CHAPITRE TROISIÈME
L'examen des cheveux ou des poils a quelquefois une grande importance en médecine légale : tantôt ils se trouvent sur une arme qui a servi à commettre un meurtre ; tantôt la victime, en se débattant, a arraché à son agresseur un certain nombre de cheveux qu'elle a conservés à la main et qui peuvent servir à établir l'identité du criminel ; tantôt la présence des cheveux indique Tendroit où le crime a été commis, etc. L'examen des poils joue quelquefois aussi un rôle dans les expertises relatives au viol, à l'attentat à la pudeur, à l'infanticide ^.
Les principales questions qui peuvent se poser dans ces divers cas sont les suivantes.
S I* — Le<9 poils proviennent-ils d'un être humain ou d'un animal ?
Cette distinction peut être faite quelquefois avec évidence
1. Ann. de la Soc. de Méd, lég. de Belgique, 29 octobre 1906.
2. L'étude dos poils et des cheveux, au point de vue médico-légal, a fait l'objet de divers travaux dont les principaux sont ;
Oesterlen, Das menschliche Haar und seine gerichtsaerlzliche Bedcutung. Tubingen. 1874 (analyse in Annales d'hyg. publ. et de méd, ley,, 2« série, t. XLVIf, p. 381).
Jobannet, Le poil humain, ses variétés d'aspect ; leur signification en matière judiciaire, thèse de Paris, 1878.
Beauregard et Galippe, Guide de t élève et du praticien dans les travaux pratiques de micrographie, Paris, 1880.
Jaumesj De la distinction entre les poils de l'homme et les poils des animaux, considérée au point de vue médico-légal (Paris, J.-B. BailUère, 1882).
Fi^. 62. — Cheveux humains (Alcan, Matières textiles;.
au premier coup d'œil ; les poils présentant des zones de coloration différentes ; les grosses soies du porc, les gros crins du cheval ne seront jamais pris pour des poils humains. Mais les différences sont loin d*ôtre toujours aussi tranchées, et plusieurs fois Ton a commis à ce sujet des erreurs; celles-ci ne peuvent être évitées que grâce à l'examen microscopique.
Si Ton examine à un grossissement de 200 diamètres un cheveu, comme type du poil humain *, on peut le considérer comme formé :
1« d'une cuticule constituée par des cellules plates, imbriquées, dont les contours forment une mosaïque plus ou moins apparente ; 2^ de la substance corticale qui forme la plus grande partie du poil; elle contient la matière colorante qui Timprègne uniformément et forme en outre des dépôts plus ou moins nombreux et volumineux ; celle substance est striée dans le sens longitudinal ; 3° d'une substance médullaire. Celle-ci n'existe pas toujours ; elle ne se montre quelquefois qu'en certains
1. Il est utile, avantd'examiner les cheveux, de les traiter par l'éther ou par une solution très étendue de potasse, aQn de les débarrasser des
Fig. 63. — A. B. C. D. E. Poils de moutons de diverses grosseurs sans canal médullaire :
F. Coupe de ces divers poils (Alcan).