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PLOMB

Troisième groupe. — Poisons stupéfiants.

Ce sont les poisons qui ont été désignés sous le nom de narcotico-âcres. Ils agissent d’une manière particulière sur le système nerveux. S’ils produisent tous une dépression spéciale de l’activité, quelques-uns y joignent une légère irritation locale, mais qui ne regarde en rien le mode d’action des poisons corrosifs.

Tous déterminent d’abord des malaises, des défaillances, de la céphalée, des vertiges, de la douleur épigastrique avec vomissements, puis survient du délire, de l’agitation, des hallucinations, des troubles de la sensibilité et de la motilité. La face s’altère, souvent les pupilles sont dilatées, la respiration s’embarrase et la mort arrive assez vite dans le coma ou les convulsions.

Nous étudierons dans ce groupe les empoisonnements par le plomb, la belladone et l’atropine, par les solanées vireuses, par le tabac, la ciguë. Tardieu range aussi dans cette classe les empoisonnements par le curare, les champignons, le chlorolorme et l’alcool.

1“ Empoisonnement par le plomb

De tous les métaux, le plomb est certainement celui qui porte le plus souvent atteinte à la santé de 1 homme. Ses méfaits sont, incalculables et ses moyens d introduction dans l’organisme sont innombrables.

Consultez : J. Renaut, de V Intoxication saturnine chronique (these d’agrégation, 1875). — A. Manouvrier, Intoxication saturnme locale et directe, etc. (thèse do Paris, -1874). — René Moreau, Empoisonnement aigu par le plomb (thèse de Paris, 1875 rcAoS). — Proust, Traité d'hygiène publique et privée (1877). — Les ouvrages de Grisolle, de Tanqüerel-Desplanchcs, do Tardieu et particuliérement celui de Gautier (1881).

POISONS STUPEFIANTS.

Chaque jour, une nouvelle application de l’industrie nous montre un nouveau danger.

Nous allons d’abord exposer rapidement le saturnisme professionnel pour faire apprécier dans quelles conditions l’homme est exposé à celte intoxication, et nous pourrons ensuite mieux comprendre l’empoisonnement aigu, qui doit être spécialement connu du médecin légiste.

Avec M. Proust nous ramènerons a trois chefs principaux les causes de l'intoxication saturnine :

1° Le travail dans les mines de plomb ;

2° La fabrication de certaines préparations de plomb. On constate des accidents saturnins parmi les ouvriers qui fabriquent le blanc de oéruse, le minium, la mine orange, la litharge, le chromate de plomb;

3° Les travaux professionnels dans lesquels le plomb est employé pur ou sous forme de préparations diverses :

Ouvriers préparant certains vernis (noir d’imprimerie). Peintres en bâtiments.

— en voitures.

— en décors, lettres et tributs.

— sur porcelaine.

— et vcrnisscurs sur métaux.

Broyeurs de couleurs.

Fabricants de papiers peints.

— de caries d’Allemagne.

— de cartes glacées,

— de bûches.

— de cosmétiques.

— de soldats de plomb.

Dessinateurs en broderie.

Ouvriers en dentelles.

— en soie.

Couturières.

Ouvriers travaillant à l’alpaga anglais.

Ouvriers travaillant aux boites de conserves do la marine.

Ouvriers des fabriques de plomb de chasse.

Étamcurs.

Fondeurs de caractères.

Imprimeurs.

Lapidaires.

Tailleurs et polisseurs do cristaux.

Ouvriers des manufactures de glaces.

Potiers de terre.

Faïenciers.

Porcelainiers.

Verriers.

Vitriers.

Fabricants de poteries d’étain.

— d’émaux de toute nature.

Ouvriers travaillant à la contreoxydation du feu.

Fabricants de verre mousseline.

Doreurs sur bois et sur laque.

Teinturiers employant le sucre de plomb.

l'LOMÜ.

Ouvriers Ira vaillant aux métiers à la Jacquart.

Chauffeurs et mécaniciens.

Carileurs do crin.

Tisseuses de coton.

Dévideuses de laine colorée en orange.

Pharmaciens.

Gantiers.

Parfumeurs.

Ceinturonuiers.

Aflineurs.

Martelcurs de plomb.

Fondeurs de plomb.

— de cuivre.

— de bronze.

Ferblantiers, bijoutiers, joailliers.

Orfèvres.

Le plomb pénétre dans l’organisme par quatre voies : le tube digestil, les voies aériennes, la peau, les muqueuses. Dès qu’il est absorbé, il se mêle momentanément au sang, une partie est plus ou moins vile expulsée par les divers émoncloires, 1 autre se fixe dans lcs tissus (l'oie et tissu osseux). Il s élimine par le loie et sut lout par les reins, d'où albuminurie saturnine (Ollivier), il se produit une néphrite interstitielle atrophique qui, d'après Gubler, serait consécutive à 1 altération primitive du sang. Les effets constatés dans l’intoxication chronique sont les suivants :

Du côté du système circulatoire : Les globules du sang sont moins nombreux, mais plus résistants et plus volumineux, le cœur est souvent atteint dans sa fibre musculaire, la systole est modifiée, le tracé sphygmographique montre que la pulsation est tricrote ou polycrote ; la tunique musculaire des petits vaisseaux est dans un état semblable, aussi la peau des saturnins est pâle et anémique, sans sueurs; peut-être en est-il de même dans les veines profondes des membres, ce qui occasionnerait les douleurs arthralgiques ou myalgiques.

Du côté des voies digestives : Dans la bouche, liséré saturnin, des plaques ardoisées ou noirâtres que Gubler appelle le tatouage des lèvres et des joues; troubles dans les tondions digestives, anorexie, constipation, souvent oo iques, dyspepsie, action sur le foie (il s’y concentre dès le début, d après Cl. Bernard; M. Potuin a signalé dans cet oigane des variations de volume qui aboutissent à une rétraction permanente quand l’individu est cachectique).

Du Côte du poumon : Un asthme saturnin aigu ou chro-

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