‹ Précis de médecine judiciaireChapitre 208 sur 237 · PREUVES · texte numérisé non relu

PREUVES

les gaz, et les morceaux de poumon tombent au fond du vase. Au microscope, on pourrait constater que les gaz se Irouvent en dehors des vésicules. D’une manière générale, les poumons qui n’ont pas respiré se putréfient très lentement et ne surnagent que grâce aux parties environnantes gonflées par la putréfaction : débarrassés de celles-ci, ces poumons tombent ordinairement au fond de l’eau.

Quant à l’insufflation naturelle, nous n’en parlons que pour mémoire; il est bien évident que celte opération suppose l’assistanceelles soins empressésqu’on ne trouve pas dans les circonstances ordinaires de l’infanticide Les poumons insufflés ressemblentparfois aux poumons qui ont respiré. Mais on constate à la coupe et à la pression sous l’eau que le sang n’y est pas parvenu. Rarement l’insufflation est complète, elle ne s’est faite que par flots pulmonaires et il y a des déchirures de vésicule. Ajoutons, pour éviter toute confusion, que l’état de congélation des poumons ou leur macération dans l’alcool favorisent la surnatation.

Si les poumons ne surnagent pas, cette augmentation de densité peut tenir à trois causes : i° à la non-respiration; 2° au ramollissement putride des poumons, réduits alors à une pulpe putride ; 5° à certaines maladies pulmonaires telles que l’hépatisation ou l’atélectasie. Celte hépatisation porte plus particulièrement sur certains lobes, et cette différence de densité permet de trouver la véritable cause.

Mais la non-surnatation des poumons ne permet pas à elle seule d’affirmer que ces poumons n’ont pas appartenu à des enfants nés vivants ou ayant faiblement respiré. Tous les auteurs ont en effet prouvé l’existence de la vie sans la respiration chez des avor-

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