Enltn, dans un huitième vase il introduira le cerveau
61 U-' Si' f autopsie est faite après une inhumation plus ou moins prolongée, l'expert devra en outre s occuper du mode Tsép ‘dture, de l'étal de la fosse et du sol. 11 devra décrire le cercueil et les conditions d'intégrité ou de destruction dans lesquelles il se trouve. Si l'inhumation est récente et le cercueil intact, il n’y a qu’à enlever le corps et le déposer sur la table où doit se faire l’autopsie. Si, au contraire, après un long séjour en teire, les vis de la biere sont disjointes, le bois, les vêtements, le linceul en partie détruits, il importe, avant d'examiner le cadavre, de recueillir quelaue'-uns des débris qui sont en contact avec lui ainsi qu’une certaine quantité de la terre dont il est entoure et qui adhère parfois à sa surface. Bien plus, 1 expert n oubliera jamais de prendre de la terre à différentes hauteurs de la fosse pour servir plus tard de termes de compa
12» il peut arriver que dans certaines inhumations, comme celles qui se font dans des terrains argileux, compacts, imperméables à l’air et à l’eau, dans des cercueils hermétiquement fermés, que la putréfaction ne se soit pas effectuée et que l’on trouve à l’exhumation non plus un squelette ou une fermentation putride en activité, mais une masse savonneuse qui adhère de partout aux parois de la bière. Dans ces conditions il est presque impossible de sortir le cadavre de son enveloppe, et souvent aussi difficile de distinguer les organes. L'expert devra donc, bien que la chose soit très pénible et fort incommode, recueillir dans le cercueil même les organes encore visibles, quelque peu de la masse savonneuse, les débris de linceul ou de vêtements et enfin de la terre qui peut souiller les parties périphériques.
■13» Toutes ces substances recueillies, terre, portions de vêtement ou de linceul, seront également placées dans dos vases en verre.
14° Les débris de cercueils, planches, etc., seront empaquetés soigneusement et eux aussi autant que possible introduits dans des récipients eu verre;
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15° Tous ccs vases seront fermés, ficelés, cachetés et porteront des numéros d’ordre avec la signature des personnes présentes.
16“ La fermeture des récipients devra se faire de la manière suivante : un bouchon de liège, recouvert d’un papierparchemin retenu au moyen d’une ficelle au col du flacon et un simple cachet fixant la ficelle et le papier certifiant le contenu. Dans aucun cas on ne devra goudronner les bouchons servant à la fermeture des bocaux.
17° Jamais 1 expert ne devra employer les désinfectants, chlorure de chaux, eau chlorée, sulfate ferreux, acide phonique, etc., etc. Il en est de même de l’alcool, qui doit aussi être proscrit, car sa présence, tout en empêchant la constation de ce composé toxique, peut rendre la recherche de certains poisons beaucoup plus difficile, notamment celle du phosphore.
Voici d’une façon aussi brève que possible comment procèdent les chimistes. On isole les poisons en traitant les organes ou les tissus par de l’alcool étendu afin d'obtenir, dans la majeure partie des cas, un liquide que l’on puisse filtrer; ce liquide est alors soumis à l’action de l’hydrogène sulfuré (le réactif général de presque Lous les métaux toxiques). Si on n’arrive à aucun résultat, on fait bouillir dans l'eau les organes digestifs afin d'isoler les minéraux. Quand le poison s’est déposé dans les viscères, dans le foie, par exemple, on en chauffe une portion avec de l’acide sulfurique qui détruit la matière organique et permet d’isoler le métal.
Pour la recherche des alcaloïdes végétaux, notre vénérable et savant ami M. Stas a, dans l'affaire Bocarmé, fait usage d’alcool et d’éther comme dissolvant. La méthode imaginée par cet éminent chimiste est basée sur le fait suivant : tous les alcaloïdes organiques aujourd’hui connus forment avec divers acides, et notamment avec l’acide tarlrique, des sels acides solubles dans l’eau et l’alcool, lesquels étant dissous sont facilement décomposés par les alcalis fixes. Les alcaloïdes ainsi remis en liberté demeurent cependant en solution pendant quelques instants et peuvent se redissoudre dans l’éther, si ce dernier corps est en quantité suffisante.
