‹ Precis de medecine des enfantsChapitre 49 sur 277 · DATES · texte numérisé non relu

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Fig. 22. — Affection gastio-inlestinale iiguë. Forme hypolhermique.(Lesage.;

diarrhée diminue; quelquefois" il se produit une crise de diarrhée verte en rapport avec une poussée bihaire.

•4° Forme dysentérique [entérite folliculaire, (Widerhofer, Baginsky, etc.), variété dysentériforme (Hutincl et Nobécourt)]. — Cette forme s'observe surtout chez des enfants qui ont dépassé un an, habituellement constipés, soumis à un régime lacté trop prolongé, trop nourris ou nourris avec des aliments indigestes; elle survient quelquefois à la suite d'une

Dates

Août 1906

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Poids

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Fig. 23. — Affection gastro-intestinale aiguë chez un enfant de 15 jours. Forme hypothermique Température rectale. (Hutinel et Nobécourt).

rougeole, d'une scarlatine, d'une rhino-pharyngite, etc. Elle réalise parfois des petites épidémies de familles, de crèches. L'enfant est pris plus ou moins brusquement de fièvre (39-40°) et parfois dé vomissements alimentaires, puis mucobilieux. Les selles, souvent dures et fétides au début, sont bientôt constituées par des matières muqueuses, mousseuses, souvent sanguinolentes, d'odeur fade, sans résidus alimentaires; elles sont fréquentes, mais peu abondantes; leur émission est douloureuse. L'enfant est anxieux, agité; la lane^ué est sèche; l'haleine est souvent fétide ou d'odeur

AFFECTIONS GASTRO-ISTESTINALES DES XOURRISSONS 139

acétoniqiie. Le ventre est mou ou contracté, douloureux à la palpation; souvent celle-ci décèle la corde formée parle gros intestin contracture. L'amaigrissement est rapide.

Dans les cas graves, les symptômes augmentent d'intensité, la dyspnée apparaît et le malade meurt, souvent avec des phénomènes méningés et avec des érythèmes int'ectijeux.

Dans les cas favorables, la. fièvre tombe et les symptômes généraux s'atténuent; mais les selles gardent longtemps leurs caractères et la convalescence est longue, entrecoupée de rechutes. Il y a même des cas où la maladie continue d'évoluer a l'état subaigu et détermine un état de cachexie accentué.

Enfin dans certaines formes décrites par Hutinel sous le nom de choléra sec, la diarrhée fait défaut; il n'y a que pas ou peu de fièvre ; les selles sont rares, putrides, muqueuses, sanguinolentes; les phénomènes généraux sont très graves. Mais ces formes sont exceptionnelles chez les nourrissons, nous les retrouverons aux colites (p. '2'25).

B. Affections gastro-intestinales subaiguës ol chroniques. — Ces affections relèvent généralement d'une alimentation défectueuse à laquelle s'associent des prédispositions individuelles, des conditions d'âge et de milieu.

Elles peuvent s'installer insidieusement ou être précédées des poussées aiguës qui viennent d'être décrites. Leur symptomatologie est très variable, aussi bien au point de vue des phénomènes digestifs que du retentissement sur l'organisme. Plus l'enfant est jeune, plus l'état général est profondément impressionné.

1^ Enfants âgés de moins de quatre mois. — 11 existe une forme légère et une forme grave, avec tous les intermédiaires.

a) Forme légère. — L'appétit devient irrégulier, souvent nul. Des régurgitations ou des vomituritions se produisent plus ou moins tardivement après le repas. Les selles, de fréquence variable, sont semi-liquides, mal liées, grumeleuses, jaunes, vertes, blanches ou panachées; elles renferment des filaments de mucus coagulé; leur odeur est aigre, rappelle le lait tourné. L'abdomen est peu modifié. L'enfant est agité, crie, a de l'insomnie. Des érythèmes simples ou érosifs apparaissent aux cuisses ou aux fesses. Les chairs sont molles. La courbe de poids reste stationnaire ou devient irrégulière.

