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IV. — Colites

Bien que les inflammations locaHsées au gros intestin, les colites, puissent s'observer chez le nourrisson, elles ne commencent à devenir fréquentes qu'après le sevrage et surtout

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chez les grands enfants. Elles comprennent dans leur cadre ïentérite muco-membraneuse, qui, à cette période de la vie tout au moins, n'en constitue qu'une variété^ Elles présentent chez l'enfant un certain nombre de particularités cliniques et étiologiques.

Les colites, dont l'importance est grande en pathologie infantile, ont été signalées chez Tenfant par Duguet (1868) et Labbé; mais elleé n'ont été étudiées de façon précise que depuis une vingtaine d'années. Je citerai les travaux de Comby (1897), de Calmels, de Carron de la Carrière, de Guinon (1898), qui en a établi les formes cliniques, d'Hutinel (1899), qui a décrit certaines formes graves sous le nom de choléra sec, de R. Giffard (1903), etc. On trouvera l'histoi-ique complet dans les études d'Hutinel et Nobécourt (1909 et 1912).

Il faut distinguer, d'après l'évolution, des côliles aiguës et des colites chroniques; il existe dailleurs entre elles des relations étroites et leur étude doit être faite simultanément.

Étiologie- — Les colites sont:

1° Secondaires ou symptomatiques d'affections diverses du gros intestin : rétrécissements conijénitaux ou acquis, dilatations congénitales, tuberculose, sarcome, invagination intestinale, etc. Assez souvent intervient une appendicite chronique.

2'^ Primitives ou idiopathiques. Elles relèvent alors de facteurs plus ou moins complexes, généralement associés.

L'âge est une cause prédisposante. Exceptionnelles dans la première année, elles deviennent plus communes à partir de la deuxième année et surtout après 4 ans ; les formes aiguës sont plus communes que les chroniques avant cet âge.

Le sexe n'a pas la même inlluence qu'à l'âge adulte où la femme est surtout atteinte.

Les conditions sociales ont une action manifeste. On observe plus souvent les colites dans la clientèle de la yille, dans les classes riches et aisées, qu'à l'hôpital. Ce fait s'explique par l'intervention de plusieurs facteurs que nous allons retrouver: hérédité neuro-artliritique , suralimentation ■azotée, vie sédentaire nécessitée par l'instruction; les colites ne sont pas rares chez les collégiens.

L'hérédité intervient souvent. Fréquemment on note l'/ie're-

1. La forme muco-membraneuse se rencontre, sur lOO malades de tout âge, chez lenfant 13 fois, à Plombières (BoUentiiil, 1892), 15 lois à Chàtel-Guyon (Franck Baraduc, 1905).

dite neuro-arthritique : chez les ascendants et plus tard chez, les enfants eux-mêmes, existent la migraine, la goutte, la gravelle, l'obésité, l'asthme, l'hystérie, la neurasthénie, etc. Dans nombre de cas, Vhêrcdilé est similaire : la mère est atteinte de colite ; plusieurs frères et sœurs en sont atteints simultanément ou successivement. Enfin Vhérédité hépatique n'est pas rare; un mauvais fonctionnement du foie est souvent à l'origine de l'affeclion.

Les troubles digestifs et une mauvaise hygiène alimentaire jouent un rôle très important. Souvent les enfants ont été nourris au lait stérilisé d'une façon inconsidérée ou trop prolongée et ont eu des affections gastro-intestinales ; d'autres font un usage prématuré et exagéré de la viande ou des<3eufs. L'influence novice d'une alimentation azotée d'origine animale trop exclusive est souvent la cause principale (Combe).

Une des conséquences de cette hygiène défectueuse est la constipation. Celle-ci est fréquente, chez l'enfant comme chez l'adulte, dans les antécédents des malades ; par elle-même, elle constitue un facteur prédisposant important (p. 205).

