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Tourdes, art. Mort du Dict.encycl. des se, méd

2. Nous avons fait l'expérience suivante sur un jeune chien (environ i an) de petite taille, tué par section des carotides. Le cœur est immédiatement enlevé» tous les orifices sont liés, excepté celui de l'aorte à travers lequel on introduit un tube. Par ce tube on verse de l'huile. Une fois la réplétion accomplie, le niveau de l'huile baisse d'environ 1 centimètre cube pendant 1/2 heure. l\ est alors raidi ; à i h. 3/4 le niveau a monté, et l'ascension continue régulièrement jusqu'à 5 heures du soir et comprend environ 4 centimètres cubes ; la descente s'eiTectue après une certaine période de repos et était terminée le lendemain matin.

Comme l'expérience était faite dans un autre but, la capacité da cœur et la quantité exacte de liquide chassé n'ont pas été notées.

LIVIDITÉS CADAVERIQUES^ HYPOSTASB 45

d'un rouge plus ou moins violacé, d'une étendue variable, mais ordinairement très larges, souvent confluentes, de manière à occuper toute la surface postérieure du corps, et qui sont connues sous le'nom de lividités cadavériques. Ces taches ne se forment pas sur les points où la peau, se trouvant comprimée soit par le poids du corps, soit par un lien, ne peut recevoir le sang; c'est ainsi que, sur le cadavre qui est resté dans le décubitus dorsal, les fesses, la région des omoplates restent pâles au milieu des parties âvôisinantes rouges. Cette pâleur s'observe aussi au niveau de la ceinture, des jarretières, delà cravate, etc. et quelquefois aussi entre les plis< que forme la peau quand celle-ci est doublée d'un pannicule adipeux abondant ; c'est ce qu'on voit notammenfi^lir le cou des petits enfants. Quand une partie du corps a reposé sur un objet présentant des plis ou des aspérités, celles-ci laissent des traces blanches sous forme de stries ou de points irréguliers, au milieu de la tache livide qui prend, dans ce cas particulier, le nom de vergeture.

Les lividités cadavériques sont d'autant plus nombreuses et accentuées que le cadavre renferme plus de sang, que celui-ci est plus liquide et que la mort date de plus longtemps. Elles se produisent, à un degré variable, chez tous les sujets ; cependant Devergie et Hofmann ont noté qu'elles pouvaient manquer quand la mort avait été produite par hémorragie. Elles apparaissent d'autant plus vite que le sang est plus fluide ; le délai d'apparition est généralement compris entre 3 et 10 heures après la mort.

Comme les lividités occupent toujours les régions les plus déclives, leur disposition permet de reconnaître dans quelle attitude est resté le corps ou une partie du corps après la mort. Cependant il faut savoir que, pendant une certaine période, un changement de position du cadavre fait disparaître les lividités déjà formées, et qu'il s'en produit de nouvelles sur les régions devenues déclives. Tourdes a noté que, quatre heures et demie après le décès, les lividités pouvaient disparaître ainsi complète» ment. Dans un autre cas, trente heures après la mort, le

changement d'attitude du cadavre a atténué les lividités, mais il «e s'en est pas formé de nouvelles.

Ce fait démontre que le sang est d'abord accumulé uniquement dans les vaisseaux, et c'est ce qu'indique Texpérience d'Engel, qui fait disparaître les lividités en les incisant et en les comprimant. Mais la matière colorante du sang ne tarde pas à transsuder à travers les parois du vaisseau, de façon à teindre en rouge plus ou moins foncé le tissu cellulaire et les autres tissus.

Il ne faut pas confondre avec les lividités cadavériques les taches rouges ou rosées, plus ou moins larges, qui se forment souvent dans les parties non déclives du corps chez les noyés et les autres asphyxiés, chez les intoxiqués par Toxyde de carbone et chez d'autres sujets.

Le sang s'accumule également dans les parties les plus basses des organes internes, pour former ce qu'on appelle les hyposiases. Il est important de ne pas confondre ces hyperhémies post mortem avec celles qui résultent d'une congestion effectuée pendant la vie. L'hypostase est surtout marquée sur les poumons ; les parties postérieures de ces organes renferment toujours plus de sang que les parties antérieures, et quelquefois elles en sont gorgées au point que leur consistance et leur poids sont notable* ment augmentés ; des fragments du tissu pris en ces points et plongés dans Teau peuvent ne surnager qu'incomplètement, de façon que leur surface dépasse à peine celle du liquide. A la partie postérieure du cuir chevelu, Hiypostase est ordinairement très marquée aussi : elle occasionne également la réplélion des sinus de la duremère et rinjection des petits vaisseaux de la pie-mère dans les parties déclives. Il en est de môme pour les vaisseaux des méninges de la moelle épinière.

