‹ Précis de médecine judiciaireChapitre 140 sur 237 · DIGITALE · texte numérisé non relu

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spécialement dans ces deux empoisonnements la couleur vermeille du sang et des tissus.

(j° EMPOISONNEMENT PAU t.A DIGITALE ET LA DIGITALINE.

11 est assez rare, et se produit ordinairement par accident. Les feuilles de la plante sont confondues avec la grande consolide: il en est ainsi pour la poudre, qui est jaune verdâtre. La digilaline tue à la dose de 1 à 2 centigrammes. Elle a été employée par le médecin homœopathe Couty delà Pommerais pour empoisonner Mmc de Pauw.

Les symptômes sont les suivants : de la douleur à l’épigastre et le long de la colonne vertébrale, des vomissements mucoso-bilieux, des coliques, de la diarrhée. La gorge est desséchée, la soif vive, il y a une céphalée atroce. Puis de la prostration musculaire et cardiaque, un abattement complet; le cœur se ralentit, devient intermittent et irrégulier, il y a des syncopes, et la mort par arrêt du cœur.

Les lésions anatomiques n’ont rien de spécial. On a noté une putréfaction très lente. 11 peut y avoir quelques suffusions sanguines et des points congestionnés

POISONS II YPOSTI I ÉNISAPs'TS.

disséminés par places dans la largeur de l’intestin. Rien du côté du cœur ou des autres organes.

L'expertise chimique fut confiée, dans l’affaire la Pommera s à MM. Tardieu et Houssin, agrégé du Val-de-Gracc. Voici la méthode suivie par ces habiles experts. L’intestin et l’estomac furent mis à macérer dans de l’alcool concentré pondant vingtquatre heures, à une température de 30°, puis on a filtré, lavé à l’alcool et évaporé au bain-marie. Cet extrait alcoolique (A) devait contenir le poison. On prépare ensuite un « extrait (B) provenant du traitemcnL par l’eau distillée chaude, de l’estomac et de la moitié des intestins de la veuve de Pauw ».

Il est fait ensuite un « extrait (0) provenant du traitement alcoolique des matières grattées à la surface et dans les interstices du plancher de la veuve de Paw (partie souillée par les vomissements) ». Puis un « extrait (P) provenant du traitement alcoolique des matières grattées à la surface du parquet, dans la partie occupée par le lit et lout à fait à l’abri des vomissements. »

L’extrait O donna une colora lion verte par l’acide chlorhydrique, et brune par l’acide sulfurique. MM. Tardieu et Houssin expérimentèrent sur les animaux.

b grammes de l’extrait O sont introduits dans une incision faite à la cuisse d’un chien vigoureux et dont les battements du cœur étaient de 110 par minute. L’animal a des déjections, des vomissements, de la prostration musculaire, le cœur est irrégulier et se ralentit, les battements tombent à 91, à 90, à 70 (8 heures après), à 10 (18 heures après), puis deviennent intermittents. A l’autopsie, les deux ventricules du cœur sont contractés, tandis que les oreillettes sont dilatées, les quatre cavités pleines d’un sang noir épais et coagulé. La pointe est saillante et rougeâtre. L’extrait du parquet renferme donc un poison qui a agi sur le cœur.

Un lapin sous la peau duquel on a introduit, par le même procédé, 2 grammes du même extrait, succomba avec des symptômes semblables. Mêmes lésions anatomiques.

Sur trois grenouilles on met le cœur â nu; le cœur de la première est maintenu humide ; la deuxième reçoit, sou$ la peau du ventre, six gouttes d’une solution titrée de digitaline; la troisième une injection de l’extrait O étendu. Chez les deux dernières grenouilles, le cœur cesse bientôt de battre, le ventricule se contracte et l’oreille se gonfle.

On procède do même avec les extraits (A) et (B). L’extrait (P) des raclures du parquet non taché ne donne aucun résultat.

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