SYPHILIS HÉPATIQUE
hépatiques; elle est formée de cellules rondes et fusiformes, de fibrilles, ces dernières d'autant plus nombreuses que la lésion est plus ancienne ; les rameaux de la veine porte sont rétrécis et leurs parois épaissies; Tartère hépatique, les canaux biliaires, la veine sus-hépatique sont normaux; la régression des cellules hépatiques est plus manifeste.
Les gommes miliaires consistent en nodules embryonnaires, analogues aux nodules infectieux; les gommes plus volumineuses ont un centre grenu, amorphe, et contiennent assez souvent des cellules géantes, surtout à la périphérie.
Autour des gommes il y a quelquefois de l'infiltration amyloïde, mais toujours très discrète.
Diverses lésions histologiques ont encore été constatées, sur lesquelles je ne puis insister ici.
Dans les foies, malades ou non, de nourrissons syphilitiques, on trouve le Spirochœte pallida de Schaudinn (fig. 51); il se trouve dans la lumière et autour des vaisseaux, dans les espaces intercellulaires et dans les cellules parenchymateuses (Levaditi, etc.).
B. Syphilis iikréditaire tardivr. — Les lésions sont analogues à celles de la syphilis acquise de l'adulte : c'est le foie scléreux ou scléro-gomnieax (foie ficelé) ou la gomme seule. La péri-hépatite est très marquée. IS infiltration amyloïde est fréquente fFournier, Hudelo), associée aux lésions précédentes ou isolée.
Symptômes. — 1° Chez le fœtus, la syphilis hépatique détermine r/ivf//dm/u'os par gêne de la circulation intra-hépatique et augmentation de la pression dans les veines ombilicales; par suite le ventre de la mère devient énorme et les mouvement fœtaux sont difficilement perçus.
Le fœtus meurt dans 25 p. 100 des cas. L'accouchement se fait avant terme, généralement vers le septième mois; souvent l'enfant est mort et macéré.
2° Chez le nouveau-né, la syphilis hépatique, assez souvent latente, fait partie du complexus symptomatique de la syphilis héréditaire, qui s'observe à la naissance ou apparaît dans les 3 premiers mois; elle passe généralement inaperçue; parfois elle se traduit par un /oie gros et dur, associé à une rate plus 0X1 moins volumineuse.
Dans quelques cas, son importance est plus grande ; elle constitue la forme spléno-hépatique de l'hérédo-syphilis (Chauffard). L'enfant a des vomissements, de l'inappétence, de la
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diarrhée ; sa peau a une couleur sombre, bistrée, mais l'ictèreest rare. Le ventre est ballonné, sillonné par un réseau veineux apparent dans la région sus-ombilicale et dans l'hypocondre droit; l'ascite est rare et peu abondante. Le foie esi
Fig. 51. — Coupe de foie hérédo-syphililique (Levadili et Roche).
uniformément hypertrophié, lisse , ferme, douloureux. La rate est grosse, douloureuse. L'enfant se cachectlse rapidement et meurt le plus souvent.
La syphilis hépatique enfin prédispose aux infections hépatiques et biliaires {ictères infectieux).
3° Dans les moyenne et grande enfances la syphilis hépa-
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^îique héréditaire tardive peut rester latente ou donner lieu aux mêmes symptômes que la syphilis hépatique acquise de l'adulte : troubles digestifs et généraux, hémorragies, ascite récidivante, exceptionnellement ictère, foie irrégulièrement hypertrophié, ficelé, splénomégalie. Elle peut s'accompagner des stigmates habituels de l'hérédo-syphilis ; mais ceux-ci peuvent manquer, la syphilis héréditaire tardive étant souvent, monosymptoniatiqiie (Barthélémy). Il peut y avoir coexistence avec le diabète.
Pronostic. — Le pronostic de la syphilis hépatique prccoce est toujours très sérieux, parce quelle aggrave la syphilis héréditaire si souvent fatale chez le nourrisson. 11 l'est moins dans la moyenne et la grande enfances, car à cette période les enfants sont plus résistants. Le pronostic dépend d'ailleurs en partie du traitement institué.
Diagnostic. — Chez le nouveau-né le diagnostic nest généralement pas fait ou ne peut être que soupçonné en présence des stigmates spécifiques.
Dans la syphilis tardive, les caractères que nous avons signalés distinguent Thépatomégalie de la cirrhose syphilitique des hépatomégalies des cirrhoses cardiaques (p. 300) des cirrhoses biliaires (p. 301), du kyste hydalique (p. 311).
En cas de doute, il faut prati^iuer la réaction Bordel-Wassernuin.
Traitement. — En plus du traitement habituel des affections du foie, on institue le traitement spécifique.