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Si on n'intervient pas, l'affection s'aggrave généralement.

b) Forme grave. — La forme grave n'est pas caractérisée par des troubles digestifs plus intenses, mais par un état particulier de cachexie, Vathrepsie (Parrot), Vatrophie gastrointestinale (Filatow, Henoch), etc. Cette cachexie, conséquence de troubles profonds de la nutrition, peut relever de causes variées. Elle est étudiée ailleurs.

2° Enfants âgés de jplus de quatre mois. — Le nourrisson est devenu plus résistant et susceptible de réagir de façons diverses.

L'appétit est diminué, nul ou au contraire semble augmenté. Il peut se produire des vomituritions ou de véritables vomissements. Les selles tantôt sont diarihéiques, plus ou moins liquides, blanchâtres, mal odorantes; tantôt sont constipées, pâteuses, blanches, comparables à du mastic, plus ou moins fétides. Souvent il y a des alternatives de constipation et de diarrhée.

Le ventre est soit aplati et flasque, soit météorisé, distendu par les gaz, soit gros, étalé, mou, pâteux; parfois on perçoit du gargouillement et des matières dures à la palpation du gros intestin. L'augmentation de volume de l'abdomen tient pour une faible part à la dilatation de l'estomac, difficile d'ailleurs à apprécier cliniquement, surtout à l'allongement et à la dilatation de l'intestin.

Habituellement il n'y a pas de fièvre. Mais la courbe thermique est irrégulière et, de temps en temps, se produisent des poussées fébriles à 38°-39°, qui durent quelques jours, puis disparaissent ; elles se comportent comme les formes aiguës décrites plus haut.

Uétat général est plus ou moins altéré. Les enfants sont pâles, apathiques, indifférents, ou maussades, agités.

Le poids reste stationnaire ou diminuQ ; il y a des phases d'augmentation et de perle ; chez certains enfants suralimentés, on peut voir au contraire un véritable état d'obésité. Le retard dans l'accroissement pondéral peut être très marqué, alors que par contre la taille est normale; Fenfant devient un hypotrophique. Souvent se développe le rachitisme, de Vanémie. Parfois c'est une cachexie véritable qui s'installe ; ses caractères diffèrent de ceux de l'athrepsie.

Après 4 mois, la mort est rarement le fait de l'affection digestive chronique et de la cachexie qu'elle entraîne. Quand elle survient, elle est due à des infections broncho-pulmo-

naires intercurrentes ou à la tuberculose, auxquelles elle prédispose. Mais heureusement un régime approprié peut, à la longue, modifier la maladie et amener la guérison.

Complications. — Au cours des affections gastro-intestinales peuvent apparaître des complications qui souvent en aggravent le pronostic.

1° Tube digestif. — La sécheresse de la bouche favorise Tauto-infection elle développement des stomatites (p. ^2^2).

Les stomatites érythémateases et le muguet ne sont pas rares surtout dans les formes chroniques cachectisantes. Les autres variétés peuvent se rencontrer après l'apparition des dents; mais elles sont moins fréquentes.

rî" Foie. Reins. — Le foie, dont le fonctionnement est souvent troublé, ne présente pas de complications véritables.

Victère est exceptionnel.

Le fonctionnement des reins, nous l'avons vu (p. 132), est plus ou moins profondément troublé.

L\ilbumi?nirie esi fréquente, surtout dans les formes aiguës graves et dans les formes chroniques cachectisantes. Avec l'albumine on peut rencontrer des cylindres hyalins et granuleux, des leucocytes et des hématies. Il existe parfois " un léger œdème de la face dorsale des pieds et de la partie antérieure de lajambe (Koplik), indice d'un certain degré de rétention chlorurée. On peut déceler de Vazotémie par le dosage de l'urée dans le liquide céphalo-rachidien. Mais la physiologie de ces faits est complexe et il est difficile de caractériser des types cliniques de néphrite comparables à ceux des enfants plus âgés.

3° Vessie. — On observe parfois des cystites, presque toujours à colibacilles (Trumpp, Finkelstein, Hutinel), plus fréquentes chez les filles que chez les garçons.