Le tissu cellulaire sous-cutané et les muscles de la région lombaire présentent quelquefois aussi un haut degré d'hyposlase,etil ne faudrait pas attribuer l'aspect qui en résulte à des violences exercées pendant la vie sur ces parties.

L'hypostase exerce encore ses effets sur la paroi postérieure de l'estomac, sur les anses intestinales les plus déclives, sur les reins, etc.

RELACHEMENT DES SPHINCTERS — TACHE VERTE OE l' ABDOMEN 47

Chez les pendus, surtout quand la suspension a été prolongée longtemps, les lividités cadavériques occupent les membres inférieurs et Thypostase manifeste ses effets sur les organes contenus dans le petit bassin. Il peut arriver aussi que des ecchymoses ponctuées se produisent» assez longtemps après la mort, dans les régions hypos* tasiées. Ces ecchymoses résultent delà rupture de certains capillaires surchargés de sang. Le fait est d'ailleurs rare et nécessite une grande fluidité du sang *.

I V. — Parcheminement de la peau.

Quand une partie de la peau a été excoriée, c*est-à*dire dépouillée de son épiderme avant ou après la mort, il se produit en ce point, quand la vie a cessé, un état par» cheminé du derme, qui devient sec, dur, difGcile à sectionner et présente une coloration d'un jaune brunâtre plus ou moins foncé. Sur ce fond se détachent quelquefois des petits vaisseaux sanguins injectés, aspect qui n'indique pas toujours une réaction vitale, mais qui se manifeste quand la peau se parcheminé en un point où elle était déjà hyperhémiée avant ou après la mort.

Le parcheminement se produit non seulement sur les points où Tépiderme a été enlevé par des excoriations, des brûlures, Taclion d'un vésicatoire, etc., mais encore sur les parties qui ont été le siège d'une compression ou d'un frottement, avant ou après la mort ^ ; c'est ainsi qu'on le voit sur le trajet du lien qui serre le cou des pendus et des étranglés, qu'on l'observe sur les parties qui ont été soumises à une friction énergique, par exemple chez les noyés qu'on a tenté de ranimer par ce moyen, au niveau du point d'application de sinapismes, etc. Le parcheminement peut se produire aussi sans que ces causes aient agi, et d'une façon spontanée, sur les parties

4. Voir sur ce point : Haberda, Ueber, dos pos (marie Enslehen von Ecchymosen (Vierteljahrschr. f gerichlliche Medicin, 1898).

2. Le parcheminement est le résultat du dessèchement de la peau, aux points où elle n'est plus protégée contre l'évaporation par la couche cornée de Tépi derme.

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OÙ Tépiderme est mince et délicat, comme au scrotum et aux lèvres de la bouche.

D'après Molland, Tétat parcheminé de la peau se produit au bout de trois heures au moins, de douze heures au plus après le décès, sur les points qui restent à nu. il se produit moins rapidement sur les parties déclives ou recouvertes de vêtements.

Un phénomène cadavérique du même ordre est la formation de la tache scléroticale de Vœil. Cette tache se produit sur les parties de la sclérotique que Touverture des paupières laisse à découvert* Elle est grise ou brunâtre et elle résulte du dessèchement de la sclérotique qui laisse apercevoir par transparence le pigment choroïdien.

§ VI. — Relâchement des sphincters — Tache verte de l'abdomen.

Au moment de la mort, ou quelque temps après, tous les sphincters se relâchent. Ce relâchement est surtout manifeste à Tanus, dont Torifice est souvent largement béant, au point que Ton peut quelquefois y introduire sans effort deux ou trois doigts. Quand la putréfaction est un peu avancée, Tanus présente souvent, outre cette dilatation, une hernie de la muqueuse qui forme au dehors un bourrelet volumineux.

