FRÉQUENCE DE L'INFANTICIDE
struction les moyens de déférer à la juridiction correctionnelle des infanticides auxquels les conditions de leur perpétration auraient sans nul doute assuré l’impunité. Et ce qui donne une certaine force à cette hypothèse, c'est que les tribunaux correctionnels ont jugé à partir de 1865 de moins en moins d'homici les involontaires d’enfants nouveau-nés par leurs mères, délit sous la qualification duquel on correctionnalisait auparavant les infanticides II convient de ne pas laisser sous silence les meurtres, les assassinats et les empoisonnements d'enfants en bas âge par leurs père et mère. 11 en a été jugé 70 de 1876 à 1880. Les parents légitimes, pour se débarrasser de leurs enfants, ont plutôt recours à ces trois crimes qu’à 1 infanticide. Sur les 70 crimes dont nous venons de parler, 32, près de la moitié, ont été commis sur des enfants légitimes, tandis que la proportion de ces enfants, victimes d’infanticides, n’est que de 6 pour 100, soit moins d'un seizième du nombre total. »
Ajoutons enfin, d’après les statistiques de Taylor en Angleterre, de Casper à Berlin et de Tardieu à Paris, que dans les capitales, et peut-être dans toutes les grandes villes, les autopsies des nouveau-nés forment à elles seules le quart de toutes les autopsies légales.
Comme nous l’avons déjà dit, l’infanticide étant le meurtre, c’est-à-dire l’homicide volontaire d’un enfant nouveau-né, l’expert aura donc à rechercher despreuves de la vie de l’enfant au moment où il a été homicidé et les blessures ou moyens employés pour donner la mort.
D’après Tardieu, on peut diviser en six groupes les points principaux à éclaircir. Il faut : 1° établir l’identité de l’enfant nouveau-né; 2° montrer qu’il a vécu; 5° établir les causes de la mort; 4“ l’époque de la mort; 5° les conditions physiques et morales dans lesquelles se trouve la femme accusée d’infanticide; 6° établir les circonstances du fait.
Nous ne pouvons adopter une pareilledivision, ayant
PREUVES DE LA VIE DE L'ENFAîiT.
déjà, dans deprécédents chapitres, réponduà quelquesunes de ces questions. Dans tes expertises, nous distinguerons : 1° les questions relatives à la mère ; nous les avons vues précédemment à propos de la grossesse et de l’accouchement; 2° les questions relatives à l'enfant; celles-ci peuvent être réduites à trois :
L’enfant est-il nouveau-né ?
A-t-il vécu?
Quelles sont les causes de la mort?
Nous avons déjà étudié les caractères qui permettent d’affirmer qu’un enfant est nouveau-né; il ne nous reste plus qu’à donner les preuves de la vie del’enfant elles causes de sa mort.
PREUVES DE LA VIE DE l’eNFANT.
Il n’est pas nécessaire, pour établir l’infanticide, de savoir combien de temps un enfant a vécu, mais seulement s'il était vivant au moment où le crime a été commis.
Les preuves de la vie du nouveau-né sont données par deux sortes de signes : les uns montrent que l’enfant a respiré, les autres qu’il y a eu circulation du sang et, dans les cas de blessure, coagulation du sang extravasé. Chez des nouveau-nés faibles, la respiration s’établit difficilement et il est alors nécessaire d’étudier la circulation sanguine. La preuve la plus importante est fournie par l’examen de l’appareil respiratoire. Il y a deux sortes de recherches : l 'examen physique des poumons, la docimasie hydrostatique.
Tardieu a montré qu’il n’y avait pas de signes précis à tirer du volume du thorax. En général, si l’enfant a respiré, il est bombé, sonore, le ventre et l’ombilic sont saillants. On procédera à l’examen despou-