomatite, carie dentaire, etc.
Lé diagnostic des manifestations extra-salivaires et des com^ plicaiions se pose pour chacune d'elles. Il est éclairé par l'existence des oreillons ou la présence de l'enfant dans un milieu épidémique. Quand les oreillons sont frustes, il peut être délicat, qu'il s'agisse d'une méningite, d'une orchite, de troubles paralytiques, etc. ; on pense parfois alors à une méningite tuberculeuse ou cérébro-spinale, à la blennorragie, à la diphtérie, etc.
Les préparations iodiques peuvent déterminer un gonllement parotidien, simulant les oreillons. Les commémoratifs évitent l'erreur.
Anatomie pathologique. — Elle est mal connue. Pour AVirchow, il s'agit d'une parotidite primitivement canalicu-
NoBÉcouRT. — Précis de médecine des enfants. 4