‹ Precis de medecine des enfantsChapitre 39 sur 277 · TUBERCULOSE DU PHARYNX · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE DU PHARYNX

p. 100 des cas d'hypertrophie. Dans des recherches que j"ai poursuivies avec Léon Tixier. Tinoculation au cobaye d'amygdales palatines hypertrophiées et de végétations adénoïdes provenant d'enfants réagissant à la tuberculine ou atteints d'une tuberculose avérée a toujours été négative, sauf dans un cas, où un cobaye fut tuberculisé avec les végétations d'un enfant de 2 ans il. qui n'était pas tuberculeux cliniquement; l'examen histologique ne décela ni lésions spécifiques ni bacilles de Koch. D'autre part, avec Tixier et Aptekmant, j'ai constaté que 45 p. 100 des adénoïdiens ne réagissent pas à la tuberculine. L'hypertrophie des amygdales palatines et les végétations adéno'ides ne sont donc qu'exceptionnellement de nature tuberculeuse.

Avérée ou larvée, la tuberculose pharyngée peut être secondaire à d'autres lésions tuberculeuses, comme on l'a admis depuis longtemps sans conteste, ou primitive, comme on tend à l'établir aujourd'hui.

1'' Pour nombre de médecins, elle est toujours serondaire. Le pharynx est, suivant les cas. envahi par propagation d'un lupus de la face ou d'une tuberculose laryngée ; — ensemencé par les crachats baciliifères au cours d'une tuberculose pulmonaire ulcéreuse, ce qui est le processus habituel chez l'adulte, tandis qu'il est rare chez les enfants de moins de 7 ans qui n'expectorent pas ; — infecté par la voie sanguine, notamment dans la forme miliaire aiguë ; — infecté par la voie lymphatique, les bacilles partis des ganglions trachéobronchiques remontant jusqu'aux amygdales par l'intermédiaire des ganglions cervicaux; ce dernier mode d'infection serait en particulier la cause des tuberculoses larvées des amygdales, qui ne seraient primitives qu'en apparence.

2" Plusieurs auteurs modernes (Dieulafoy. Baup. Friedmann, etc.) admettent que la tuberculose larvée des amygdales, rencontrée chez des sujets clinicjuement indemnes de toute autre localisation tuberculeuse, est primitive. Cette tuberculose est exceptionnellement d'origine alimentaire, bien qu'elle ait été réalisée expérimentalement chez la vache (Chauveau), le lapin (Cadéac), le cobaye, et que Friedmann admette la contamination par le lait dans certains cas de tuberculose amygdalienne observés par lui chez le nourrisson. Plus habituellement elle résulte d'une contamination par l'air chargé de poussières baciliifères. arrêtées soit au niveau de l'amygdale pharyngée déjà hypertrophiée, soit au

îiiveau des amygdales palatines chez les enfants obligés à la respiration buccale par des végétations adénoïdes.

Rôle de la tuberculose larvée des amygdales. — Si le bacille de Koch peut réaliser l'hypertrophie des amygdales palatines et pharyngée, le plus souvent celle-ci précède l'infection par ce germe et la facilite. Il paraît certain que le pharynx peut servir de porte d'entrée à l'infection tuberculeuse ; mais ce mode d'invasion est assez rare. Dans ce cas, le bacille de Koch, partant des amygdales, envahit les lymphatiques, gagne les ganglions cervicaaot, cjui s'hypertrophient, puis les ganglions médiaslinanx ; poursuivant son chemin, il peut être amené par la grande veine lymphatique et le canal thoracique dans la circulation sanguine, réaliser une granulie, gagner le poumon ou bien envahir la plèvre; toutefois ce mode de propagation comporte des objections d'ordre anaiomique (Most).

La pénétration du bacille de Koch à travers les amygdales est une des causes des adénopathies cervicales, qui caractérisent la scrofule. Celles-ci ne sont d'ailleurs pas toujours tuberculeuses ; elles peuvent être dues à des infections banales chroniques d'origine pharyngienne. Le développement de volumineuses adénopathies cervicales, tuberculeuses ou banales, est facilité par l'hérédo-syphilis.

Pronostic. — Les formes aiguës el les formes ulcéreuses de la tuberculose pharyngée comportent un pronostic grave à brève échéance. Le lupus du pharynx est curable.

Le pronostic de la tuberculose larvée est subordonné à son rôle dans Tinfection de l'organisme. Le plus souvent elle reste localisée et se borne à réaliser des adénopathies cervicales, qui sont relativement bénignes; beaucoup d'enfants -dits scrofuleux ne deviennent pas des phtisiques et sont peut-être même immunisés contre la tuberculose pulmonaire (Marfan).

Traitement. — • Les ulcérations tuberculeuses nécessitent des soins antiseptiques de la gorge (p. 75), On fait, de plus, des ■attouchements avec Vacide lactique, des pulvérisations à l'eau de Vichy, des badigeonnages avec des solutions de cocaïne ou de stovaïne à 4 p. 100 ou à 1 p. 50 pour calmer les douleurs.

La tuberculose larvée des amygdales palatines et pharyngées «st traitée comme l'hypertrophie simple (p. 75).

SYPHILIS DU PHARYNX if 3

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