INFLAMMATION DE LA VULVE
La vulvo'vaginite spontanée se présente sous deux aspects différents. Tantôt elle se manifeste exclusivement par un écoulement muqueux, blanchâtre, leucorrhéique ; ce sont les flueurs hlanchesy analogues à celles de la femme et qui paraissent sous la dépendance d'un état constitutionnel (lymphatisme, anémie). Cette forme s'observe en effet surtout, mais non exclusivement, chez les petites filles qui ont eu antérieurement de la gourme, des adénites cervicales, delà blépharite ciliaire, des écoulements d'oreille, etc. Elle apparaît quelquefois au moment de la dentition, à l'occasion d'une maladie aiguë, et plus souvent sans cause appréciable.
Mais souvent aussi la vulvo-vaginite spontanée revêt d'emblée, ou après une phase chronique, un caractère plus ou moins aigu. Dans ce second cas, l'écoulement est formé par du muco-pus quelquefois liquide, quelquefois épais, tenace, visqueux, adhérant à la peau sur laquelle il torme des croûtes ; la muqueuse est d'un rouge ordinairement peu vif, quelquefois même elle est pâle ; l'enfant ne souffre que peu ou pas. Dans le premier cas, il y a un écoulement d'une quantité ordinairement abondante de muco-pus ou de pus jaune ou verdâtre, bien lié ; la muqueuse vulvaire est très rouge, un peu tuméfiée, souvent dépouillée par places de son épithélium, de façon à présenter des excoriations et des érosions superficielles, irrégulières, p)us ou moins étendues ; la vulve est le siège de douleurs qui augmentent beaucoup pendant la marche et surtout pendant la miction. Les grandes lèvres sont souvent œdémateuses, la peau qui les recouvre, ainsi que celle du périnée et de la face interne des cuisses, peut être rouge et recouverte de croûtes plus ou moins adhérentes. On trouve ordinairement des ganglions tuméfiés, et un peudouloureux au toucher.
L'examen bactériologique montre qu'en pareil cas l'écoulement contient ordinairement des gonocoques. Nousmême avons constaté ce fait depuis longtemps ^ ; mais nous
i. Vibert et Bordas, Le gonocoque en médecine légale {Médecine mo^ derne, 1891 ; résumé in Ann, d'hyg, pubL et de méd, lég,, 1891). Depuis, cette époque, tous les travaux faits sur ce sujet, tant en
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avons tiré de celle élude la conclusion que la présence da gonocoque n*avail au point de vue médico-légal qu^une importance très relative. En effèl, nos recherches onl porté sur des petites filles soigneusemenl choisies comme n*avant pu être contaminées à la suite d'un attentat, car pour toutes rhomme désigné par elles comme le criminel était parfaitement sain. Ces vuivo-vaginites méritent donc Tépithète de gonococcique, et même, si Ton veut, de blennorrhagique, à la condition que cette dernière appellation n'implique pas forcément Tidée de transmission par un acte vénérien.
Ces vulvites à gonocoques ou à pseudo-gonocoques seraient toujours le résultat d'une contagion, d*après les idées actuellement régnantes. Cette contagion paraît certaine dans certains cas où la vulvite revêt un caractère d'épidémie limitée à un groupe de petites filles vivant en commun. Pour les autres cas, on invoque la contagion médiate qui, d'après certains auteurs, se ferait très facilement, i»ar exemple par rintermédiaire de linges ou d'objets de toilette, et même par la fréquentation de piscines publiques. Nous devons dire cependant que nous n'avons pas souvent réussi à trouver une explication plausible de contagion pour la plupart des vulvites que nous avons constatées. — Aussi persistons-nous à les qualifier de spontanées dans nos rapports médico-légaux.
Vulvite traumatique. — Il peut arriver que des violences, même considérables, soient exercées sur les parties génilnlos sans qu'il se développe de vulvite. Nous avons vu plusieurs fois des déchirures de Thymen, et même de la fourchette et du périnée, se cicatriser en n'entraînant qu'un peu d'inflammation des lèvres de la plaie, le reste de la vulve restant tout à fait sain. Mais d'autres faits montrent la possibilité d'une vulvite tra jmatique. Il semble, et c'est l'opinion de divers auteurs, que celle vulvite traumatique n'apparaît qu'un certain temps après que les attouchements ont été exercés ; la rougeur et la douleur de la vulve se
Prante (ju a rtUranger. ont montré que la très grande majorité des vulvites non vénériennes des petites filles étaient des v. gonoccociques.
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manifesteraient au bout de quelques instants, mais Técoulement ne commencerait qu^après deux ou trois jours. Toutefois cette règle est loin d'être appuyée sur des données certaines, et elle comporte peut-être de nombreuses exceptions.
Une fois constituée, la vulvite traumatique ne diffère en général par aucun caractère essentiel de la vulvite spontanée aiguë ; elle peut d'ailleurs passer à Tétat chronique, surtout chez les petites filles lymphatiques ou mal soignées. Cependant, l'inflammation ne se manifeste, quelquefois, que par la rougeur, la tuméfaction et Tendolorissement de la vulve, et elle disparaît au bout de quelques jours sans avoir occasionné d'écoulement ou n'ayant donné lieu qu'à une sécrétion muco-purulente, extrêmement minime* Cette forme que nous avons suivie pendant toute son évolution chez des enfants et des adultes qui avaient subi des violences non douteuses, et parfois considérables, nous parait appartenir assez souvent à la vulvite traumatique.
En réalité, on ne peut établir le diagnostic médico-légal entre la vulvite spontanée et la vulvite traumatique .qu'à l'aide de circonstances accessoires. Quelquefois, par exemple, on trouve là trace des violences qui ont été exercées sur les organes génitaux : plaies, écorchures, ecchymoses. Dans d'autres cas, en examinant la chemise portée par l'enfant, et qui souvent lui a été retirée le jour même ou le lendemain du jour où le crime aurait été commis, on la trouve couverte d'une quantité si abondante de taches qu'il est évident que l'écoulement existait auparavant et que, par conséquent, il n'a pas été occasionné par les attentats allégués.
Mais ce sont là des circonstances exceptionnelles ; le plus souvent la constatation d'une vulvite ne permet par ellemême aucune conclusion précise ; pour notre compte, dans la plupart des cas de ce genre qu'il nous a été donné d'observer, nous avons été obligé de formuler notre conclusion de la façon suivante : « IJenfant est atteinte d'une vulvite ; cette vulvite a puêtreprovoquéepar des attouchements, mais comme elle a pu aussi se développer spontanément^ on
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ne saurait la considérer comme la preuve certaine des aHentals allégués, >
Pour la vulvite hlennorrhagique nous renvoyons à l'article ci-dessous.
On comprend toute Tiinportance que présente dans les cas de viol ou d'attentat à la pudeur la constatation de taches de sperme sur les vêtements de la victime ou de rinculpé. Tout ce qui concerne la recherche du sperme sera exposé dans un chapitre spécial de la troisième section de ce livre.