L'hypertrophie chronique du tissu lymphoïde du pharynx et les infections chroniques du naso-pharynx qu'elle entretient (Triboulet, Aviragnet, etc.) méritent une place à part. Elles agissent par la déglutition de niucosdiés chargées de microbes virulents. En outre, elles sont l'indice d'une vulnérabilité spéciale du tissu lymphoïde du tube digestif à l'action des agents infectieux. Les mêmes relations se constatent pour l'appendicite (p. 2i3).

Parfois la colite fait suite à une affection gastro-intestinale aiguë (p. 168).

Enfin, dans certains cas interviennent des causes capables de réaliser des colites aiguës, soit à elles seules, soit plus habituellement quand l'intestin est prédisposé. Ce sont : la chaleur, un excès alimentaire provoquant une indigestion, des aliments altérés, de mauvaise qualité ou irritants [fruits crus et insuffisamment mûrs (Guinon), lait altéré], certains médicaments pris à tiautes doses (calomel), des maladies aiguës (angine» rougeole, scarlatine, grippe, etc.), la contagion ^épidémies de familles, d'écoles, de salles d'hôpital, etc.).

Anatomie pathologique. Bactériologie. — A la surface de la muqueuse du gros intestin on trouve du mucus englobant des leucocytes et des cellules épithéliales. La muqueuse est plus ou moins tuméfiée; elle présente quelquefois de petites

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«/(.wallons superficielles. Il existe des altérations histologiques des cellules épithéliales, delà tuméfaction des follicules clos «t une infiltration leucocytaire du chorion.

Dans les formes aiguës, que l'on a surtout l'occasion d'autopsier, on note une hyperhémie plus ou moins marquée et même des suffusions hémorragiques.

La flore intestinale est complexe et variable. On peut incriminer, suivant les cas, des colibacilles (Escherich), des sireplo- ■coques ou V entérocoqiie Œscherich, Thiercelin, Nobécourt et Merklen), des anaérobies divers. Dans les colites dysentériformes, on ne trouve pas de bacilles dysentériques ; les recherches de Manicatide (1908'), faites à Jassyi Roumanie) ontété négatives.

Pathogénie. — L'étude étiologique met en relief l'hérédité neuro-arthritique, la prédisposition du tissu lymphoïde à l'infection, la suralimentation azotée et l'alimentation défectueuse, qui entraînent la dyspepsie gastro-intestinale et la constipation. Celle-ci occasionne une irritation chronique du gros intestin et favorise la pullulation des microbes. Ces germes agissent à leur tour sur la muqueuse soit directement à titre d'agents pathogènes, soit indirectement en réalisant des processus de putréfaction ; suivant leur activité et la durée de leur action, ils causent une colite aiguë ou une €6lite chronique, laquelle peut se compliquer de poussées aiguës. Plus rarement intervient la pénétration dans l'intestin de germes virulents.

Uinfeciion est donr une ca'ise importante des colites infantiles. Son rôle se décèle mieux chez l'enfant que chez l'adulte. Elle €st surtout manifeste dans les cas où paraît intervenir l'apport de microbes exogènes dans le tube digestif, par exemple Cfuand la colite succède à une infection pharyngée. Mais même dans ces cas interviennent les facteurs cités plus haut; ceux-ci jouent le principal rôle dans les formes chroniques; i'infection est alors le résultat de causes multiples.

L'infection n'est a'aillears pas toujours en cause; les réactions nerveuses, les processus diathésiques, les troubles des sécrétions digestives et en particulier des fonctions hépatiques et biliaires, les fautes alimentaires peuvent suffire à provoquer la côHte.

Les actions réflexes, qui provoquent l'hypersécrétion muqueuse du gros intestin ( Soupault), les éliminations par Tiniestin de substances irritantes, telles que l'oxalate ou l'urate

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de soude (Roger et Trémolières), peuvent intervenir chez l'enfant comme chez l'adulte.

Symptômes. — A. Colites ciirgmques. — Elles s'observent surtout à pai tir de 3 ou 4 ans ; elles font suite à des crises de colite aiguë ou sont chroniques d'emblée.

