‹ Précis de médecine légaleChapitre 123 sur 410 · QUESTIONS RELATIVES A L*HOMICIDE · texte numérisé non relu

QUESTIONS RELATIVES A L*HOMICIDE

reproduisons que sous toutes réserves. Un coup de couteau (suicide) « avait traversé le jéjunum, ouvert la veine cave en trois endroits, blessé le foie, traversé le diaphragme, le péricarde et le ventricule droit, divisé l'aorte ; Tarme avait été évidemment enfoncée et retournée dans différentes directions. Pendant près de trois heures, ces nombreuses blessures ne déterminèrent aucun accident, et le chirurgien de rhôpital émit Topinion que la plaie n'était point pénétrante. La mort eut lieu instantanément*. »

Il est certain que la blessure des gros vaisseaux laisse parfois une certaine survie. Tourdes cite les cas d'un homme qui, après section de la carotide, put descendre un escalier et faire quelques pas ; d'un autre qui avait eu la veine cave inférieure traversée par une balle de revolver et qui ne mourut qu'au bout de dix minutes. Une femme, après avoir eu la carotide et la jugulaire sectionnées, put encore parcourir une distance de 23 yards (Amos, cité par Hofmann).

Les plaies du cœur sont bien loin d'entraîner toujours une mort immédiate, même quand elles ont perforé assez largement un ventricule ou une oreillette. Le fait est plutôt exceptionnel ^. Il peut même arriver que la blessure n'entraîne pas immédiatement de troubles très graves. Ainsi nous avons fait l'autopsie d'un homme qui avait eu le ventricule gauche perforé par une balle de revolver. Après avoir reçu cette blessure dans une chambre au rez-dechaussée, cet homme lança à la tête de son adversaire une

i. Brierre de Boismont, Suicide et folie suicide. Paris, 1856.

2. Fischer {Langenbeck's Archiv, fur kiinische Chirungie, IX) a réuni 452 cas de plaies du cœur, parmi lesquels 104 seulement (26 0/0) ont entraîné la mort immédiatement, et 72 ont été suivis de guérison.

Loison (Blessures du cœur et leur trailement,in Hevue de chirurgie 4899) donne la statistique suivante :

23 blessures par aiguilles : 9 guérisons ; parmi les morts 9 avec une survie de 13 heures à 22 mois ; — 90 blés, par instrument piquant et tranchant : 11 guérisons dont une seule sans intervention chirurgicale • parnai les morts, 29 avec une survie de plusieurs jours. 10 avec une survie de un mois à plusieurs années ; — 110 blés, par arme à feu • 3 guérisons. toutes après intenention chirurgicale ; 35 morts après une semaine à un an, 5 morts après plusieurs année»; 50 contusions thoraciques: 3 guérisons complètes. 11 guérisons avec lésions organiques (le plus souvent d'orifices) ; 36 morts dont 3 après un an.

Page 1