Le diagnostic de l’empoisonnement a trouvé une nouvelle confirmation dans des expériences physiologiques sur des animaux au moyen des substances prétendues toxiques que l'on a isolées
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îles matières. Ainsi quand un poisun est en quantité très faible . le cœur est le réactif vivant de la digitaline {affaire Lapomerave) ■ peur l’atropine, on dilate avec les produits trouvés la pupille d’un chat; la moindre trace de strychnine, en injection sous-cutanée, convulsionne les grenouilles.
En 1871 M Selmi, de Bologne, annonçait la decouverte d alcaloïdes vénéneux extraits des cadavres et analogues aux alcaloïdes Vp,. étaux 11 donna à ces produits le nom de ptomaïnes. Avant lui a. Gautier avait attiré l’attention sur les transformations
putrides des matières albuminoïdes.
Les ptomaïnes, suivant Selmi, doivent être toxiques ; mais des travaux postérieurs montrèrent que, sur dix ptomaïnes, six seulement ont des propriétés nocives. De plus, Selmi lui-meme reconnut que bien des ptomaïnes sont fixes et cristallisâmes.
Les alcaloïdes d’origine animale no se produisent pas seulement lorsque les corps sont en putréfaction; on les observe dans les aliments, près de la limite de leur conservation, on les voit aussi se former dans certaines affections.
C’est ce qui résulte des travaux de Brouardel et Boutmy. Les derniers, dans une communication à la Société de médecine légale (1880), concluent :
1" Qu'il se forme, au cours de la décomposition cadavérique, certains alcaloïdes qu’on a nommés ptomaïnes;
2” Que l’existence de ces alcaloïdes est incontestable ;
5” Qu’il existe plusieurs ptomaïnes différentes ;
4” Qu’il n’apparait pas toujours une nouvelle ptomaïne dans chaque nouveau cas de putréfaction ;
S” Que le nom de ptomaïne, qui signifie « fugitif », semble indiquer que les corps de cette classe s’altèrent et disparaissent acilement. Il n'eu est pas moins vrai qu’il peut exister certaines conditions dans lesquelles ils présentent une fixité remarquable;
6‘ Que les ptomaïnes sont souvent vénéneuses, et que cette action sur l’organisme affecte aussi bien l’homme que les ani-
maux.
7" Que leur formation peut avoir lieu dans un temps très court;
8* Que l’action du froid paraît s’opposer à cette formation.
Depuis ces travaux et en conséquence de celte dernière conclusion, on a doté la morgue de Paris de chambres à air glacé dans lesquelles les cadavres sont conservés sans altération nouvelle jusqu'au jour où l’on procède à leur expertise.
M. Armand Gautier, dans un mémoire tout récent (janvier 188fi), lu à l’Académie de médecine, constate que les alcaloïdes se produisent normalement dans les ('01111105 vivantes.
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D’état actuel de la science permet de donner cette définition • Des ptomafnes sont des alcaloïdes nés des fermentations orga- | niques animales ou végétales, et qui, par leurs réaclions chi- ! nuques, paraissent différer très peu des alcaloïdes végétaux.
C’est la présence des plomaïnes dans des aliments altérés qui a causé des accidents bien souvent observés. Brouardel et Boutmy ont eu à statuer sur des cas du même genre.
La présence normale des plomaïnes dans l’intestin complique singulièrement la tâche du médecin légiste dans les cas d’empoisonnement par les alcaloïdes végétaux. La delphinine, la véralrine, la morphine, etc., possèdent des propriétés presque analogues à celles des plomaïnes. On conçoit la gravité des erreurs que peut entraîner cette similitude de caractères. Dans un procès jugé en Italie, les experts chargés d'examiner les viscères d’un général avaient conclu à un empoisonnement par la delphinine, et plus tard, Selmi, en contrôlant les résultats obtenus, prouva que l’on se trouvait en présence d'une ptomaïne qui, il est vrai, ressemble à la delphinine par quelques caractères, mais en diffère par son action physiologique.
Malgré les efforts tentés pour trouver dès réactifs spécifiques des ptomaïnos, on ne parait pas être arrivé encore à des résultats définitifs. Disons cependant qu’il ressort des travaux de la commission nommée parle gouvernement italien pour étudier spécialement au point de vue médico-légal la nature des plomaïnes et leurs différenciations d’avec les alcaloïdes végétaux, que, même en agissant sur de grandes masses, les quantités d’alcaloïdes putréfactifs obtenues sont toujours minimes ; et ajoutons avec Gautier qu’il est à peu prés impossible aujourd'hui, dans une expertise légale, de faire confusion entre les minimes quantités d’alcaloïdes cadavériques qui se produisent ou existent naturellement, et ceux qui auraient pu être introduits durant la vie 1 .
