‹ Précis de médecine légaleChapitre 273 sur 410 · RESPONSABILITÉ LÉGALE DBS ALIÉNÉS · texte numérisé non relu

RESPONSABILITÉ LÉGALE DBS ALIÉNÉS

Une telle erreur ne peut être commise que par des gens qui n'ont qu'une notion fausse et incomplète de Taliénation mentale, qui ne regardent comme fous ou aliénés que des maniaques, des déments, des idiots, etc. Dans ces cas, il est vrai, le désordre ou l'insuffisance des facultés intellectuelles sont évidents, et encore faut-il compter avec les simulations que le médecin seul peut déjouer avec certitude. Mais, dans la pratique, ce n'est pas en face de cas aussi simples que l'on se trouve le plus souvent ; il s'agit d'actes commis sans responsabilité, quelquefois d'une manière tout à fait inconsciente, par des individus qui, au moment de l'examen et à d'autres époques, peuvent paraître complètement sains d'esprit : par un épileptique, un alcoolique, un paralytique général, etc. Est-ce donc un magistrat, un juré quelconque qui fera le diagnostic de l'épilepsie dans ses formes les moins apparentes, de la paralysie générale à son début, qui analysera les relations de l'acte incriminé avec la maladie dont est atteint l'accusé? Si une pareille question pouvait se poser un seul instant, les développements dans lesquels nous entrerons plus loin suffiraient à la résoudre.

En réalité^ reconnaître si un individu jouit ou non de l'intégrité de ses facultés intellectuelles est une tâche souvent si délicate qu'elle ne peut être remplie dans le plus grand nombre de cas que par un médecin spécialement adonné à l'étude des maladies mentales. Nous devons dire même qu'en abordant ce sujet dans ce livre, nous voulons

sage des hommes, tandis qu'on pourrait bien trouver dans plus d'un savant écrit médical qu'il était à peu près fou avec son démon familier. Enfin, faut-il le dire, combien n'ai- je pas vu de consultations qui rappellent trait pour trait les scènes de notre divin Molière? Un mouvement nerveux dans le visage, un tic familier, une manière de parler, un geste, les choses en un mot les plus simples et les plus naturelles étaient tournées en diagnostic et pronostic comme la sputation fréquente de M. de Pourceaugnac, et Ton voudrait que nous autres juges, qui tenons dans nos mains la liberté et la capacité civiles des personnes, nous fissions dépendre do si frivoles symptômes ces grandes questions où sont engagés l'honneur des familles, la succession des biens, et les droits les plus chers de Thomme t Je pense que la médecine légale n*a ajouté aucun progrès sérieux aux doctrines reçues dans la jurisprudence, et qu'elle no doit en rien les modifier. »

YiBERT. Médecine légale. 7e édit, 42

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