‹ Précis de médecine légaleChapitre 260 sur 410 · PRET · texte numérisé non relu

PRET

VBLCKBR

TOCRDBS

is|

ce

Homme

Chien .

Lapin .

Chat ,

0,00fô

Cheval.

Bœuf .

Mouton

Porc .

Chèvre.

Ce tableau montré en même temps la difficulté d assigner des .dimensions invariables, typiques, aux globules d'un môme animal, puisque celles qui sont données par les auteurs les plus compétents ne concordent pas exactement entre elles.

Sans teair compte des dimensions extrêmes données par Frey et Welcker pour Thomme, et qui représentent des exceptions, on voit qu'un globule mesurant par exemple 7 I* peut être attribué aussi bien au chien et au lapin qu'à rhomme. D'ailleurs, même en supposant que les globules aient des dimensions absolument fixes pour chaque espèce, il est bien difficile de mesurer une hématie à 1 dixième de f* près ; car une mensuration si précise, toujours très délicate, est encore plus sujette à erreur quand il s'agit de globules qui sont presque constamment animés de mouvements plus ou moins accentués dans le liquide au milieu duquel ils nagent. U est donc impossible à Thistologiste le plus habile, ayant sous les yeux une préparation de sang absolument frais, et faite avec toutes les précautions désirables, d'affirmer que ce sang provient d'un homme plutôt que d'un lapin ou d'un chien.

A plus forte raison, une telle affirmation est-elle interdite à un expert qui opère sur du sang desséché dont les globules ont subi de telles déformations que le diagnostic fest le plus souvent impossible, môme entre le sang de

rhomme et celui des mammifères à globules beaucoup plus petits : bœuf, mouton» chèvre. La forme de ces globules desséchés étant presque toujours très irrégulière, on ne sait quel est celui de leur diamètre qu'il convient de mesurer. En outre, Ton n'est pas toujours certain que le globule que Ton a sous les yeux est entier ou unique, c'est-àdire qu'il n'a pas été brisé et qu'il n'a pas gardé une portion de la substance d'un globule voisin qui lui était intimement soudé.

Certainement, les difficultés ne sont pas toujours aussi grandes, et Ton arrive quelquefois, même avec des taches assez anciennes, à isoler des globules presque intacts. C'est seulement dans ces cas favorables que l'expert est autorisé à formuler des conclusions affirmatives. Mais, pour être véritablement conformes aux données scientifiques, ces conclusions ne se conçoivent que sous la forme suivante : € Telle tache n'est pas constituée par du sang de tel animal (bœuf, mouton, chèvre, suivant ce que prétend l'accusé); elle provient de Vhomme ou d'un mammifère à globules de dimensions voisines (chien, lapin) », ou bien la forme inverse : « Telle tache n'est pas formée par du sang humain ; elle peut être constituée par du sang de chèvre, de mouton ou de bœuf (suivant ce que déclare l'accusé )*. »

Ce procédé de diagnostic n'a plus guère qu'un intérêt historique, aujourd'hui qu'il en existe un autre beaucoup plus précis et plus sensible, qui est le suivant. • Sérums précipitants. — Tous les médecins connaissent, au moins dans ses grands traits, l'histoire des sérums spécifiques. Nous ne donnerons donc que des explications sommaires sur la théorie qui sert de base au nouveau procédé, que nous allons décrire, pour diagnostiquer l'espèce dont provient le sang.

Bordet 2, en injectant du sang défibriné de poule à des

1. Vibert, Sur la possibilité de distinguer le sang de rhomme de celui des mammifères {Archives de physiologie^ 1882, avec figures). Consulter aussi sur cette question : Masson, De l'origine du sang en médecine légale {Annales d'hyg. pub. et de méd, lég.^ 3^ série, t. XIIÏ. 1885).

2. Bordet, Agglutination ot dissolution des hématies. Annales /nst, Pasleur, 1899.

Page 1