D’après ce que nous venons de voir il faudra, dans une expertise, tenir compte des symptômes de la maladie, des résultats de l’autopsie, des résultats de l’a-
* Consulter Toxicologie de Chapuis, les mémoires de Brouardel et Boutmy, ceux de Mosso et Guareschi ( Archives italiennes de biologie ) et les communications de Gautier dans le Bulletin de l’ Académie de médecine, janvier 1886.
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nalvse chimique cl enfin de I ou les les circonstances extérieures fournies par l’enquête et qui viennent apporter des renseignements sur les différentes périodes de l’accident. Il ne faut pas en effet réduire à un seul moyen les procédés dont on dispose pour arriver à la vérité, et il serait dans beaucoup de circonstances aussi imprudent de tirer des conclusions d’un examen clinique ou anatomique que de restreindre toute appréciation aux résultats d’une réaction chimique.
Aussi comme on ne peut prévoir toutes les questions posées ordinairement par les magistrats aux experts, nous donnerons avec Tardieu les plus fréquentes et les plus importantes.
1“ La mort ou ta maladie doivent-elles tire attribuées à V administration ou à l'emploi d’une substance vénéneuse?— On examine les déjections et les évacuations du malade, la marche des symptômes, et, s’il y a lieu, les résultats anatomo-pathologiques et ceux de l’analyse chimique.
2° Quelle est la substance vénéneuse qui a produit la mort ? — On fait le diagnostic différentiel de l’ensemble symptomatique et on le compare aux étals morbides qui présentent quelques analogies. Quant à la recherche du poison lui-même, sauf pour quelques substances nettement déterminées, il sera très souvent impossible de mettre le corps du délit sous les yeux des magistrats.
3° La substance employée pouvait-elle donner la mort? — L’expert pourra souvent dire, même dans une tentative d’empoisonnement, si la substance administrée était capable de donner la mort. Il n’a pas alors à tenir compte des différentes circonstances
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qui ont pu diminuer ou empêcher l’action de celte substance.
A"- La substance vénéneuse a-t-elle été ingérée en quantité suffisante pour donner la mort ? à quelle dose est-elle capable de la donner ? — On ne peut souvent répondre que d’une manière approximative et il faut d’ailleurs se préoccuper de l’âge, de la constitution, de l’état général de la victime.
5° A quel moment a eu lieu l’ingestion du poison ? — Il faut rechercher exactement les symptômes du début, leur marche et noter toutes les circonstances extérieures qui ont pu accélérer ou retarder l’action toxique. D’une manière générale, les substances toxiques ne déterminent pas une succession de symptômes de plus en plus graves. C’est ainsi que le phosphore, l’arsenic, l’opium, la strychnine, présentent après leur administration des rémissions suivies parfois d’exacerbations sans qu’une nouvelle quantité de poison ait été donnée.
6" L’empoisonnement peut-il avoir lieu et le poison at-il pu disparaître sans qu’on en retrouve de traces ? après combien de temps ? — Le poison peut avoir été rejeté en partie par les vomissements, les sécrétions en éliminent une certaine quantité. Aussi la réponse devient plus difficile quand on s’éloigne du moment de l’accident. Les toxiques minéraux peuvent être retrouvés dans des parties du cadavre même après plusieurs années.
7° La substance vénéneuse extraite du cadavre peutelle provenir d’une source autre que V empoisonnement? — ■ Parfois on peut avoir à tenir compte d’une médication, mais il sera alors possible de remonter à la véritable origine du poison.
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S" L'empoisonnement est-il Ip, résultat d'un homicide , d'un suicide ou d’un accident ? — C’esl alors qu’il faut surtout apprécier toutes les circonstances extérieures.
9" L' empoisonnement peut-il être simulé ? — Beaucoup de lypémaniaques ou d’individus atteints du délire de persécutions avec hallucinations du goût et de l’odorat se plaignent d’avoir été victimes de tentatives d’empoisonnement.