Les selles contiennent du mucus, qui revêt des aspects très variables : glaires filantes semblables à du blanc d'œuf coagulé, boules grisâtres, sorte de mousse {type amorphe), cylindres tubulés, rubans, lanières semblables à du macaroni, à du vermicelle (type membraiiijorme). La quantité en est variable: tantôt il constitue la majeure partie ou la totalité des excréta, tantôt il n'existe qu'en petite abondance autour des matières fécales. Le microscope y décèle quelques cellules épithéliales et quelques leucocytes.

L'hypersécrétion muqueuse s'accompagne généralement de constipation ; celle-ci est même, dans la plupart des cas, la première en date. L'enfant n'éprouve pas le besoin d'aller à la selle; les selles s'espacent de plus en plus et finissent par ne plus se produire spontanément; les matières sont sèches, dures, ovillées ou rubanées, entourées de mucus. De temps en temps, la constipation peut faire place à la diarrhée ; on trouve alors des scybales au milieu de matières liquides et glaireuses.

Quelquefois les mucosités sont striées de sang. Assez souvent il y a du satjle ou même des graviers gros comme un pépin de raisin ou une lentille, formés par de la matière organique, des phosphates et des carbonates de chaux et de magnésie, des traces de silice.

Tantôt l'affection est indolente, tantôt il y a des douleurs plus ou moins intenses (formes enléralgiqaes) i tiraillements, élancements, sensations de pesanteur, au niveau des fosses iliaques, de l'ombilic. Ces douleurs sont permanentes ou apparaissent 2 à 3 heures après les repas. Rarement" il se produit des crises paroxystiques pouvant simuler une péritonite, l'occlusion intestinale ou Fappendicite.

L'abdomen est tantôt gros, ballonne ou flasque, étalé, tantôt dur, aplati et même rétracté. La palpation du gros intestin, généralement indolente, provoque d'autres fois une douleur plus ou moins vive; elle renseigne sur sa consistance et sur son calibre : dans certains cas, il est flasque, dilaté, donne la sensation de Yintestin chiffon (M. de Langenhagen); dans d'autres, il est contracté, en état de spasme, roule sous les

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doigts, comme une corde Glénardj, un luyau de caoutchouc (Combe;; dans d'autres enfin, il présente des parties voisines alternativement dilatées ou en état de. spasme ; il n'est pas rare d'ailleurs de voir se succéder sur un môme segment ces deux états. Quand l'intestin est dilaté, on peut percevoir du gargouillement au niveau du ctecum et du côlon transverse, qui est abaissé. On perçoit enfin souvent des scybples sous forme de noyaux durs, roulant sous le doigt.

Assez souvent Yestomac est dilaté et la dyspepsie gastrique chronique ajoute son tableau (p. 190) à celui de l'affection intestinale. Le foie est souvent gros.

A côté de ces symptômes cardinaux, la colite chronique en possède d'autres en rapport d'une part avec le retentissement qu'elle a sur certains viscères et sur l'organisme en général, d'autre part avec le terrain neuro-arthritique sur lequel elle se développe.

Les enfants sont généralement pâles, amaigris, quelquefois cachectiques. Leur croissance se fait mal ; « ils restent petits, les os grêles, les membres minces, la poitrine étroite; tel enfant de 3 aijs paraît en avoir 2 ; un enfant de 11 ans est moins développé et d'apparence plus infantile que son frère qui en a 8 » 'Guinon. Ils se fatiguent facilement, sont sans entrain, tristes, apathiques, irascibles ; certains, d'une sagacité précoce, se préoccupent continuellement de leur état et des soins qu'il nécessite. Leur sommeil est souvent agité, troublé par des cauchemars, des terreurs nocturnes. Ils ont des réactions vaso-motrices parfois intenses, les pommettes facilement rouges, des sueurs. Il y a apyrexie ; mais il n'est pas rare de constater un mouvement fébrile passager ou des températures de 3S°-SS°, 2, le soir ou le matin, persistant pendant des semaines.

\J appétit est nul ou capricieux; les digestions sont lentes et pénibles, s'accompagnent de ballonnement du ventre, de rougeur du visage, de moiteur, etc.

