BRULURES PR0DU1T£S PENDANT LA VIE
victime peut succomber aussi dans ces cas à l'absorption de gaz toxiques, particulièrement de Toxyde de carbone qui a été retrouvé plusieurs fois dans le sang des personnes ayant péri dans un incendie, sans avoir été atteintes de brûlures ou d'autres blessures,
I II. — Brûlares produites pendant la vie on la mort.
Pour reconnaître si une brûlure a été produite pendant la vie, on se base sur les caractères suivants.
Au niveau de la brûlure, il existe souvent de la rougeur et une vive injection vasculaire de la peau et du tissu cellulaire sous-jacent. A Toeil nu on aperçoit un réseau de vaisseaux injectés, et Texamen microscopique montre que tous les capillaires sont remplis de globules rouges adhérents entre eux et comme soudés. Cet aspect de la peau indique en effet généralement que la brûlure a été faite pendant la vie ; il pourrait cependant se produire également après la mort si la brûlure portait sur une partie déjà hyperémiée du cadavre : dans les points déclives où existe rhypostase, par exemple.
La présence d'un liseré rouge plus ou moins large autour de la brûlure prouve nettement que celle-ci a été faite pendant la vie. Malheureusement cette rougeur disparaît très souvent après la mort, et d'autant plus facilement que le sujet a survécu moins longtemps *. Dans certains cas cependant elle reste fort accentuée. Nous avons vu un enfant de 2 ans, soigné à Thôpital pour une broncho-pneumonie avec pleurésie purulente, qui fut plongé dans un bain beau-
1. Christison a résumé ainsi ce qui est relatif à la congestion de la peau produite parles brûlures: « l** Toute brûlure superficielle est immédiatement suivie d'une rougeur qui s'étend à une grande distance du point brûlé ; elle disparaît par une pression légère» se dissipe en peu de temps, et ne persiste pas après la mort; 2^ si la brûlure est plus profonde, comme celle qui résulte de l'application d'un cautère actuel, il se manifeste, outre la rougeur dont je viens de parler, et autour du point brûlé, un cercle rouge ne disparaissant pas par la pression du doigt, en sorte qu'd semble que In sang soit incorporé avec le tissu de la peau : cette ligne rouge est séparée de l'escarre par une ligne d'un blanc mat. »
Bouchut a montré que chez les individus très affaiblis, dans l'agonie qui termine certaines maladiesj la brûlure pouvait ne produire aucune rougeur de la peau.
BRULUAES
coup trop chaud. Il en fut retiré presque aussitôt et mourut quelques instants après. Au moment de Tautopsie, tout le corps jusqu'aux aisselles présentait une rougeur uniforme, un peu plus marquée sur les membres inférieurs et contrastant avec la pâleur des parties restées hors de Teau: la démarcation se faisait par une ligne nette. La rougeur manquait seulement aux aines^ au creux poplité gauche, sur une partie de la face postérieure de la cuisse et de la jambe droites, régions qui se trouvaient sans doute protégées du contact de l'eau chaude parla flexion des membres. Sur les autres parties, la rougeur occupait non seulement la peau mais aussi le tissu cellulaire sous-cutané.
Les brûlures produisent dans certains cas (surtout quand elles résultent de Taction de la flamme et de liquides chauds) des ampoules ou phlyctènes de dimensions variables, et contenant du sérum plus ou moins sanguinolent.
La présence de ces phlyctènes constitue une bonne preuve que la brûlure a été faite pendant la vie, La valeur du signe n'est cependant pas absolue, car il peut se rencontrer aussi dans les cas suivants.
En premier lieu, il est probable que les phlyctènes peuvent encore se produire dans les premiers instants qui suivent la mort. C'est ainsi qu'Hofmann cite (d'après Duvernay) le cas d'un homme qui s'était tiré dans la poitrine un coup de feu ayant occasionné la déchirure du cœur et de l'aorte, et par conséquent une mort immédiate, et qui cependant avait sur le cou de grosses phyctènes produites par la combustion des habits qui avaient pris feu. Taylor a vu aussi ces phlyctènes chez un noyé qu'on avait placé dans un bain trop chaud, pour le ranimer, alors qu'il était déjà mort. Wrigt a obtenu des phlyctènes sur un membre amputé, quatre minutes après la séparation du tronc.
D'un autre côté, ainsi que l'ont montré d'abord Leuret et Champouillon, la chaleur agissant sur les cadavres infiltrés, et au niveau des parties œdématiées, peut amener aussi la formation de phlyctènes, même très longtemps après la mort, et quand la putréfaction est commencée^.
1. Sur le cadavre, les phlyctènes exigent une chaleur plus grande