Le premier signe qui traduit extérieurement d'une façon manifeajte rétablissement de la putréfaction est, dans la grande majorité des cas, la coloration verte de la paroi antérieure de Tabdomen. Cette coloration commence le plus souvent au niveau de la fosse iliaque droite pour s'étendre ensuite sur le reste de la paroi abdominale. Elle constitue un signe certain de la réalité de la mort, puisqu'elle marque le début de la putréfaction dont les autres phénomènes vont se développer ultérieurement.

§ VII. — Putréfaction.

Première période, — L'apparition de la tache verte de l'abdomen marque en général le début des phénomènes de putréfaction. Toutefois la coloration Verte de la peau ne se

PUTREFACTION 49

manifeste pas constamment sur Tabdomen en premier lieu ; chez les noyés dont la tête est restée plus basse que le reste du corps, chez les sujets qui ont eu une forte cou: gestion céphalique, c'est sur la face que Ton remarque les premiers changements de coloration des téguments. Il en est ordinairement de même chez les enfants nouveau-nés, dont le tube digestif est vide ou du moins ne contient pas, comme chez les autres sujets, les matières qui favorisent rétablissement de la putréfaction.

En même temps que se produisent ces premières taches vertes, il apparaît sur les parties non déclives du corps des lividités disposées les unes en forme de taches plus ou moins larges ou irrégulières, les autres sous forme de traînées le long des veines superficielles qui se trouvent ainsi dessinées en larges traits et forment quelquefois un réseau très serré. Ces lividités s'élargissent, prennent ellesmêmes une coloration verte qui envahit peu à peu toute la surface des téguments. Souvent la teinte de ceux-ci est non pas verte, mais partout, ou en certains points, d'un rouge brun sale.

Avant que ces changements de coloration du derme ne se soient produits sur une grande étendue, Tépiderme perd de son adhérence ; il s'enlève d'abord sous l'influence d'un frottement un peu énergique, puis il se détache sous l'action du plus léger contact et tombe spontanément. Souvent, avant de disparaître, il forme des phlyctènes ou des bulles plus ou moins larges, remplies d'un liquide d'un rouge sale ou violacé. Il faut noter aussi que sur les cadavres exhumés après un certain séjour dans un sol humide, on trouve souvent Tépiderme des mains épaissi, blanchâtre, macéré, comme chez les noyés. Les cheveux et les poils perdent naturellement leur adhérence en même temps que i'épiderme; ils s'arrachent à la moindre traction et tombent bientôt spontanément. Les ongles se détachent également, mais un peu plus tard.

Des gaz ne tardent pas à se développer dans le tissu cellulaire sous-cutané, et leur accumulation, très considérable en certaines régions, à la face, au cou, à la partie supérieure du thorax, à l'abdomen, au scrotum et à la ViBERT. Médecine légale. 7» édil. *

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verge, produit une tuméfaction souvent énorme de ces parties et contribue à rendre le visage méconnaissable. Ces gaz, qui sont constitués en grande partie par des carbures d'hydrogène, sont combustibles : si Ton pratique une ponction en un point où ils sont accumulés, au scrotum par exemple, ils s'échappent en jet qu'il est facile d'enflammer.

A une période plus avancée, la peau distendue crève» généralement au niveau de la paroi antérieure de l'abdomen, et les parties s'affaissent.

Les phénomènes qui se passent dans les organes internes consistent principalement en imbibition, transsudation, formation de gaz, ramollissement. Le sang, avec sa matière colorante dissoute, sort des vaisseaux, s'infiltre dans le tissu cellulaire, dans les muscles et dans le parenchyme des divers organes et leur communique une teinte rose ou rouge sale. Les caillots sanguins se liquéfient, le liquide qui en résulte s^infîltre à travers les parties voisines, en sorte que parfois, quand la putréfaction est assez avancée, on ne retrouve pas les traces d'une hémorragie en foyer.

Du liquide plus ou moins teinté de rouge s'accumule aussi dans les cavités séreuses et notamment dans les plèvres ; il provient du sang que contenaient les poumons, ainsi que de l'écume renfermée souvent dans les bronches et les vésicules pulmonaires chez les sujets qui ont succombé après des troubles prolongés de la respiration ou chez les noyés ; dans ces cas, la quantité de liquide collecté dans chaque plèvre dépasse parfois un litre.

