L ENFANT A VECU
Au moins
L*estomac renferme
Au plus
Sou 3
beaucoup d'air, ainsi que
il heures
minutes
du mucus aéré et de la salive spumeuse. Il existe aussi de l'air dans Tintestin.
Au moins
Le cordon présente à sa
Au plus
1 jour
base un commencement de travail d'élimination.
3 jours
Au moins
L'épiderme est exfolié.
2 jours
Au plus 4 jours
Au moins
Le cordon ombilical e^t
4 jours
détaché.
Au plus
Au moins
Les vaisseaux ont quitté
5 jours
5 jours.
l'ombilic.
L'estomac ne renferme que très peu d'air et de mucus non aéré. La peau est recouverte d'enduit sébacé. Le gros intestin est rempli de méconium.
Il y a une bosse sérosafaguine bien limitée et contenant beaucoup de sérum.
Il n'y a pas de traces d*un commencement d'élimination à la base du cordon.
Il y a encore beaucoup de méconium dans le gros intestin.
§ II. — L'enfant a-Ml erlé?
Tous les auteurs admettent que dans Timmense majorité des cas, un enfant vigoureux, dont les poumons ont reçu de Tair dans toutes leurs parties, crie après sa naissance. Si au contraire les poumons ne contiennent de Tair que dans certaines portions, il peut arriver que Tenfant ne crie pa<=5, ou du moins ne fasse entendre que des cris très faibles qui ne sont pas perçus à quelque distance, par exemple par
Casper, Tardieu), cette conclusion est déjà permise quand le point osseux mesure 0 m. 006 ; cette limite est certainement trop faible, et nous-m(5me avons noté plusieurs fois chez des enfants qui Tenaient de naître un diamètre de 8 et 9 millimètres. En s'appuyant sur les données de ces auteurs, le D*" Boyron avait affirmé qu'un enfant dont le corps avait été dépecé, et dont on avait trouvé seulement des fragments, avait vécu, parce que le point osseux du fémur mesurait 9 millimôtres 1/2. La Société de médecine légale, après un rapport du D"" Doscoust, déclara <|ue cette conclusion n'était pas suffisamment fondée (Séance du 8 mai 1S82).
ÉTAT MENTAL DE l'aCCOUCUÊE 529
les personnes, qui se trouvent dans une chambre voisine de celle où a lieu l'accouchement.
g III. — La femme peut-elle être, par le fait
de raccouchement, dans un état mental qui la rende
irresponsable du meurtre de son enfant.
C'est là un argument fréquemment invoqué par les avocats, et quand ils en font usage, ils ne manquent pas de s'appuyer sur l'autorité de Marcé *, qui déclare en effet qu'une femme peut être prise au moment de Taccouchemenl d'un accès de délire pendant lequel elle tue son enfant, après quoi elle recouvre complètement la raison. Cette opinion de Marcé repose sur trois observations, qui ne lui sont pas personnelles, dans lesquelles l'accouchement a été clandestin ; et le meurtre de l'enfant est attribué à la folie de la mère, uniquement parce que celle-ci a fait l'aveu complet de son crime ou qu'elle n'a pris que des précautions très insuffisantes pour le cacher. Marcé cite aussi d'autres cas, qu'il reconnaît extrêmement rares, dans lesquels la femme est prise au moment de l'accouchement d'un délire maniaque qui se manifeste par des tentatives de suicide ou de meurtre de l'enfant, tentatives arrêtées par l'intervention des assistants.
S'il est vrai, ce que personne ne conteste, que l'accouchemçnt occasionne quelquefois un véritable délire, les observations relatées par Marcé ne prouvent pas que ce délire puisse apparaître chez une femme jusque-là parfaitement saine d'esprit, se manifester uniquement par le meurtre de l'enfant, pour disparaître aussitôt après sans laisser de traces. Dans les cas qui ont été bien observés, on voit, au contraire, presque toujours le délire persister pendant quehiues jours, ou au moins pendant quelques heures, et l'on trouve ordinairement dans les antécédents ' de la femme quelque circonstance qui montre que l'excitation causée par l'accouchement a agi comme cause occa-
1. Marcé, Traité de la folie des femmes enceintes, des nouvelles accouchées et des nourrices, Paris, J.-B. Baillièie, 1858.
ViBSRT. Médecine légale, l'' édit. 34