Vhaleine est souvent chaude, fade ou fétide, principalement le matin à jeun. La langue est blanche, saburrale; mais a pointe reste rouge. La gingivite est fréquente, souvent il

a des aphtes. Le ptyalisme est assez commun.

L'enfant se plaint de palpitations. Il n'est pas rare de noter deïarythmie, de la dilatation du ccear droit, qui faisait parler autrefois d'hypertrophie cardiaque de croissance.

Les urines sont peu abondantes, hautes en couleur et con-

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tiennent de l'indican; parfois il y a de ralbuminiairie intermittente.

Ouel({iiefois la peau est pigmentée, a une teinte bistrée. Jaunâtre, principalement sur la face et sur le cou. Fréquemment il y a de Vuriicaire, de Veczéma, du prurit, etc.

Les symptômes des colites chroniques ne se trouvent pas toujours au complet. 11 y a des formes atténuées qui ne se traduisent que par la constipation et les selles glaireuses, des formes cachectisântes dans lesquelles l'amaigrissement est le symptôme prédominant, tandis que l'état pathologique de l'intestin est décelé seulement par un examen attentif.

B. Colites aiguës. — Les colites aiguës peuvent survenir d'emblée chez un enfant dont l'intestin était sain antérieurement, ou à titre de poussées aiguës au cours d'un état chronique. Elles se présentent sous 3 formes principales ; 1*^ forme muqueuse ou catarrliale; 2" forme dysentérique ^Guinon); S° choléra sec (Hutinel).

1° Colite aiguë m.uqueuse. — Elle peut être intense ou légère, parfois localisée.

a. Forme intense ou grave. — Elle débute par des vomissements, de la fièvre i39"-40"), des selles putrides, moulées, pâteuses, demi-liquides, rarement diarrhéiques.

Puis les matières fécales disparaissent et sont remi)lacées par du mucus ; il se présente sous forme de masses et de filaments verdâtres ou brunâtres, souvent mêlés de stries sanguinolentes. Les émissions sont plus ou moins fréquentes; il y a des coliques, des épreintes.

La langue, épaisse à la base, est rouge à la pointe et sur les bords; ses papilles sont saillantes. Vlialeiue est chaude, fétide, dégage une odeur aeétonique (p. 183).

Vappétit est nul, la soi/ vive. Souvent l'ingestion de liquide provoque des nausées et des vomissements, qui généralement cessent au bout de 2 ou 3 jours.

Le ventre est ballonné, surtout au niveau des flancs et de la région sus-ombilicale, douloureux à la palpa tion.

L'enfant est d'abord agité, puis tombe dans la torpeur. Le faci.es est très altéré, les yeux sont excavés, les lèvres sèches et pâles. La respiration est fréquente, le pouls accéléré. La température atteint et dépasse 39°, ou reste entre 38- et 38°, 5.

Les urines sont rares et foncées.

La maladie évolue ainsi pendant 5 ou 6 jours. Puis, si le traitement est bien conduit, les matières fécales réappa-

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raissenl, le mucus diminue, la fièvre tombe, la langue se nettoie, et l'état général s'améliore.

La convalescence est longue. L'enfant reste pâle, anémié, profondément débilité. L'alimentation est difficile. Souvent, à l'occasion dun écart de régime, de la chaleur, ou sans cause valable, éclate une rechute. De rechute en rechute, l'affection peut passer à l'état chronique.

D'autre part, surtout si l'enfant est mal soigné, si on continue l'alimentation, les phénomènes s'aggravent, une diarrhée cholérifornie ou des complications apparaissent qui peuvent entraîner la mort.

b. Forme légère, bénigne. — Les symptômes sont atténués : il y a du mucus dans les selles, qui restent fécales, mais sont fétides, mal digérées; la température ne s'élève que de quelques dixièmes de degré. Bien traités, les malades s'améliorent rapidement ; sinon, l'affection peut devenir grave ou passer à l'état chronique.

(\ Formes partielles ou localisées. — Le processus est limité au côlon ascendant et au ca?cum, plus souvent au côlon descendant, au côlon ilio-pelvien ou aux parties supérieures du rectum. En ces points, 1 intestin est contracté et douloureux.

