‹ Precis de medecine des enfantsChapitre 40 sur 277 · V. — Syphilis du pharynx · texte numérisé non relu

V. — Syphilis du pharynx

I. Syphilis acquise. — Chez renfant, on peut observer le chancre de Vaniygdale et des accidents secondaires (plaques muqueuses) de l'amygdale, du voile du palais et de ses piliers. Ces lésions, rares d'ailleurs, ont les mêmes caractères que chez l'adulte.

IL Syphilis héréditaire. — Bien plus importantes sont les manifestations de la syphilis héréditaire. Elles apparaissent à partir de 5 ans et sont assez fréquentes. Elles se présentent sous forme d'accidents tertiaires. On peut observer :

1^ Des gommes, qui siègent au voile du palais, sur les piliers ou les amygdales et s'accompagnent d'une rougeur plus ou moins vive de la muqueuse ; elles se ramollissent, s'ulcèrent et peuvent aboutir à la perforation du voile du palais.

2** Le syphilome eu nappe du voile du palais, e

3° Des ulcérations tertiaires non gommeuses, phagédéniques, serpigineuses ou perforantes, à bords irréguliers, décollés, à surface recouverte de pus ; elles siègent au voile du palais, s'étendent à l'amygdale, aux piliers, à la paroi postérieure; parfois elles restent localisées sur cette dernière. Les régions atteintes présentent une rougeur diffuse et vermillonnée, sont tuméfiées. Elles sont indolentes ou parfois s'accompagnent de dysphagie et de douleurs d'oreille.

Ces ulcérations peuvent être confondues avec le lupus du pharynx (p. 110). INIais le lupus est exceptionnel avant 15 ans: il est généralement consécutif à un lupus de la face, s'ulcère lentement et par poussées successives ; l'ulcération n'a pas de contours nets, a des bords pl^ts, un fond peu déprimé et couvert de bourgeons charnus; la muqueuse est pâle, décolorée; il y a de l'adénopathie. Dans la syphilis on constate en plus des caractères différents delà lésion, les stigmates héréditaires et l'action favorable du traitement mercuriel.

4^ On attribue encore à l'hérédo-syphilis un rôle dans la production des végétations adénoïdes (p. 67).

Traitement. — Le traitement de la syphilis du pharynx est celui de la syphilis en général; il faut y joindre l'antisepsie locale (p. 75).

NoBÉcouRT — Précis de médecine des enfants,

\l. — Néoplasmes des amygdales.

Les néoplasmes des amygdales sont rares. On peut citer les faits de Gray Tolly (1877), de Creswell (1892), de Bacon (1895), de Josias et ToUemer (1901), de Moizard, Denis et Rabé (4904), de Josias, Delille et Gy (1905), observés chez des enfants de 6 à 14 ans. Il s'agit presque toujours de sarcomes plus rarement de lymphomes.

Symptômes. — Le début est insidieux, marqué par quelques troubles de la déglutition ou de la phonation et par l'hypertrophie d'une amygdale. Puis, à mesure que l'amygdale grosit, ces troubles augmentent : la déglutition et la phonation sont de plus en plus difficiles; la dyspnée est très marquée; il y a une sialorrhée abondante, quelquefois des hémorragies. Des douleurs très vives et la fièvre hectique apparaissetit; l'enfant meurt de cachexie, de complications pulmonaires ou d'asphyxie.

L'examen du pharynx montre, au cas de sarcome, une tumeur amygdalienne unilatérale très volumineuse qui s'accroît rapidement, repousse le pilier antérieur du voile du palais et la luette; elle est de couleur rouge foncé et présente souvent une ulcération grisâtre; sa consistance est élastique. A un stade plus avancé, les parties voisines sont envahies. L'adénopathie n'apparaît qu'avec l'ulcération.

Dans le lymphome la tumeur peut être bilatérale; elle est grisâtre, cérébriforme et s'accompagne d'une adénopathie précoce, qui se généralise.

Diagnostic. — Au début on peut penser à une suppuration subaiguë amygdalienne ou péri-amygdalienne, à une hypertrophie simple ou tuberculeuse de l'amygdale, à un chancre, à une gomme syphilitique, à une tumeur bénigne (polype tibreux, papillome de l'amygdale). Mais le volume et l'augmentation rapide de la tumeur conduisent rapidement au diagnostic.

Quant à la nature de la tumeur maligne, elle est reconnue par les caractères propres à chaque variété, par Vexamendu sang, qui n'est pas modifié dans le sarcome, est plus ou moins altéré dans le lymphome.

Pronostic. — Les néoplasmes sont toujours mortels, généralement en 2 à 3 mois, au maximum en 10 mois.

Traitement. — Le traitement médical est puvemenl sympto-

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matique. Le traitement chirurgical n'a pas donné, jusqu'à présent, de bons résultats.

