LIVIDITÉS CADAVÉRIQUES, HYPOSTASE
dans deux ordres de cas : quand le sujet a succombé dans un étal de violente contraction musculaire, dans le tétanos, Tempoisonnement par la strjxhnine par exemple ; et, d*autre part, quand un individu sain meurt rapidement h la suite de certains traumatismes. C'est surtout sur les champs de bataille, et quelquefois aussi chez les mineurs qui ont succombé à une explosion, que Ton a remarqué ce phénomène. Les médecins militaires ont vu souvent les cadavres des soldats conserver Fattilude qu'ils avaient au moment où ils ont été frappés : dans la position d'un homme qui fait usage de ses armes, qui monte à Tassaut, qui se dispose à enfourcher un cheval, qui tient son bras levé pour porter son gobelet à ses lèvres, etc. Le même phénomène se produit sur les muscles de la face, en sorte que le visage conserve l'expression qu'il avait pendant la vie et dénote la gaieté, l'enthousiasme, la terreur, etc. Il semble que ce soit surtout à la suite des blessures de la tête et du cœur que cette immobilisation instantanée se remarque *.
Dans les circonstances ordinaires, la rigidité envahit les muscles dans la situation qu'ils occupent au moment
i. La rigidité musculaire résulte de la coagulation de la myosine. — Les physiologistes nous enseignent que cette coagulation s'opère ordinairement sous l'influence de l'acide lactique formé aux dépens du gl.ycogène qui disparait.
Celte transformation s'accomplit non seulement après la mort, mais aus.^i pendant la vie, et d'autant plus abondamment que le muscle accomplit plus de travail. L'acide lactique ainsi produit est enlevé par la circulation^ pas assez vite cependant pour empêcher une certaine raideur (ébauche de la rigidité cadavérique) qui persiste un certain temps dans les muscles très fatigués. Du reste, en injectant du sang d'un animal très fatigué dans un muscle reposé on voit celui-ci entrer en rigidité. — Ces données font comprendre pourquoi la rigidité survient immédiatement chez les individus morts dans un état de grande fatigue musculaire.
Il est plus difficile d'expliquer la rigidité soudaine observée à la suite de certaines blessures. Sur ce point les données fournies par les physiologistes sont contradictoires. L'influence du système nerveux sur la rigidité cadavérique serait considérable si l'on s'en rapportait aux expériences de Brown-Séquard (Communications diverses à la Soc. de biologie et à VAc, des sciences) qui déclare qu'on fait disparaître la rigidité cadavérique en sectionnant la moelle, en excitant les racines antérieures de celles-ci. Mais le fait a été nié par d'autres expérimentateurs.
OÙ ils sont relâchés ; mais comme le relâchement porte inégalement sur les divers muscles ayant entre eux une action antagoniste, le cadavre peut conserver certaines positions qui retracent un mouvement, pourvu que ces positions ne soient pas contraires aux lois de la pesanteur. C'est ainsi que le poing peut rester presque complètement fermé ; pas assez toutefois pour maintenir solidement une arme qui aurait été placée dans la main après la mort ; c'est seulement dans les cas où l'arme a été serrée fortement pendant la vie qu'elle peut quelquefois rester fixée ainsi, la rigidité cadavérique immobilisant les muscles dans la position que leur avait donnée la contraction.
La rigidité peut imprimer quelques déplacements à certains groupes de muscles ; Tourdes * a vu le pouce et rindex, écartés d'un centimètre au moment de la mort, se toucher cinq heures après, et les mâchoires maintenues écartées par un disque de cire, se rapprocher d'un centimètre. La capacité des organes musculaires creux et notamment celle du cœur ^ peut se trouver ainsi notablement diminuée.
$ IV. — Lividités cadavériques. — Hypostase.
Après la mort, et quelquefois même dès l'agonie, le sang, n'étant plus soumis à l'action des forces circulatoires» obéit aux lois de la pesanteur et s'accumule dans les parties déclives. Il en résulte la formation de taches