2'^ Colite aiguë dysentériforme. — Le début est insidieux ou brusque. Les symptômes généraux sont analogues à ceux de la colite muqueuse intense. Les paroxysmes douloureux et les épreintes sont plus intenses ; les selles, d'abord fécales et liquides, sont bientôt constituées par un liquide muqueux^et sanguinolent peu abondant, semblable au frai de grenouille ou au crachat pneumonique. La. jlèvre est vive pendant 8 ou 10 jours. Puis, si l'évolution est favorable, le sang disparaît, les matières fécales se montrent de nouveau et l'affection guérit. Il y a des cas mortels et d'autres où l'affection devient chronique.

3° Choléra sec. — Au cours d'une colite aiguë simple, on voit apparaître des symptômes graves. L'enfant est pris de vomissements répétés et rebelles à toute thérapeutique, ayant le caractère de vomissements cérébraux; les matières vomies, d'abord alimentaires, deviennent muqueuses, puis verdàtres, porracées et même striées de sang. Le ventre se déprime et s'excave. Malgré le peu d'abondance des selles, le malade prend l'aspect d'un cholérique (choléra sec) : les yeux s'excavent, le nez s'effile, les extrémités se refroidissent et se cyanosent. Le foie est gros, douloureux à la pression; les urines.

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sont rares, albumineiises ; la respiration est profonde, suspirieuse,' quelquefois accélérée ou inégale ; le pou/s est ralenti, inégal, irrégulier. 11 n'y a pas de fièvre ; quelquefois il y a hypothermie. Les enfants sont prostrés ou agités ; les nourrissons ont souvent des convulsions ; ces phénomènes joints aux autres symptômes peuvent faire penser à une méningite. Souvent se montrent des érythèmes polymorphes et même du purpura, de Tinfection et des ulcérations buccales, des broncho-pneumonies.

Complications et associations morbides. — 1° Tube digestif et annexes. — Les angines, les amygdalites palatines et pharyngées sont fréquentes; il n'estipas rare de noter la coïncidence entre des intlammations aiguës du pharynx et des poussées de colite aiguë (p. 74).

Les troubles gastriques sont fréquents : dyspepsie et dilatation de l'estomac (p. 188), vomissements périodiques (p. 182).

Le Joie est généralement hypertrophié. Souvent il y a des troubles de la sécrétion biliaire causant soit des selles vertes polycholiques, soit des selles blanches oligocholiques. Parfois il se produit une angiocholite catarrhale avec ictère.

Les hémorragies intestinales un peu abondantes sont exceptionnelles (Guinon, Costinesco).

Plus importante est Vappendicite. Chez l'enfant, la coïncidence a été souvent notée (J. Simon, Comby, Marfan, Guinon, Hutinel, etc.) et est indiscutable. L'une ou l'autre peut être la première en date. Les relations pathogéniques sont complexes : souvent les deux affections reconhnissent les mêmes causes et en particulier la prédisposition à l'infection du tissu lymphoïde ; quelquefois l'appendicite est le résultat de l'inflammation caecale ou inversement l'appendicite provoque la colite par irritation réflexe de la muqueuse intestinale (Soupault). Au cours d'une colite aiguë peut apparaître une appendicite aiguë à évolution rapide ; au cours des colites chroniques, on observe généralement des appendicites chroniques, ayant tendance à aboutir à la sclérose.

2° Système nerveux. — Les manifestations nerveuses sont fréquentes, car les malades y sont prédisposés par leur terrain neuro-arthritique. Ce sont des convulsio?is et même des accidents méningitiques, traduisant soit une irritation réflexe ou toxique des méninges, soit plus rarement une infection méningée, la tétanie, des états neurasthéniques, Vhystérie, ïépilepsie )Gautier), la chorée.

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3° Voies urinaires. — On peut observer du ténesme vésical et même de la cystite (Escherich, Trumpp, Hutinel), surtout chez les filles.