VII. — Abcès péri-pharyngiens (Abcès rétro et latéro-pharyngiens).

Les abcès péri-pharyngiens ont été étudiés par Flemming (1840), Bokay aîné (1837-1876), Gillette (1867), Roustan (1869-. Gautier (1869 , A. Broca (1893;, J. Bokay, etc. Ils s'observent surtout chez les enfants; du diagnostic précoce porté par le médecin dépend souvent la vie du petit malade. Étiologie. Pathogénie. — On distingue :

!*> Des abcès secondaires, rares, qui succèdent :

a) A une injlainmalion des vertèbres cervicales ou des ganglions superficiels (abcès par congestion au cours du mal de Pott cervical);

b) A un foyer de suppuration éloigné (abcès métastaliques);

c) A un traumatisme (déglutition de corps étrangers).

*2° Des abcès idiopathiques, les plus fréquents, bien qu'encore relativement exceptionnels. Le rachitisme, la scrofule, quelquefois la syphilis héréditaire, surtout l'hypertrophie du tissu lymphoïde du pharynx en sont les principales causes prédisposantes. Quant aux causes déterminantes, ce sont les infections de la bouche, du nez, du pharynx, de l'oreille, simples ou symptomatiques dune rougeole, d'une scarlatine. 11 n'existe pas à proprement parler d'abcès idiopatliiques; ce sont des adéno-phlegmons pharyngiens, consécutifs à l'infection des muqueuses qui envoient leurs lymphatiques aux ganglions péri-pharyngiens. Il y a d'ailleurs des cas où l'adénite ne suppure pas (Gillette, Gautier, etc.).

Le pus des abcès contient généralement des streptocoques (Koplik).

Divisions. — Les abcès péri-pharyngiens comprennent deux Tariétés anatomiques et cliniques :

l** Les abcès rétro-pharyngiens, consécutifs à l'infection des petits ganglions situés entre la paroi postérieure du pharynx et les muscles prévertébraux ; ils sont dus aux inflammations de la muqueuse du nez et du naso-pharynx, dont les lymphatiques aboutissent à ces ganglions. Ils causent 0,22 p. 100 (J. Bokay), 0,37 p. 100 (Neumann) de la morbidité infantile. Ils s'observent surtout en^re 2 mois et 1 a/i; ils de-

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viennent exceptionnels après 3 ans. Suri 00 cas, J. Bokayena observé 56,7 dans la première année, 37,1 de là 3 ans, 6,1 de 3 à 7 ans, et 0 de 7 à 14 ans. Cependant, Comby (1916) sur 18 cas, en a rencontré 4 chez des enfants de 4 à 14 ans.

^° Les abcès latéro-pharyngiens, liés à Vmfèclion des ganglions carolidiens, situés contre la paroi latérale du pharynx, en arrière de l'amygdale, en arrière de l'apophyse styloïde (abcè^ rétrostryliens), dus à rinllammation dli pharynx buccal, qui envoie ses lymphatiques auxdits ganglions^. Ils sont surtout fréquents après 2 ans (Broca).

Symptômes. — La description suivante est celle des abcès dits idiopathiques. Leurs symptômes diffèrent dans une cer^ taine uiesure pour chacune des variétés précédenteS'(Broca). Le début est précédé par une rhinite, une rhino^phavy«gite ou une angine plus ou moins caractérisées.

1" Symptômes FO^'CTlo^^•ELSi — Ge sont des troubles de la déglutition, de la respiration, isolés ou associés.

a) Troubles de la déglutition. — Dans les abcès latéropharyngiens de la moyenne et de la grande enfance, la dysphagie est précoce, progressive; elle existe d'abord pour les solides, puis pour les liquides, qui sont rejetéspar la bouche et par le nez ; elle est due à la douleur causée par l'inflammation, puis à la saillie formée par l'abcès.

Dans les abcès rétro -pharyngiens des nourrissons^, la dysphagie est généralement consécutive à l'obstruction du nasopharynx; elle est précédée par la dyspné'e,doni elle dépend-: le nourrisson quitte le sein aussitôt qu'il l'a pris> car il ne peut plus respirer.

b) Troubles de la respiration. — Chez les nourrissons, ils sont les premiers en date et deviennent bientôt alarmants : la dyspnée est permanente ets'acci-oît dans le décubitiis dorsal, qui provoque des accès de suffocation.; elle s'accompagne de tirage et de cornage. Chez les enfants plus grands, la dyspnée succède généralement à la dysphagie.

La voix et le cri sont rauques, nasonnés^ rappellent le cri da canard (DuparquC;.

2^ Signes physiques. — Dans les abcès latéro-pharyngiens lexamen du cou décèle un torticolis, qui peut être le symptôme initial, une tuméfaction ganglionnaire profonde au niveau de l'angle du maxillaire; plus tard la région sous-maxillaire

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