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RECONNAITRE L ORIGINE DU SANG

lapins, constata que le sérum de ces lapins possède au bout d*un certain temps des propriétés nouvelles : mélangé à du sang de poule, il agglutine puis détruit les hématies, et en outre produit un précipité.

Ces propriétés sont indépendantes les unes des autres : le pouvoir précipitant peut être conféré seul à Tanimal expérimenté ; il suffit pour cela de lui injecter au lieu de sang complet (moins la fibrine) du sérum totalement dépouillé d'hématies'.

Il était à prévoir, d'après les études antérieures sur les propriétés bactéricides et cytolicides des sérums, que ces propriétés étaient spécifiques, c'est-à-dire que le sérum d'un animal A injecté avec le sang d'un animal B n'était agglutinant, globulicide et précipitant que pour le sang de l'animal B et non pas pour celui d'autres animaux.

S'il en était ainsi, on pouvait obtenir des sérums spécifiques permettant de reconnaître de quel animal provenait du sang donné. Il est vrai qu'avec des taches sanguines on ne peut guère observer les effets agglutinants et globulicides puisque les hématies ont presque toujours subi des altérations considérables ; mais l'effet précipitant pourrait toujours être observé.

Les deux premiers travaux sur cette question ont été entrepris simultanément en Allemagne, l'un par Uhlenhuth, l'autre par Wassermann et Schûlze.

Uhlenhuth ' a fait ses recherches de la façon suivante. Il injecte dans le péritoine d'un lapin, à intervalles de 6 à 8 jours, 10 centimètres cubes de sang défibriné de veau. Déjà après la 5^ injection, le sang de ce lapin fournissait un sérum actif. D'autre part il prépare des solutions du sang de diverses espèces animales (veau, cheval, âne, porc, mouton, chien, chat, cerf, daim, lièvre, cobaye, rat, souris, lapin, poule, oie, dindon, pigeon) et aussi de sang humain. Ces solutions sont faites en étendant le sang d'environ 1(X)

1. Nolf, Contribution à l'étude des sérums antihématiques. Ann, fnstit. Pasteur, 1900.

2. Deutsche medicinische Wochensckrtft, février 1901. — Archiv. fur kriminalanthropologia, 1901.

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assez minime de sang. Mais tous les sérums précipitanls perdent leur propriété au bout d*assez peu de temps, trois ou quatre semaines, de sorte qu'il n'y a guère intérêt à en garder une provision un peu importante.

Toutefois on pourrait opérer sur un chien d'assez grande taille, qui supporte bien une saignée de 200 à 300 centim. cubes : vivant, l'animal conserve un sérum précipitant pendant près d'un mois, et après ce délai on peut encore faire reparaître la propriété précipitante par une seule injection de sang.

Naturellement, c'est surtout du sang humain que l'on injecte, bien que, suivant les cas de la pratique médicolégale, il faille quelquefois injecter du sang de tel animal déterminé pour reconnaître si les taches à examiner proviennent du sang dudit animal.

On n'injecte plus actuellement le sang en nature, défibriné et frais, comme on le faisait au début, mais seulement le sérum de ce sang. Le sang humain employé provient des saignées faites à des malades, ou de l'expression du placenta. Mais on obtient les mêmes résultats, en injectant (à doses plus fortes) les liquides pleurétique ou ascitique. On peut môme, ainsi que l'a indiqué Corin *, précipiter la partie

1. On peut distinguer dans le sérum sanguin deux albumines coagulables : la globuline et l'albumine proprement dite. C'est surtout la globuline qui donne un précipité dans la séro-réaction ; c'est aussi elle surtout, et peut-être elle seule, qui donne au sérum actif son pouvoir précipitant (Nolf, Ann. Inst, Pasteur, 1900 ; Falloïse, Même recueil, 1902).

La globuline se trouve aussi dans les épanchements séreux^ notaïument dans le liquide ascitique ; mais peut-éire est-elle légèrement différente de celle qui se trouve dans le sang, et peut-être un peu moins spécifique.

Quoi qu'il en soit, Corin (Séro-diagnostic du sang. Ann, de la Soc. de méd. lég. de Beh/ique, 1901) fait au sujet de l'emploi du liquide ascitique l'observation suivante : « Pour injecter une quantité de paraglobuline comparable à celle qui se trouve dans le sérum humain, il faut, d'après quelques évaluations quantitatives que j'ai faites, 4 ou 5 fois plus de liquide d'ascite qu'il ne faudrait de sérum du sang. Il y a donc tout avantage à précipiter la paraglobuline du liquide ascitique et à la redissoudre ensuite dans une quantité d'eau aussi petite que possible. On arrive ainsi facilement à réaliser un liquide qui tient en dissolution 4 ou 5 0/0 de para^'Iobuline, c'est-à-dire qui est comparable aux sérunis les plus riches en parai^'Iobulinc. »

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