On rencontre encore la néphroptose, Val bu min a rie continue ou intermittente.

4° Peau. — Les manifestations cutanées sont fréquentes. Dans les colites chroniques, se montrent souvent du strophulus, du prurigo, de l'eczéma, des éruptions urticariennes passagères; ces dernières sont généralement en rapport avec des poussées aiguës. Au cours de ces poussées et dans les colites aiguës, il n'est pas rare de constater des érythèmes polymorphes, morbilliformes, scarlatiniformes, quelquefois du purpura, qui se localise de préférence à Tabdomen (Guinon, Hutinel). Ces éruptions s'accompagnent de phénomènes généraux, liés à la toxi-infection générale. Elles s'observent surtout dans les colites à streptocoques.

Chez certains malades, les aliments azotés, le lait, l'œul en particulier, même à doses très faibles, peuvent provoquer des accidents graves, attribuables à Vanaphylaxie (Hutinel).

Pronostic. — Le pronostic est toujours sérieux. Les formes aiguës peuvent être graves immédiatement et amener rapidement la mort. Les /ormes chroniques, qui se compliquent souvent d'ailleurs de poussées aiguës, sont redoutables par leur durée, les difficultés de l'alimentation qu'elles créent, les troubles de la croissance qu'elles entraînent, l'état de cachexie auquel elles conduisent parfois l'enfant.

Diagnostic. — Dans les cas les plus habituels une colite est facile à reconnaître par la constatation du complexus symptomatique qui vient d'être décrit. Cependant Vhypoalimentation du nourrisson, la méningite tuberculeuse au début provoquent parfois des émissions glaireuses, qui peuvent faire penser à une colite (fausses colites).

La différenciation de certaines formes avec la dysenterie nécessite des recherches de laboratoire (p. 234).

Parfois, les symptômes caractéristiques sont peu manifestes et masqués par d'autres phénomènes : suivant les cas, on pense à une péritonite aiguë ou chronique, à une invagination intestinale, à une appendicite, à la tuberculose, à la fièvre typhoïde, à une méningite tuberculeuse.

Le diagnostic étiologique doit être serré de près, car il entraîne les indications thérapeutiques.

Traitement. — Le traitement doit s'inspirer avant tout de

'im MALADIES ET Si'NDROMES INTESTINAUX

léliologie et de la pathogénie, qui, dans chaque cas particulier, conduisent à des prescriptions diverses. On peut, d'une façon générale, se conformer aux règles suivantes.

A. Formes chromques. — 1'^ Évacuation de rintestin; modiûcation du contenu et de la muqueuse du gros intestin. — Il faut éviter les purgatifs et^e borner aux laxatifs. On donne, le matin,, à jeun, plusieurs jours de suite ou de temps en temps, du sulfate de soude (2 à 10 gi\) associé au bicarbonate de soude ou dissous dans l'eau de Vichy, de Vhuile de ricin (2 à 8 gr.>. On prescrit la solution de sulfate de soude, bicarbonate de soude, phosphate de soude (un verre à Madère ou à Bordeaux, au début des repas, 2 oii 3 fois par jour pendant 10 jours). On a recours éventuellement aux laxatifs indiqués pour le traitement de la constipation (p. 206), mais il faut proscrire le calomel.

S'il est nécessaire, on fait un lavage de Vintestin, à faible pression, avec la décoction de guimauve, les solutions de chlorure de sodium à 7 p. 1.000 ou de bicarbonate de soude à o p. 1.000, tièdes ou même chaudes. On évite autant que possible la répétition des lavages et on les déconseille, s'ils sont douloureux et provoquent du spasme ; en pareil cas on donne de petits lavements dluiile d'olive, pris le soir et gardés toute la nuit.

Les cultures de Bacilles lactiques ou paralactiques (Tissier) combattent les fermentations putrides ; on les donne par périodes de 8 ou 10 jours, avec interruptions d'égale durée, entre les repas, dans de l'eau lactosée.

Contre le spasme intestinal, on prescrit la belladone sous forme de teinlure ou de poudre de racines, qu'on associe au bicarbonate de soude et à la magnésie. En pareil cas les applications humides et chaudes sur l'abdomen sont indiquées.

