‹ Précis de médecine légaleChapitre 206 sur 410 · ARTICLE IL — PREUVES DE LA VIE EXTRA-UTÉRINE DE L'ENFANT · texte numérisé non relu

ARTICLE IL — PREUVES DE LA VIE EXTRA-UTÉRINE DE L'ENFANT

. Cette partie de l'expertise a une importance capitale, car si Tenfant est né mort, l'accusation d'infanticide tombe

.1. Ces données sont coiprunlées à Letoumeau : Quelques observa* tions sur les nouveau-nés^ thèse de Paris^ 1858.

complètement, quelles que soient les charges relevées contre Tinculpée.

La meilleure preuve de la vie extra-utérine est tirée de rétablissement de la respiration. Ce n'est pas la seule, et il y a lieu quelquefois d'en rechercher d'autres, car on verra plus loin que le nouveau-né peut vivre un certain temps sans respirer; mais ce sont là des faits exceptionnels, et dans rimmense majorité des cas, c'est en démontrant que l'enfant a respiré qu'on démontre qu'il a vécu.

Cette démonstration repose sur des caractères ordinairement très nets, tirés de l'état des poumons. La respiration détermine en effet d'ans ces organes des modifications durables, persistant après la mort, et qui les rendent très différents de ce qu'ils étaient auparavant. Ces moditications sont les suivantes.

§ 1. — État des poumons avant et après rétablissement de la respiration.

Volume des poumons. — Tandis que les poumons qui n'ont. pas respiré sont en général peu volumineux, et ne remplissent qu'une partie de la cavité thoracique, après l'établissement de la respiration ces organes présentent des dimensions beaucoup plus considérables ; ils remplissent la poitrine et recouvrent presque toujours en partie le cœur, notamment du côté gauche. Cette différence est très accentuée quand on compare les poumons d'un enfant ayant largement respiré avec ceux d'un enfant qui a succombé quelque temps avant la naissance ; mais s'il s'agit d'un enfant mort pendant l'accouchement, les poumons, bien que ne renfermant pas la "moindre quantité d'air, peuvent, ainsi qu'on le verra plus loin, être très congestionnés et présenter, par suite, un volume assez considérable.

Couleur. — C'est là un caractère qui a peu de signification ; la coloration des poumons qui n'ont pas respiré varie du blanc rosé au rouge foncé, de la même nuance que celle du foie. Après l'établissement de la respiration, les poumons sont ou simplement rosés, ou bien d'un rouge

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