NATURE DU POISON EMPLOYÉ
Phosphore
Sulfate de cuivre
Vert-de-gris
Acide sulfurique
Cantharides
Opium, Laudanum, Pavot, Morphine. .
DE L'EMPOISONNEMENT
dont nous venons de parler à expliquer 1 ’ électivité des substances nuisibles à l’organisme, et il a formulé la loi suivante : « Une substance agissant sur des éléments anatomiques déterminés et se trouvant en circulation dans le sang impressionne d’autant plus vivement les organes composés de ces éléments anatomiques qu’ils sont plus irrigués. »
N’oublions pas de signaler une autre loi, proposée par le même auteur et qui s’applique uniquement aux substances métalliques : « Les métaux sont d’autant plus actifs que leur poids atomique est plus élevé, ou que leur chaleur spécifique est plus faible. »
Sans doute, ces vues théoriques sont séduisantes, mais nous les croyons aussi un peu hâtives. Nous pen sons même qu’on s’exposerait à se tromper en voulant trop individualiser l’action d’une substance toxique et limiter ses effets spécifiques à tel ou tel élément. Le docteur llenneguy1, dans un excellent travail, a cherché à montrer que chez les animaux supérieurs, l’action des substances toxiques porte d’une manière générale sur tout le système nerveux central. Aussi conseille-t-il, avec raison, de n’employer dans les expertises médico-légales que les animaux qui par leur organisation se rapprochent autant que possible de l’homme.
Nous suivrons la classification que Tardieu résume de la manière suivante :
D’après l’observation clinique, on peut classer les empoisonnements en cinq groupes :
1“ L'empoisonnement par les poisons irritants et corrosifs (acides, alcalis, substances purgatives dites drastiques).
1 Étude physiologique sur l'action des poisons. — Montpellier
DE L’EMPOISONNEMENT. 395
2" L empoisonnement par les poisons hyposthënisants arsenic, phosphore, cuivre, sublimé corrosif, émétique, niu-e, sel d'oseille, digitale et digitaline).
5° L'empoisonnement par les poisons stupéfiants (plomb, belladone, atropine, jusquiame, tabac, ciguë, aconit, champignons, curare, chloroforme, alcool).
4° L'empoisonnement par les poisons narcotiques (opium et ses dérivés). '
5- L'empoisonnement par les poisons névrosthéniques (strychnine et noix vomique, acide prussique, cantharides).
« L’empoisonnement par les poisons irritants et corrosifs a pour caractère essentiel une action locale irritative qui peut aller jusqu’à l’inflammation la plus violente, la corrosion et la désorganisation des tissus atteints par la substance venéneuse ingérée, dont les effets sont presque exclusivement bornés à la lésion des organes digestifs L empoisonnement par les poisons hyposthënisants a pour caractères essentiels non pas l’irritation locale produite par le poison, bien qu’elle soit réelle, mais les accidents "-énéraux résultant de l’absorption, tout à fait disproportionnée avec es effets locaux qui manquent d’ailleurs très souvent complètement opposés à l’irritation et à l’inflammation consistant en effet en une dépression rapide et profonde des orces vitales et lies à une altération souvent manifeste du sang .
L’empoisonnement par les poisons stupéfiants, dont la p upart étaient compris sous la dénomination impropre de narcotico-ûcres, bien que 11e produisant, ni narcotisme ni àcrete, a pour caractère essentiel une action directe, spéciale sur le système nerveux, action dépressive qui répond
înlZl 0,1 T™5 6" séméioti(Iue !■< stupeur, accompagnée paifois dune irritation locale, toujours peu intense.
L empoisonnement par les narcotiques est caractérisé par 1 action toute spéciale et distincte que l’on ne peut définir que par son nom même, le narcotisme
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DE L'EMPOISONNEMENT