Contre l'atonie, on conseille la noixvomique ou la strychnine associées aux alcalins et on fait des applications f froides.

Pour modifier l'état de la muqueuse du gros intestin, surtout au cas d'hémorragies, et diminuer les putréfactions, on prescrit les antiseptiques (benzonaphtol, salacétol, etc.), les lavages à l'eau oxygénée, à la décoction d'ipéca, ou au peroxyde de magnésium (hopogan).

Les cures hydro-minérales sont souvent indiquées : Plombières, dans les formes douloureuses, spasmodiques, accompagnées de poussées diarrhéiques fréquentes; Châtel-Guyon, Brides dans les autres cas. L'eau de Châtel-Guyan (50 à

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100 cm3, 3 fois par jours, un^î 1/-2 heure avant les repas) peut êlre donnée à domicile pendant 2 ou 3 mois par périodes de 15 à 20 jours.

Souvent il est indiqué de stimuler les fonctions hépatiques : la médication alcaline indiquée plus haut, les prises matinales d'eau de Vichy (Grande Grille), tiédie et additionnée de sulfate de soude ou d'eau de Vittel (Source salée), donnent de bons résultats.

1° Alimentation. — Dune façon générale le lait est contre indiqué, car il augmente la constipation et les putréfactions. 11 ne sera donné qu'en petite quantité et incorporé aux farines sous forme de bouillies.

Le régime alimentaire a pour base les farines et les féculentsemployés sous des formes variées : potages (tapioca, semoule) et bouillies (blé, orge, avoine, riz, arrow-root, cacao à l'avoine, farines maltées, etc.) à l'eau, au bouillon de légumes, de poulet ou de bœuf très frais, au babeurre, au lait coupé ; panades très cuites, purées ou potages épais (pommes de terre, lentilles, pois secs, haricots secs, châtaignes), puddings (riz, semoule), pâtes (macaroni, nouilles) cuites à l'eau. Le beurre, employé en petite quantité, n'est pas cuit; au début on proscrit les œufs.

Quand l'amélioration s'accentue, on donne de la viande rôtie ou grillée (poulet, mouton), du jambon maigre, des poissons maigres bouillis (merlan, sole): les œufs sont donnés avec précaution. On autorise également le bouillon de viande récemment préparé, les purées de légumes verts (épinards, laitues, etc.), les compotes, les confitures, les gelées de fruits, le pain grillé, les breakfeasts. Comme boisson, on donne de l'eau (eau d'Evian, d'Alet, de Vais, etc.) pure ou additionnée d'exlrait de malt, des infusions chaudes (camomille).

En règle générale, on fait prendre des repas peu copieux au nombre de 4 par 24 heures, également espacés et de composition mixte ; les aliments azotés ne sont jamais donnés seuls (Combe). On fait boire de préférence 12 heure avant le repas.

Le régime féculent et farineux, dépourvu d'aliments d'origine animale, est indiqué au début du traitement et jusqu'à amélioration. Mais il ne faut pas le continuer trop longtemps d'une façon exclusive: il entraîne des troubles de la nutritiQn plus importants chez ienfant en période de croissance que

chez l'adulte, et souvent de la dyspepsie gastro-intestinale avec diarrhée (p. 15V).

B. Formes aiguës. — Au début on purge l'enfant avec du sulfate de soude, on fait des lavages de Vintestin à la décoction de racines de guimauve ou avec les substances indiquées plus haut (p. 228;, on institue la diète hydrique.

On fait des applications chaudes sur Vabdomen et au besoin on fait prendre des bains tièdes ou chauds.

Puis on donne les ^ajra/i/s indiqués ci-dessus (p. 228), Teau d'orge, d'avoine ou de riz, le bouillon de légumes, la décoction végétale.

Plus tard on recommence l'alimentation avec des bouillies, des panades, etc., en évitant de donner trop tôt des aliments azotés.

Si la maladie se prolonge, on se comporte comme dans les formes chroniques.

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