Les gaz commencent ordinairement à se former d'abord dans le sang: ce liquide présente rapidement de fines bulles de gaz et devient spumeux ; c'est là môme une des premières manifestations de la putréfaction. Les gaz se développent rapidement aussi dans l'abdomen, et généralement en grande quantité ; ils occupent non seulement le tube digestif, mais aussi la cavité péritonéale. La pression qu'ils exercent a pour effet de faire refluer vers les extrémités le sang contenu dans les gros vaisseaux du tronc et aussi dans le cœur qui se trouve également comprimé. C'est pourquoi, dès que la putréfaction est un peu avancée, on trouve toujours le cœur et les gros vaisseaux vides de

sang liquide et contenant, quelquefois seulement, des caillots. Le sang ainsi chassé stationne un certain temps dans les vaisseaux périphériques; c'est pourquoi Ton voit sur le cadavre les plaies et les solutions de continuité donner lieu à Técoulement d'une certaine quantité de sang houillonnant quand la putréfaction est établie. — Le sang diffuse ensuite à travers les parois vasculaires, qu'il a d'abord imbibées et colorées en rouge foncé, et sa présence au milieu des tissus contribue sans doute à hâter leur décomposition.

La pression des gaz développés dans l'abdomen fait souvent aussi refluer en dehors les matières contenues dans FestomaOy ainsi que l'écume que renferment souvent les voies aériennes chez les noyés.

Des gaz se produisent également dans l'intérieur des divers organes : sous la muqueuse de l'estomac et des intes« tins où ils forment de larges bulles, dans le foie, dans les poumons, etc. Le développement de ces gaz se fait par des points isolés, résultant sans doute du groupement en colonies des microbes de la putréfaction ; on voit souvent, par exemple, le foie parsemé de petites cavités isolées, et rendu ainsi assez léger pour pouvoir surnager dans l'eau. Les gaz que renferment les poumons gonflent ces organes, leur donnent un aspect emphysémateux et contribuent à chasser le sang et les liquides qu'ils renferment. En même temps, presque tous les organes notamment la rate, le foie, les reins et plus encore le cerveau se ramollissent considérablement.

La graisse que renferment les tissus et les organes, principalement celle qui se trouve accumulée dans le mésentère et dans l'épiploon, se liquélie souvent, s'échappe des vésicules adipeuses qui se rompent, et forme une huile qui surnage les liquides épanchés dans l'abdomen.

Les altérations produites dans celte première période de la putréfaction, et qui souvent, en été, sont accomplies au bout de huit à dix jours, et môme moins encore sur les cadavres abandonnés à l'air libre, rendent très^ difficile ou impossible la constatation de certaines lésions produites pendant la vie.

S2 PHÉNOMÉNKS CADAVERIQUES

Le tissu cellulaire sous-cutané étaat imbibé par la matière colorante du sang, et très fortement au voisinage des gros troncs vasculaires, il est souvent impossible de recon* naître les ecchymoses, d'autant plus que le sang épanché au niveau de celles-ci diffuse également au loin comme celui contenu dans les vaisseaux, et que de la sorte Tépan*chement cesse d'être circonscrit par des limites nettes. Les muqueuses s'altèrent très rapidement; leur épithélium tombe en très peu de temps et le chorion se ramollit, si bien qu'il est impossible de reconnaître les productions diphtériques, les suppurations superficielles et les inflammations de ces membranes ; il se forme, en effet, de larges plaques rouges mal limitées à la surface des muqueuses, et les fines injections vasculaires, les points hémorragiques, se transforment également par transsudation en lividités cadavériques. Beaucoup d'altérations pathologiques des divers organes, et notamment celles du foie et des reins, si importantes à reconnaître pour élucider le mécanisme de la mort, cessent rapidement d'être appréciables ; les éléments anatomiques subissent en très peu de temps des modifications histologiques profondes dont les premiers degrés sont la dégénérescence granuleuse et graisseuse, et qui rendent infructueux l'examen microscopique.

Certaines lésions peuvent être reconnues au bout d'un temps plus long; par exemple les hémorragies en foyer un peu volumineux, parce que la liquéfaction et la diffusion du sang coagulé n'ont lieu qu'assez tardivement, les collections de pus, les lésions des séreuses, les néoplasmes volumineux, les tubercules pulmonaires et toutes les lésions scléreuses, car le tissu fibreux est un de ceux qui résistent le mieux à la putréfaction, et d'autant plus qu'il est plus dense et plus serré.

