ACTES PHYSIOLOGIQUES ACCOMPLIS AVANT LA MORT
lampe qui alluma un commencement d'incendie ; il alla emplir lin seau d'eau dans la cour, le jeta sur le feu qu'il éteignit, et s'étendit ensuite sur son lit où il mourut bientôt après.
§ VII — Combien de temps avant la mort la victime avait-elle accompli certains actes phy siolog^iqnes ?
On demande souvent au médecin combien de temps après son dernier repas une personne a succombé : on espère déterminer ainsi le moment où Thomicide a été commis. Malheureusement, il est très difficile de répondre avec précision à cette question, parce que Ton est loin de savoir exactement quel temps est nécessaire pour la digestion des divers aliments, que ce temps, du reste, varie notablement suivant les individus et qu'il est probable qu'une fois la digestion commencée, elle continue, jusqu'à un certain point, après la mort. Toutefois, suivant que l'estomac est rempli d'aliments, ou qu'il ne contient qu'une petite quantité de matières alimentaires profondément modifiées, ou enfin qu'il est vide, on peut dire que la digestion était à peine commencée, ou déjà très avancée ou tout à fait terminée, et ces indications approximatives peuvent encore être très utiles.
On demande quelquefois aussi quels ont été les aliments pris au dernier repas. Il est en général facile de faire cette reconnaissance par le simple examen à l'œil nu ; on distingue ainsi les diverses espèces de viande et de légumes ; quelquefois, l'examen microscopique est nécessaire, et il donne entre les mains des experts compétents, dont on doit réclamer alors le concours, des résultats très précis. Le vin disparaît rapidement de l'estomac, mais il laisse sa matière colorante qui imprègne les aliments avec lesquels il est resté en contact.
L'ingestion de certaines liqueurs est souvent reconnue par leur odeur spéciale qu'on retrouve soit dans l'estomac, soit dans les poumons, le foie ou le cerveau.
Dans deux cas, on nous a demandé si la victime avait été tuée au moment où elle venait d'uriner, car on suppo-
298 QUESTIONS RELA.TIVES A L*HOMIGIDB
sait qu'elle avait été surprise à ce moment. Dans un autre cas, on supposait qu'un soldat avait été tué au moment où il finissait de se rhabiller après avoir déféqué. Cette hypothèse n'était pas fondée, car il existait de Turine dans la vessie et des matières fécales demi-molles dans le rectum. Il faut se rappeler à cet égard que la défécation n'expulse pas toujours la totalité des matières contenues dans le rectum, mais qu'elle s'accompagne presque toujours de l'évacuation de la vessie.
§ VIII. — En quel endroit la victime a-t-elle été fk*appée?
Cette question est quelquefois résolue par l'examen des lieux, examen qui sous certains rapports, et notamment au point de vue de la recherche des taches de sang, est de la compétence médicale. Le médecin est en effet plus apte qu'un magistrat ou qu'un agent de police à reconnaître certaines taches de sang et surtout à en interpréter la disposition.
Beaucoup de taches sanguines échappent à une investigation superficielle ; il en est ainsi de celles qui siègent sur les étoffes ou d'autres objets de nuance sombre et qui souvent apparaissent mieux à la lumière artificielle qu'à celle du jour. On trouve quelquefois du sang en des endroits inattendus : au plafond d'une chambre par exemple. Taylor en a reconnu sur les poils d'un chien qui était dans la chambre au moment du crime. L'examen exige surtout beaucoup de soin quand il est fait tardivement et que des lavages ont été pratiqués. Dans ces circonstances, on retrouve encore du sang, notamment dans les fentes du parquet ou du carrelage, au-dessous du plancher où l'eau de lavage a pénétré sans laisser de traces à la superficie.
Quand la victime succombe à l'endroit même où elle a été frappée, le sang se trouve uniquement au voisinage immédiat du corps, sauf les éclaboussures et les gouttelettes qui peuvent résulter d'un jet artériel. Ces gouttelettes sont arrondies et entourées dans tous les sens de fines éclaboussures si le jet a rencontré perpendiculaire-