V338 BLESSURES NON MORTELLES
si elle est supérieure ou non à ce chiffre. Pour faire une évaluation équitable, il est bon, à notre avis, d'oublier momentanément qu'on est en présence d'un plaignant, de supposer qu'on est consulté, non pas à titre d'expert, par un blessé atteint accidentellement, qui est pressé de reprendre son travail, et qui demande dans combien de temps il pourra le faire sans imprudence et sans crainte de compromettre sa guérison. En partant de cette donnée, on reste, croyons-nous, dans la vérité et dans l'esprit de la loi, bien qu'en fait les conclusions du rapport soient quelquefois contestées ou reçoivent un démenti apparent. Ainsi une personne aisée attendra avant de reprendre ses occupations que tous les troubles fonctionnels aient complètement disparu, que les divers mouvements n'occasionnent plus aucune douleur, et quelquefois elle protestera contre l'évaluation de Texpert qu'elle trouve insufGsante. A cela, il faut répondre qu'on a déterminé une incapacité de travail, et non pas le temps pendant lequel peut subsister une certaine gêne des mouvements, ou des troubles légers de la santé. Au contraire, un malheureux dénué de ressources et pressé par le besoin reprend son travail dès qu'il n'y trouve pas d'obstacle insurmontable, avant que des plaies souvent profondes ne soient cicatrisées ; il s'expose ainsi à des complications graves et retarde le moment de la guérison définitive. Quelque court qu'ait été le repos pris par lui, nous pensons que l'expert doit cependant déclarer, en se servant du critérium indiqué plus haut, que la blessure était de nature à entraîner une incapacité de travail déplus de vingt jours.
Que-Iquefois les blessures sont relativement légères et se cicatrisent en peu do temps, mais elles laissent un état général qui prolonge l'incapacité de travail. Il en est ainsi (juand il est survenu des hémorragies abondantes, par exemple à la suite de plaies du cuir chevelu ou d'un vaisseau d'un certain calibre ; la nature des symptômes accusés par le blessé : vertiges, tintements d'oreille, éblouissements, palpitations de cœur, etc., ainsi que la pâleur des muqueuses montrent que les allégations sont véridiques. Dans d'autres cas, les violences subies et aussi l'émotion