Deuxième période. — Après cette première période, le cadavre présente des altérations de plus en plus profondes, dont les principales sont les suivantes*. La peau ayant

1 . On trouvera dans le Traité de médecine légale d'Orfila et dans celui de Devergie une étude très complète des diverses périodes de la putréfaction. Au point de vue des processus chimiques de la putréfaction, consulter la thèse do Bordas, Paris, 1892*.

crevé, les parois abdominales sont affaissées, très rapprochées de la colonne vertébrale, et commencent à se dessécher, tandis que sur la partie postérieure du corps, les téguments, imbibés parles liquides qui transsudent encore, conservent leur humidité. Sur le reste de son étendue, la peau devient friable et est souvent recouverte de granulations arrondies ou coniques constituées par du phosphate de chaux. Les côtes se détachent de leurs cartilages ; le thorax s'affaisse, les poumons diminuent de volume. Les intestins s'aplatissent, leur calibre s*efface, leurs parois commencent à se dessécher. Le foie présente souvent à sa surface, et quelquefois dans Tintérieur de ses vaisseaux, de petits grains sphériques ou ovoïdes, de la grosseur du millet, de consistance crayeuse, et fortement adhérents au tissu. Le cerveau diminue de volume, se liquéfie et devient vert grisâtre.

Troisième période. — Plus tard, les parties molles de la face se détruisent ; les muscles des membres et du tronc sont réduits à un très petit volume. Les poumons ne forment plus que deux minces plaques desséchées, appliquées le long de la colonne vertébrale. Les intestins se dessèchent et se réduisent de plus en plus de volume. Le foie, très aplati, est converti en une substance noirâtre, poisseuse, souvent feuilletée. Le scrotum est desséché, la verge très aplatie, très diminuée de volume, ainsi que les testicules.

Quatrième période. — Dans une quatrième période, la peau a disparu presque partout; les muscles sont transformés en masses aréolaires sèches ou en feuillets membraneux, au milieu desquels on ne distingue plus les fibres. Le tissu adipeux se saponifie souvent, et il se forme du gras de cadavre. Les ligaments disparaissent. Le cerveau, réduit à un très petit volume, est converti en une substance gris verdâtre, ayant la consistance de Targile. — Les testicules et la verge ont disparu ; le sexe peut souvent encore être reconnu, grâce à la présence de Tutérus qui résiste très longtemps à la putréfaction.

Enfin, les parties molles disparaissent presque partout; les organes de Tabdomen et du thorax ont laissé comme résidu une matière grasse humide et noire, ayant l'appa?

&A PHÉNOMÈNES G4DAVéllIQUES

rence du cambouis. Le cerveau est un des organes dont il reste le plus longtemps des traces. Les os sont mis à nu et sont devenus libres par suite de la disparition des ligaments et des autres parties servant de moyen d'union. Les os se conservent presque indéfiniment; il faut des centaines d'années pour que, exposés à Tair ou à Thumidité, ils disparaissent en se convertissant en poussière ; dans certaines conditions, ils résistent beaucoup plus longtemps encore, puisqu'on en retrouve provenant de périodes géologiques antérieures à la nôtre. Dans quelques cas cependant, ils se ramollissent et peuvent être coupés avec un couteau (voir plus bas : gras de cadavre). Les dents, grâce à la couche d'émail qui les recouvre, échappent complètement à la putréfaction.

Putréfaction dans divers milieux. — La description précédente s'applique à la majorité des cadavres inhumés dans la terre ; mais la marche de la putréfaction, la transformation des divers tissus et organes varient très notablement suivant les cas.

Quand le corps a été inhuméde bonne heure et renfermé dans un cercueil hermétiquement clos, la production des gaz est ordinairement tardive et peu abondante; la peau, souvent recouverte de nombreuses moisissures, résiste plus longtemps avant de s'ouvrir. Dans ces cas aussi, le cadavre reste souvent à l'abri des vers qui, lorsqu'ils existent en grande quantité, trouent la peau, de sorte que les gaz sortent facilement et que le ballonnement du corps existe à peine.

