IV. — Tuberculose du pharynx
L'étude de la tuberculose du pharynx chez l'enfant est surtout intéressante par les problèmes que soulève la tuberculose latente ou larvée des amygdales palatines et pharyngée.
Symptômes. — La tuberculose du pharynx revêt les mêmes formes chez l'enfant que chez Tadulte.
1° Forme aiguë, phtisie aiguë galopante du pharynx. — Elle est rare. Elle apparaît généralement à une période avancée de la tuberculose ulcéreuse chronique des poumons. Elle cause une dysphagie extrêmement intense qui empêche bientôt la déglutition des aliments, des boissons et même de la salive. On constate sur la muqueuse pâle et décolorée des granulations tuberculeuses gris jaunâtre ; si la survie est assez longue, ce qui est rare, elles se caséifîent, s'ulcèrent et se fusionnent en une ulcération étendue à la paroi postérieure du pharynx, aux amygdales, au voile du palais, tomenteuse, irrégulière, recouverte d'un exsudât pultacé. 11 y a de Vadénopathie sousmaxillaire. La mort survient en 4 à 6 semaines.
2° Forme chronique. — Elle est plus rare que la précédente. Au cours d'une tuberculose chronique pulmonaire ou laryngée, apparaît sur une amygdale, sur un pilier, sur le
ilO MALADIES DU PHARYNX
voile, conséculivement à la caséificaiion d'un tubercule oiï d'une infiltration tuberculeuse, une ulcération anfractueuse, végétante, recouverte d'un pus sanieux, qui s'étend progressivement et provoque de la dysphagie. ^
S*' Lupus du pharynx. — Il est très rare avant io ans et coexiste généralement avec le lupus de la face. 11 est assez facilement confondu avec les iilcéraiions syphilitiques dti pharynx (p. 113).
^^ Tuberculose latente ou larvée des amygdales palatines et pharyngées. — Elle se comporte habituellement comme V hypertrophie simple des amygdales palatines ou pharyngées (p. 67); dans certains cas cependant, celles-ci gardent leur volume normal. Parfois elle donne lieu à des poussées d'amygdalites aiguës banales (Dieulafoy). Le plus souvent elle s'accompa2:ne d'adénopatliies cervicales.
Diagnostic. — Les lésions tuberculeuses macroscopiques doivent être distinguées des lésions syphilitiques (p. 113) et néoplasiques (p. 114).
On peut déceler des bacilles de Koch dans les produits de raclage des ulcérations (Froin, L. Martin et Loiseau).
La tuberculose latente ne peut être que soupçonnée; son diagnostic nécessite la confirmation histologique ou bactériorogicjue.
Anatomie pathologique. — Les lésions tuberculeuses macroscopiques présentent les mêmes caractères que chez l'adulte.
Les lésions de la tuberculose larvée sont purement histologiques. Gn- trouve soit des follicules' tuberculeux typiques, soit des lésions scléreuses. 11 faut être très réservé dans l'interppélation des altérations banales, car les bacilles de Kbch manquent ou sont très rares sur les coupes. L'inoculation au cobaye est un contrôle nécessaire.
Eïiologie. Pathogénie. — La tuberculose avérée du pharynx, plus rare chez l'entant que chez l'adulte, ne se rencontre guère au-dessous de 3 ans.
La tuberculose larvée des amygdales palatines et pharyngée est, d'après certains auteurs, relativement fréquente chez l'enfant. Encore faut-il distinguer : i° la tuberculose larvée des amygdales constatée à l'autopsie des tubercureux, qui est plus rare chez Tenfant que chez Tadulle ; ^^ la tuberculose larvée des amygdales hypertrophiées, qui existe, suivant les statistiques, dans une proportion variant de 2 à 20f^