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ACCIDENTS DE CHEMIN DE FËR

sées plus OU moins grièvement. Nous avons examiné toutes Jes victimes de ces deux accidents.

Les blessures sont produites suivant divers mécanismes. Tantôt les voyageurs sont projetés contre les parois des wagons, ou les uns contre les autres ; on observe souvent alors, outre des blessures de tous genres, des fractures compliquées de plaies des membres inférieurs, qui sont venus heurter contre les banquettes. Tantôt le wagon est brisé et les personnes qu'il contient sont écrasées par ses débris ou atteintes par ceux-ci lancés avec force ; on observe ordinairement dans ces cas des violences énormes, des broiements de la tête ou des membres, Touverture du tronc, des déchirures multiples et étendues du foie, du cœur et des autres organes internes. Quelquefois aussi on n'aperçoit sur les cadavres aucune plaie extérieure, ni contusion grave. — Le mécanisme de Tébranlement du corps, que nous avons décrit page 321 , intervient souvent aussi dans ces cas ; il produit des lésions des organes internes, sans blessures extérieures, lésions non pas toujours énormes comme dans les cas de chute de haut, mais permettant la survie et souvent la guérison.

Il est à remarquer que les diverses personnes qui se trouvent dans un même compartiment peuvent être très inégalement atteintes. Lors de l'accident de Charenton, une famille occupait un compartiment d'un même wagon : un enfant et une domestique furent tués sur le coup ; le père eut une forte contusion du genou ; un autre enfant n'eut aucune blessure ; un troisième enfant fut atteint de contusions légères, ainsi que la mère qui était enceinte de plusieurs mois, et dont la grossesse continua.

A part les premiers phénomènes de la commotion, l'énormité de la violence ne paraît pas en général exercer une influence sur révolution des plaies et des fractures. Chez les victimes des catastrophes de Charenton et de Saint-Mandé, la plupart des blessures des membres guérirent dans les délais normaux ; chez un homme dont on dut amputer la cuisse à la partie supérieure, la cicatrisation fut même remarquablement rapide et exempte de toute complication.

Mais des troubles fonctionnels graves peuvent être la

conséquence de la contusion ou de la commotron des organes internes*. C'est ainsi qu'on voit chez des individus atteints de contusion du thorax, avec ou sans fracture de côtes, survenir des hémoptysies persistantes, de l'oppression, de la dyspnée, de la toux. Il est à noter d'une part que ces troubles n'apparaissent pas toujours immédiatement» du moins avec la gravité qu'ils auront ensuite (c'est ainsi par exemple que dans un cas la première hémoptysie s'est produite deux semaines après l'accident) et d'autre partque ces symptômes, alors même que leur réalité est indiscutable, ne trouvent pas constamment leur explication dans des lésions des poumons ou du cœur appréciables à l'auscultation et la percussion.

Quelquefois on observe des entérorragies, des gastrorragies persistantes, avec des troubles digestifs graves ; vomissements, violente gastralgie, dyspepsie. Ici encore, il arrive parfois que les symptômes, d'abord assez légers, augmentent graduellement et n'atteignent tout leur développement qu'après plusieurs semaines.

Ces faits sont importants à connaître parce qu'ils montrent que si l'expert doit toujours se tenir en garde contre la simulation et les exagérations des blessés, il ne faut pas non plus qu'il méconnaisse la réalité de certains troubles fonctionnels, ou qu'il les attribue, sans preuves convaincantes, à une autre cause qu'à l'accident.

Mais ce qui doit être signalé surtout à l'attention du médecin, c'est que chez les personnes qui ont été victimes d'accidents de ce genre il peut se développer, plus ou moins rapidement, des troubles du système nerveux qui constituent une maladie souvent grave, tenace, et parfois incurable : la névrose traumatique.

§ V. — De la névrose traumatique.

Le traumatisme peut provoquer diverses affections classiques du système nerveux. Mais ce qu'il provoque d'une

1. Vibert, Elude médico-légale sur les blessures produites par les accidents de chemins de fer. Paris, 1888, J.-B. Baillière et fils. — La névrose traumatique. Paris, 1893.

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