ADMINISTRATION DE LA JUSTICE
Nous en avons dil assez pour montrer au médecin la marche ordinaire des procès dans lesquels il peut avoir à intervenir. Ces détails auront en même temps fait connaître les véritables garanties et les nombreuses formalités dont la loi entoure tout accusé.
Le fonctionnement de la justice connu, tâchons d’établir le rôle du médecin expert. C’est montrer le domaine de la médecine judiciaire et faire voir les qualités de celui qui la pratique.
Les opinions de l’expert doivent être indépendantes des lois et de l’arbitraire et n’avoir pour base que la nature des faits*. Ce sont des faits qu’il a mission de rechercher et d’exposer au magistrat chargé de les interpréter dans le sens de la loi.
D’après Malle, le corps du délit trouvé, on peut ne pas borner là ses recherches, mais aller au delà ou de côté, profiter des faits inattendus pour susciter à la justice des présomptions différentes de celles qui ont motivé le mandat en vertu duquel le médecin opère. Ce sont là des conseils dangereux à donner aux jeunes médecins. Il faut être fort habile pour ne pas, avec une pareille méthode, empiéter sur le terrain exclusivement réservé aux magistrats, et il est toujours pénible pour le médecin de se le faire rappeler. Nous nous contentons pour la médecine du rôle subalterne d’auxiliaire de la justice. Medicina ancilla justitiœ, dironsnous volontiers en celte circonstance. C’est d’ailleurs le rôle -qui lui est indiqué par la loi, et jusqu’à ce que celle-ci soit changée, il faut l’exécuter. En un mot, le médecin n’est ni juge ni juré et on ne saurait assez
1 L’exercice de la médecine judiciaire en France, elc., par Henry Coutagne. (Archives de l'anthropologie criminelle, »° I, 1886.)