‹ Precis de medecine des enfantsChapitre 34 sur 277 · ANGINES AIGUËS NON DIPHTÉRIQUES · texte numérisé non relu

ANGINES AIGUËS NON DIPHTÉRIQUES

B. Angines localisées au naso-phary>x. — Les inflammations <de l'amygdale pliaryngée peuvent se développer sur une amygdale saine antérieurement (adénoïdite aiguë primitive^ amygdalite pharyngée aiguë) ou sur une amygdale hypertrophiée préalablement (adénoïdite aiguë secondaire).

Le début est généralement brusque. L'enfanta de la fièvre, de la prostration, du coryza, de la gène de la respiration nasale pouvant aller jusqu'à sa suppression, du nasonnement, une toux sèche, pénible, souvent de l'otalgie; il ronHe. L'examen direct montre la paroi postérieure du pharynx rouge, tapissée de mucus ou de muco-pus; la rhinoscopie postérieure t'ait voir l'amygdale pharyngée grosse, rouge, couverte de mucus ; le toucher naso-pharyngien permet de sentir une tumeur lisse, «Uire au cas d'amygdalite aiguë primitive (Ausset et Dorion), molle au cas d'hypertrophie chronique. La guérison se fait généralement en "1 ou 3 jours. Parfois cependant l'infection persiste pendant 3 ou 4 semaines, avec une fièvre irrégulière dans sa courbe, qui contraste souvent avec le peu d'intensité des signes locaux. Dans certains cas, l'adénoïdite s'accompagne des symptômes qui caractérisent la Jièvre ganglionnaire, dont elle est assez souvent l'origine.

Bactériologie. Formes microbiennes. — Les examens directs des exsudais pharyngés, les ensemencements sur les milieux de culture usuels décèlent, dans les diverses variétés d'angines qui viennent d'être décrites, des germes variés. En général on trouve ceux qui végètent sur la muqueuse à l'état de saprophytes (p. 66). Aussi l'interprétation de leur rôle pathogène est-elle difficile. La marche et les caractères de l'angine varient cependant dans une certaine mesure suivant l'espèce ou les espèces incriminées-

P Angines à streptocoques. — Le streptocoque est le germe le plus souvent rencontré dans les angines aiguës primitives ou secondaires (scailatine, rougeole, etc.). On le trouve dans les angines érythémato-pultacées, membraneuses, ulcéreuses, phlagmoneuses. Les angines à streptocoques ont généralement un début assez brusque, marqué par des frissons et de la fièvre; le mal de gorge est intense; la muqueuse est rouge vif, vernissée; l'adénopathie est fréquente. Ellles sont souvent graves.

2' Angines à staphylocoques. — Elles sont rares aussi bien •chez l'enfant que chez l'adulte. Il s'agit d'angines pultacées ou membraneuses. Elles sont généralement bénignes.

NoBÉcouRT. — Précis de inédecine des enfants. 6

3° Angines à pneumocoques. — Elles semblent plus rares chez l'enfant que chez l'adulte. Elles sont érythémato-pultacées ou membraneuses; l'angine herpétique est le plus souvent à pneumocoques. Elles sont parfois associées à la pneumonie.

4° Angines à coccus (coccus Brisou). — Elles sont assez fréquentes et souvent membraneuses. Il s'agit généralement de formes légères, bénignes.

5" Angines à tétragènes. — Elles s'observent quelquefois chez l'enfant. Elles sont érythémato pultacées on membraneuses. Leur début est brusque, marqué par de la fièvre^ des troubles gastriques, de la dysphagie. La gorge est très rouge, les amygdales sont tuméfiées. Les ganglions sont très gros. Ces angines guérissent en 3 ou 4 jours, laissantpendant quelque temps de l'hypertrophie des amygdales et des ganglions (Carrière). Le pronostic est bénin.

0^ Angines à bacilles de Friedlander. — Elles sont plus rares chez l'enfant que chez l'adulte et n'ont guère été observées avant 6 ans (Nicolle et Hébert). Elles ont une évolution aiguë,, subaiguë ou chronique. La fièvre est peu intense. Sur les amygdales on voit des membranes ténues, peu étendues. Leur durée est de 5 à 7 jours.

7° Angines à bacilles fusiformes et à spirilles (Angine de "Vincent). — Elles sont assez fré(iuentes chez l'enfant, surtout de G à 12 ans. Ce sont des angines tilcéro-nicmbraneiises (p. 79). Elles revêtent parfois \s. forme membraneuse.

7'V Angines à colibacilles, angines à leptothrix (H. Meunier et Bertherand), angines dues au muguet (p. 35). — Elles sont exceptionnelles ^

Complications. — Le plus souvent les angines aiguës sont bénignes et évoluent sans complications. Celles-ci cependant ne sont pas rares ; elles résultent de la propagation des germes par contiguïté ou par voie lymphatique, de leur dissémination par la voie sanguine, ou de l'action à distance de leurs toxines.

1° La propagation de rinfection aux muqueuses voisines détermine des rhinites, des otites avec leurs complications (mastoïdites, thrombo-phlébites des sinus de la dui'emère, méningites), quand le naso-pharynx est intéressé et

^1. La mycose leptothrixique du pharynx, sur laquelle Hutinel (1909) a attiré rallention chez l'enfant, est une affection généralement chronique.

Page 1