4° Voies respiratoires. — Il n'est pas rare de constater une bronchite légère, reconnue par des râles sonores ou muqueux.

Souvent il se produit des broncho-pneumonies (Sevestre, Lesage, Macé et Simon, etc.) qui donnent lieu aux symptômes habituels Elles sont parfois d'origine hématogène, plus souvent consécutives à l'infection descendante des voies respiratoires : rares à certains moments, elles sont communes à d'autres; elles s'observent surtout à l'hôpital et ont parfois dans les crèches des allures épidémiques.

Quelquefois apparaît de Vapoplexie pulmonaire par thrombose de l'artère pulmonaire (Parrot et Hutinel).

Enfin il peut se développer une tuberculose pulmonaire ou généralisée, facilitée par la dénutrition.

50 Système nerveux. — Fréquemment apparaissent des syndromes de réaction encéplialo-inéningée. On peut en distinguer 2 types principaux.

a) Forme somnolente et respiratoire. — Elle s'observe dans les affections aiguës apyréticpies, fébriles ou algides, accompagnées d'une diarrhée plus ou moins abondante, d'amaigrissement et de déshydration marquée des tissus. Les symptômes les plus saillants sont la somnolence, la torpeur, la fixité du regard, le myosis, des troubles du rythme respiratoire (respiration de Gheyne-Stokes, pauses), quelquefois du strabisme, un léger signe de Kernig, des convulsions. Ils rappellenl ceux de \i\ forme somnolente de la méningite tuberculeuse du nourrisson ; mais l'absence du clignement palpébral, l'amblyopie, la suppression du réflexe corijonctival, l'instabilité du pouls n'existent guère que dans celle-ci, qui en outre provoque de la mydriase.

^) Forme méningitique proprement dite. — C'est le catarrhe gastro-intestinal alaxique avec SR forme convulsive ou éclamptique et sa forme méningée \Rilliet et Barthez).

Tantôt, soit au début, soit à- la lin de la maladie, se produisent des convulsions généralisées ou localisées aux yeux, à la face, à un membre, à la glotte.

Tantôt, qu'il y ait eu ou non des convulsions, le tableau de la méningite aiguë se trouve réalisé dans ses diverses modalités. Ou bien l'abattement, le strabisme, les troubles du rythme respiratoire, le peu d'importance des contractures, du signe de Kernig et des convulsions, rappellentla méningite tuberculeuse; ou bien la raideur de la nuque et des membres, le signe de Kernig, les convulsions, l'agitation font penser à une méningite cérpbro-spinale.

Le plus souvent irs'agit d'une méningite séreuse (Ouincke, Hutinel) : la ponction lombaire retire alors un liquide abondant, limpide, plus albumineux que normalement, dépourvu d'éléments cellulaires ou renfermant seulement quelques lymphocytes (Conce.tti, R. Monod, Nobécourt, Ausset et Brassart), amicrobien ou quelquefois contenant des colibacilles (Concetti). Rarement il s'agit d'une méningite purulente à cotibacilles (Sevestre et Gastou, Nobécourt et Du Pasquier, etc.) ou d'une thrombose des sinus crâniens.

Dans certains cas, notamment dans la forme somnolente,.

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le liquide clair contient un taux élevé durée avec ou sans leucocytes et augmentation de Talbumine ; cette cons- .

tatation permet de rattacher les pliénouïènes à une encéphalopatliie uréinique (Parroi), à une ménuKjile uréinique (Nobécourt, Sevestre, Maillet et Bidoti.

Le, pronostic est toujours sérieux. Les formes s ère uses guérissent souvent, même s'il existe des germes (Concetti) ; les formes suppurées sont plus graves, quoique j'aie vu guérir un enfant atteint de méningite purulente à colibacilles (fig. U). Mais il faut tenir compte des séquelles : hydror>'phalie (Marfan;, troubles oculaires, paralysies, troubles in- IcUectuels, etc.

La tétanie s'observe quelquefois ; ses rapports avec les troubles gastro-intestinauxsont discutés ailleurs.

6° Sang. Rate.

Ganglions lymphatiques. — Dans les

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