Quand le corps reste exposé dans un air chaud, sec et fréquemment renouvelé, il ne subit plus la putréfaction ordinaire, mais une sorte de momification, qui a pour effet de rendre la peau sèche, brune, dure comme du carton, de dessécher et d'amincir les divers organes, de sorte que les viscères comme les poumons, le cœur, le foie, la rate, etc., sont convertis en de très minces plaques plus ou moins feuilletées. On a assez souvent occasion d'observer cet aspect sur des cadavres de nouveau-nés qui ont été conservés longtemps dans un endroit chaud, par exemple au voisinage d'un fourneau de cuisine ; le corps ne pèse

plus quelquefois que 200 ou 300 gr. ; il est sec, dur et rigide ; les poumons ont l'épaisseur d'une feuille de papier ; la masse intestinale offre à peine le volume d'une noix, et tous les autres organes sont réduits dans la même proportion. — La momification se produit aussi sur les cadavres enterrés dans un sol très sec et très poreux qui absorbe les liquides provenant du corps, à mesure qu'ils transsudent au dehors.

Sur les cadavres qui restent dans Teau ou dans un sol très humide, il se produit une substance particulière connue sous le nom de gras de cadavre ou d^adipocire. Celte substance^ se présente sous l'aspect d'une masse blanche ou légèrement grisâtre, molle et ductile, onctueuse comme le savon humecté d'eau, quelquefois sèche; légère, parsemée de cavités, mais sans trace de la structure des parties qui la constituaient primitivement ; friable, fondant sous Taclion de la chaleur. Elle se développe d'abord à la partie profonde du tissu cellulo-adipeux sous-cutané, qu'elle envahit peu à peu.

Celui-ci se trouve ainsi transformé en une sorte de manchon, d'étui, qui peut résister très longtemps à la putréfaction ; sa surface externe, quand la peau a disparu, présente de petites tubérosités qui sont le moule des aréoles profondes du derme. — Plus tard les masses musculaires elles-mêmes peuvent subir la môme transformation, et quelquefois les membres sont convertis en adipocire dans toute leur longueur et toute leur profondeur, en conservant à peu près leur forme et leurs dimensions. Toutefois, au milieu de la masse grasse, il subsiste toujours des couches, quelquefois très minces, de tissu musculaire qui tranchent par leur couleur d'un rose clair sur la teinte blanchâtre des parties voisines, de sorte que la coupe donne un aspect analogue à celui du lard cru. La transformation en gras de cadavre envahit aussi la moelle contenue

i.Le gras du cadavre est constitué par des acides gras solides et par on savon ammoniacal. Il résulte de la transformation de la graisse (préexistante ou produite après la moi*t) qui se dédouble en glycérine et en Kides gra*;. La glycérine est entraînée ainsi que ceux des acides liquides qui ne sont pas saponifiés.

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dans les aréoles et dans les canalicules des os, et dans certaines circonstances le tissu osseux lui-même est assez ramolli pour qu'on puisse le sectionner avec un couteau.

Les organes internes, et notamment les viscères abdominaux, peuvent être convertis également en adipocire. La saponiGcation des muscles de Torbite est un fait très fréquent sur les cadavres placés dans les conditions les plus diverses.

La formation du gras de cadavre commence quelquefois au bout de peu de temps ; Taylor a vu sur un cadavre d'homme ayant séjourné au plus trente-neuf jours dans Teau, une transformation en adipocire des fessiers et des muscles de Tabdomen. C'est là un cas exceptionnel, et en général la production du gras de cadavre ne commence guère qu'à la fîn du deuxième mois et est bornée alors au tissu cellulo-adipeux sous-cutané. Ce n'est qu'après le troisième mois que les muscles sont envahis. La transformation d'un membre dans toute son épaisseur ne s'observe pas habituellement avant une année.

Circonstances qui exercent une influence sur la durée de la putréfaction, — Il est impossible d'assigner des limites aux diverses périodes de la putréfaction. Cette détermination n'a pu être faite avec quelque exactitude que pour les corps qui sont restés immergés dans l'eau, et qui, par conséquent, ont séjourné dans un milieu dont la composition est toujours la même* . Dans les autres cas, la rapidité de la putréfaction varie non seulement suivant la nature et les propriétés du milieu ambiant, mais aussi suivant diverses circonstances dépendant du cadavre.

La putréfaction se fait rapidement dans un air chaud et humide ; l'électricité atmosphérique hâte aussi sa marche ; ce sont là des faits d'observation vulgaire. En été, un facteur autre que la chaleur intervient pour hâter considérablement la décomposition cadavérique. Aussitôt après la mort, et parfois même dès l'agonie, les mouches viennent déposer leurs œufs en grand nombre dans les yeux, dans la bouche, sur les diverses muqueuses. Au bout d'un jour

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