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INFLAMMATION DE LA VULVE

violacées ou d'un rouge vif, et souvent accompagnées d'au* 1res marques de violence.

Les excoriations et les érosions sont très souvent la conséquence naturelle d*une inflammation de la vulve, surtout quand cette inflammation est accompagnée d'un écoulement assez abondant ; elles peuvent être aussi le résultat d'un herpès. Mais il est certaines érosions qui sont tout à fait caractéristiques; ce sont celles produites par des coups d'ongle, qui se présentent sous la forme de petites plaies linéaires et curvilignes représentant l'empreinte unguéale, ou sous forme d'égratignures plus ou moins irrégulières.

Enfin les véritables plaies qui siègent surtout sur l'hymen, près du clitoris, ou à la.face interne des petites lèvres, sont faciles à distinguer, et sont toujours le résultat d*un traumatisme ; il faut éviter cependant de prendre pour des plaies les ulcérations et les pertes de substances résultant d'un processus pathologique ; c'est là un point qui a été indiqué (p. 373).

t I. — Inflammation de la vulve.

La vulvite ou vulvo-vaginite a une grande importance dans la pratique médico-légale. Très souvent en effet c'est la constatation de la vulvite qui est le point de départ d'une accusation de viol ou d'attentat à la pudeur. Les parents^ en s'apercevant que leur enfant est malade, soupçonnent qu'elle a été victime d'un attentat ; ils la pressent de questions, la menacent de la punir si elle ne dit rien, promettent le pardon si elle veut tout avouer. La petite fille, pour échapper aux punitions, pour plaire à ses parents, pour se rendre intéressante, fait un récit mensonger, dont les éléments lui sont fournis par l'interrogatoire môme qu'elle subit ; elle désigne comme coupable une des personnes dont on lui a cité les noms, et les parents restent persuadés de la véracité de son récit qu'ils ont suggéré inconsciemment. L'enfant soutient ensuite fidèlement le mensonge qu'elle a adopté, auquel elle finit parfois par croire ellemême. Quand on a pratiqué quelque temps la médecine légale, onala conviction et parfois la preuve que leschoses ViBBnT. Médecine légale. 7« édit. 25

se passent très souvent ainsi, et qu'un certain nombre d'accusations n'ont pas d'autres fondements. Astley Cooper avait signalé déjà cette source d'erreurs graves* ; d'autres auteurs, et notamment le professeur Brouardel^ ont in* sisté aussi sur ce point. II ne paraît pas que les médecins soient tous pénétrés de cette notion, car quelques-uns encore n'hésitent pas à déclarer qu'une enfant a été victime d'un attentat, en se basant seulement sur l'existence d'une vulvite.

Cette aflTection s'observe cependant chez un très grand nombre de petites filles qui n'ont certainement pas été victimes d'attentat.

Il y a lieu de distinguer, au point de vue médico-légal, trois sortes de vulvo-vaginite ; la v. spontanée, la v. traumatique, la v. blennhorragique transmise par un viol ou un attentat à la pudeur.

1. « n y a, dit Astley Cooper, une circonstance sur laquelle je tiens particulièrement à insister, je veux parler de l'écoulement chez les petites filles, et j'espère qu'il n'y a personne ici ce soir qui ne sera fortement impressionné par l'importance de la question. Les enfants âgés d'un an et même moins, jusqu'à la puberté, sont fréquemment exposées à un écoulement purulent de la vulve, prenant son origine au-dessous du prépuce clitoridien. Les nymphes, l'origine du vagin et le méat urinaire sont en état d'inflammation et laissent suinter de la matière purulente. Le linge du Ut en esl imprégné. De temps en temps, il arrive qu'une femme nerveuse s'alarme à cette découverte, et qu'elle soupçonne son enfant d'avoir mal agi : elle va trouver un médecin qui, par malheur, peut ne pas connaiti*e la maladie dont je parle, et qui dira : Votre enfanta un écoulement. Je puis vous assurer que nombre de gens ont été pendus par suite d'un pareil malentendu. Je vais vous dire ce qui arrive en pareille circonstance. La mère retourne chez elle et dit à l'enfant : Qui a joué avec vous? Qui vous a prise sur ses genoux récemment ? L'enfant répond dans son innocence : Personne, mère, personne, je vous assure. La mère alors : Oh! ne me dites pas de pareils mensonges, je vous fouetterai si vous continuez. Et aloi-s l'enfant estamenôe à confesser ce qui n'est jamais arrivé, pour se sauver du châtiment ; elle dit enfin: Un tel m a prise sur ses genoux. L'individu est questionné et nie énergiqueraent. Mais l'enfant, croyant aux menaces de sa mère, persiste dans son dire; Ihomme est conduit en justice ; un médecin qui ne connaît pas bien l'écoulement dont je parle donne son témoignage et l'homme est puni pour un crime qu'il n'a pas commis. La mère est persuadée, s'il y a une légère ulcération sur les parties génitales, que la violence a été employée et un viol accompli. »

:2. Brouardcl, les Causes d'erreur dans les expertises relatives aux attentats à la pudeur (Société de mèd. lég., séances des 11 juin et 9 juillet 1883). —Tirage à part, J.-B. Baillière et fils, 1884, m-8,60 p.

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