IX. — Cirrhoses alcooliques
Les cirrhoses alcooliques, si fréquentes chez l'adulte, sont rares dans l'enfance. L'alcoolisme ne peut être incriminé que dans 1/10® des cas de cirrhose, d'après la plupart des statistiques (Hutinel et Auscher; ; Gilbert et Surmont, Palmer Howard admettent cependant la proportion de 15 à 16 p. 100. La seule variété qui ait été observée est la cirrhose atrophique de Laennec.
Etiologie. — La fréquence des cirrhoses alcooliquesinfantiles varie suivant les pays. Rares en France, sauf en
7\'ormandie et en Flandre, elles s'observent surtout en Angleterre. Dans ce pays elles peuvent être attribuées plus ^spécialement, comme chez l'adulte, à l'usage du gin (alcool •de genièvre), plus rarement à celui des bières alcoolisées (pale aie, porter). D'une façon générale on incrimine les difi'érents 'dcools et le vin.
D'après certains auteurs, mais non pour tous, la cirrhose alcoolique est plus fréquente chez les garçons que chez les iilles. Elle s'observe surtout de 5 à 44 ans, rarement audessous de o ans. Elle a été vue chez des nourrissons et attribuée alors à l'alcoolisme de la nourrice; cetle opimion ne repose sur aucune observation précise (Hutinel et Auscher).
Je ne discute pas ici la part exacte qui revient à l'acool lans ia production de la cirrhose. Peut-être faut-il faire jouer un rôle aux affections gastro-intestinales relevant des causes habituelles chez l'enfant ou de l'usage de l'alcool ; il faut -cependant remarquer que ces affections ne conduisent pas elles seules à la cirrhose. Plus importante semble être d'intervention de la laberculose, dont la coexistence a été ciotée assez souvent.
Anatomie pathologique. — Les lésions n'ont rien de spécial k l'enfance. Il va de Vascite, de la périhépatite et de la péritonite chronique diffuse. Le foie est atrophié, déformé, dur, granuleux ; il a une coloration brun roux ; sa capsule est épaissie; sur la coupe on voit des granulations jaunâtres entourées d'un anneau fibreux. Les voies Inliaires sont libres. La rate est hypertrophiée.
Au microscope, on constate une sclérose annulaire, bivei- .'jieuge, à petites ou à grosses granulations ; de Vendo-péri- }i)lj^ébite des rameaux de la veine porte et de la veine susliépatique. Les canalicules biliaires sont normaux ; souvent il y m des néo-canalicules. Les cellules hépatiques ne sont plus <i>rdonnées en trabéc^iles, sont déformées et présentent de l'atrophie pigmentaire, de la stéatose.
Symptômes. — Ils sont analogues à ceux observés chez l'adulte.
P -Période initiale, pré-ascitique. — Elle est insidieuse. On ::iote des troubles digestifs : inappétence, nausées, vomisserments-, pituites, constipation et crises diarrhéiques ; de J'amaigri'SS'ement, une coloration jaunâtre des téguments; tJe.g -hémorragies (hématémèses, épistaxis, melaena, purpura;;
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des urines rares, colorées, riches en urobiline: du météorisme abdominal, une splénomégalie précoce, sans modifications appréciables du foie, etc.
^2° Période d'état, ascite. — Les mêmes troubles s'accentuent, en même temps qu'apparaît une ascite abondante., nécessitant généralenient des ponctions successives, et que se développe une circulation nbdominnle sous-cutanée supplémentaire. Le/ojV est atrophié, caché derrière les côtes ; la. rate est hypertrophiée. Il y a souvent de la congestion desbases pulmonaires, de l'œdème des membres inférieurs. - L'ictère fait défaut.
3'^ Période terminale, cachectique. — L'enfant s'affaiblit de plus en plus et finit par mourir dans la cachexie, si une^ complication ne hâte pas la fin : ictère grave, hémorragitgastro-intestinale, broncho-pneumonie, érysipèle. fièvre éruplive, etc.
Chez l'enfant Vévohilion csi suhnigac, plus rapide que chez l'adulte. Assez souvent il y a des poussées aiguës avec fièvre., augmentation de "l'ascite, douleurs abdominales, parfoismelœna et hématémèses. La durée est généralement de quelques mois. Le pronostic est très grave; il n'y a pas de cas de^guérison avérée.
Diagnostic. — A la période pré-ascitique, la cirrhose ne peut être que soupçonnée en raison des habitudes alcooliques de l'enfant. Une fois l'ascite développée, le diagnostic est kidiiveayecla péritonite tuberculeuse, qui est beaucoup plus, fréquente (p. 337).
En dehors de la cirrhose alcoolique, il n'y a pas chez l'enfant d'autre affection donnant lieu à l'atrophie du foie avec ascite et splénomégalie, sans ictère. La maladie ou syn~ drome de Danti, rare en France même chez l'adulte, est exceptionnelle chez l'enfant (p. 318).
Traitement. — Le traitement est celui des affections hépatiques en général. On supprime l'alcool. On prescrit krégime lacté, les laxatifs et les antiseptiques intestinaux., spécialement le calomel à doses réfractées, le bicarbonate de soude, les lavements froids, l'opothérapie hépatique. La paracentèse abdominale, suivie de l'injectioij d'air ou d'azote . est pratiquée quand l'abondance de l'ascite en fournit l'indication. Le traitement chirurgie^/ (omentopexie) n'a pas encore fourni ses preuves chez l'enfant.