CONGESTION PASSIVE DU FOIE
'coliques et en particulier les symptômes liépatiques s'amendent; le foie revient sur lui-même.
Mais, après un certain nombre de poussées de plus en plus fortes et prolongées, le foie reste définitivement gros, les troubles liépatiques sont plus marqués, la rate se tuméfie ; il y a de Tascite. Rarement toutefois se développe une cirrhose cardiaque caractérisée.
2" Alors que dans la forme clinique précédente, la symptomatologie cardiaque est prédominante, dans d'autres cas
la CARDIOPATHIE RESTE PLUS OU MOI.NS LATENTE, l'enfant SE PRÉ- SENTE SURTOUT COMME UN HÉPATIQUE, les symptômes cardiaques doivent être recherchés avec attention. Ces asyslolies hépatiques, sans être spéciales à l'enfance, y sont particulièrement fréquentes.
a. Le type clinique le plus net est la cirrhose cardiotuherculeuse (Hutineli.
Le début est variable. Taniùt, et c'est un fait assez commun, rien n'a attiré préalablement l'attention ; tantôton note dans les antécédents des poussées de congestion pulmonaire ou une pleurésie, l'examen du thorax décèle des signes de symphyse pleurale et plus souvent d'adénopathie trachéobronchique. Cette période de début peut être très longue.
A la période d'état, l'enfant se plaint quelquefois de pesanteur ou de douleur dans l'hypocondre droit; son ventre irrossit. Il s'agit de sujets mal développés, petits, chétifs (Hutinel;. La maigreur des membres inférieurs contraste avec le volume du ventre, dont la peau est lisse, un peu œdématiée, sillonnée de veines dilatées. On constate une ascite généralement abondante et tenace, due non seulement à la gène de la circulation veineuse, mais aussi à la tuberculose péritonéale souvent associée. Le foie est gros, la rate tuméfiée. Il y a du subictère, des urines hépatiques, etc. Le diagnostic iVajJection hépatique s'impose.
Si l'on poursuit l'examen, onl^emarque une légère dyspnée, un peu de bouffissure de la face, de la tendance à la cyanose de la face et des extrémités, quelquefois des doigts hippocratiques.
Le cœur a un volume normal ou peu augmenté ; sa pointe est immobile; il n'y a en général pas de bruits dé souffle, il s'agit d'une symphyse luberculeuse. D'autres fois, il n'y a pas le symphyse, mais une médiastinite.
Ce tableau clinique peut correspondre, dans les phases
NoBÉcoui'vT. — Précis de médecine des enfants. 20
iiiifiales, à une simple congestion hépatique; en général, quand l'affection a une certaine durée, il est dû à une véritable cirrhose.
Les symptômes hépatiques sont d'autant plus marqués que l'affection est plus ancienne et que les lésions cirrhotiques sont plus avancées. La durée est variable et peut être longue ; elle est de 1 an, 2 ans et même plus. Le malade reste un infantile; sa puberté est retardée et se fait mal. Tôt ou tard, il meurt par asystolie, par cachexie, par progrès des lésions tuberculeuses, par infection intercurrente, exceptionnellement par ictère grave, assez souvent par syncope.
11. Dans les autres variétés et en particulier dans la cirrhose cardio-rhumatisinale, 'J'enfant a eu du rhumatisme articulaire aigu; puis, au bout d'un temps variable, sans troubles cardiaques ou avec un peu de dyspnée, on constate un foie gros, plus ou moins dur, une légère ascite, qui peut d'ailleurs manquer, une lésion mitrale et une symphyse avec gros cœur.
Pronostic. — il est grave, comme la maladie causale ; mais il ne faut pas oublier la possibilité d'une survie quelquefois longue. 11 faut tenir compte, dans chaque cas particulier, de l'état du cceur et du foie, ainsi que des lésions associées.
Diagnostic. — Le diagnostic du foie cardiaque est facile quand l'hépatomégalie coïncide avec les autres symptômes asystoliques et avec une cardiopathie avérée ; dans certains cas, il faut savoir trouver la cause de la dilatation du cœur et de l'hépatomégalie dans une néphrite aiguë.
Quand la cardiopathie reste latente, on trouve tantôt une ascite, qui rend l'examen du foie impossible et fait penser à une péritonite tuberculeuse à forme ascitique, laquelle peut d'ailleurs coexister, tantôt d'emblée un gros foie. L'hépatomégalie, chez Tenfant, où il n'y a pas à tenir compte, dans la pratique, de la cirrhose hypertrophique alcoolique et du cancer, peut être attribuée à la syphilis hépatique, à un kyste liydatique (l'erreur a été commise un certain nombre de fois, et j'ai vu dans le service d'Hutinel un enfant porteur d'une cirrliose cardiaque liée à une symphyse péricardique, qui avait été opéré dans un service de chirurgie pour un kyste absent), à une cirrhose biliaire ; les caractères propres de ces affections, qui sont étudiés à propos de chacune d'elles, la recherche des troubles cardiaques, conduisent au diagnostic.
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Le diagnostic de foie cardiaque posé, il reste à étalMir le degré des lésions (congestion ou cirrliose) et leur cause. Les antécédents rhumatismaux, un gros cœur, une lésion raitrale, sont en faveur d'une symphyse cardiaque rhumath- //«a/e; l'existence dune pleurésie, d'une adénopathie trachéobronchique, le peu d'augmentation de volume du cœur^ l'absence de souffle cardiaque uneascite abondante, sont en faveur de la symphyse tuberculeuse. Dans des cas plus rares,, l'analyse clinique permet de déceler telle ou telle autre des causes énumérées plus haut (p. 30-2). Il faut toujours penser à l'intervention possible de Vhérédo syphilis iHutinel).
Traitement. — La constatation de troubles hépatiques chez les asystoliques a des conséquences thérapeutiques. Il importe en effet tout d'abord de décongestionner le foie par des ventouses sèches et scarifiées ou des applications humides et fraîches sur la région hépatique, par des lavages frais de l'intestin, par des laxatifs isulfate de soude, calomeli, par le régime lacté, leau de Vichy, etc. Ce n'est qu'ensuite, à moins d'urgence, qu'on prescrit la digitale et les autres médicaments cardiaques.
Le traitement de la cirrhose cardiaque est en principe lemême que celui des cirrhoses en général : régime lacté ou lacto-végétarien, antiseptiques intestinaux, calomel à dose réfractées, alcalins, lavements froids, etc. (p. 274'.
La nature de la cardiopathie entraîne de plus des indications propres. En présence d'un foie cardio-tuberculeux, il ne faut pas oublier la tuberculose et prescrire un régime trop débilitant. S'il y a lieu, on institue un traitement antisyphilitique.