‹ Précis de médecine légaleChapitre 379 sur 410 · HUM&BUS · texte numérisé non relu

HUM&BUS

CUBITUS

BADIDB

PLiaTB 1>tM PIBDS

mètre

cenlim.

centim.

centim.

ceotim.

centim.

centim.

A l'aide de ces données numériques, consultons le tableau dressé par Orfila, auquel nous empruntons seulement les lignes qui trouvent leur application dans le cas actuel.

Nous voyons qu'un fémur de G" ,40 correspond à un squelette dont la taille est tantôt de i^fii, tantôt de in,45; soit en moyenne (bien que la moyenne soit ici tout à fait arbitraire). . l'^jiOS ' A un tibia de 0*°,32 correspondent les tailles de 1 -,45, 4V7, l-,49. moyenne l'™»,470

Il ne figure pas dans le tableau d'humérus de 0'",28; celui de 0",27 correspond à 1",43; ceux de 0",29 à 4-,45, 1V9, 4">,54 (moyenne {•,49) ; celui de 0'»,28 correspondrait donc approximativement à 1",485

A un radius de 0'",20 correspondent les tailles de l'*,45 et l-,49; moyenne 1°,470

A un cubitus de0",22, les tailles de i-,43, i",45, 4'n,49 (moyenne lm,456); à celui de 0^,21, i'",47; un cubitus de 21 i/2 correspondrait donc approximativement à . 4i»»463

Moyenne générale .• . . 4 ",476

Ce calcul par moyenne n'offre, il est vrai, rien de rigoureux, et sa valeur peut être contestée, bien qu'il soit nécessaire pour tirer un chiffre unique de ceux qui sont exprimés dans le tableau. Mais la deuxième ligne de ce tableau fournit un résultat moins équivoque ; on y trouve pour les divers os des membres des longueurs égales ou presque égales à celles des os du squelette soumis à notre examen ; la taille correspondante est de 4*",45.

Ea ajoutant 0'"^05 pour les parties molles, on arrive à conclure que la personne dont le squelette a été trouvé dans la cour du sieur G. avait une taille de 4™,50 à 4™,51. — Ce résultat concorde avec celui obtenu par le premier procédé.

Troisième question. — Age de la personne dont provient le sque^ lette.

Les os qui composent cp squelette ont tous atteint leur complet développement ; c'est ce que montre la soudure de leurs éptphyses. On désigne sous le nom d'épi physes les extrémités terminales des os. particulièrement des os longs ; ces extrémités sont d'abord reliées au reste de l'os par une couche intermédiaire de carlilage qui augmente graduellement d'épaisseur, en même temps qu'elle s'ossifie. Quand cette ossification est terminée, on dit ^ue répiphyse est soudée, et dès lors la longueur de l'os ne peut plus augmenter. Or, ces soudures se font à des âges différents pour chaque os ; celles qui sont achevées le plus tardivement sont en général celle de l'épiphyse inférieure du fémur à 20 ans, et celle de l'extrémité interne de la clavicule à 25 ans. Comme sur le squelette soumis à notre examen la soudure des épiphyses des os est complète, il en résulte que la personne dont il provient était âgée au moins de 22 à 25 ans. L'examen de la dentition confirme cette conclusion ; les 32 dents sont en effet sorties, et l'on sait que les dernières grosses molaires ou dents de sagesse ne font leur apparition que de 20 à 30 ans.

D'autre part, on peut dire que le squelette ne provient pas d'une personne parvenue à la vieillesse, car les sutures des os du crâoe ne sont pas effacées ; ces mêmes os ne sont pas amincis ; celles des dents qui ne sont pas cariées ne présentent pas d'usure de la couronne. Ces caractères se rencontrent au contraire presque constamment chez les personnes parvenues à un âge très avancé. — Mais là se bornent les inductions qu'il est permis de tirer de l'état des divers os et l'on ne saurait déterminera quelle période de l'âge adulte était arrivée la personne dont le squelette est soumis à notre examen.

Quatrième question. ^ A quelle époque peut remonter Venfouissement ?

Lp squelette est totalement dépouillé des parties molles ; les cartilages et les périostes des os, les ligaments ont complètement disparu. La décomposition est donc terminée, et le squelette parvenu à un état dans lequel il peut persister presque indéfiniment sans modifications notables, et tel qu'on l'aurait probablement trouvé si la découverte en avait été faite cinq ou dix ans plus tard. Il s'agit donc seulement de déterminer quel est au minimum le laps de temps nécessaire pour qu'un corps « enfoui dans un terrain calcaire, à 15 ou d8 centimètres du sol », arrive à on état de

QUESTION d'identité 909

décomposition complète. Il est malheureusement impossible de répondre avec précision à cette question parce que les lois sui* Tant lesquelles se fait la putréfaction sont encore presque complètement inconnues et paraissent d'ailleurs n'avoir rien de ûxe. — En faisant appel à nos souvenirs personnels, l'exemple de la décomposition la plus hâtive que nous ayons observé nous a été fourni par un jeune homme exhumé un an après la mort, et qui avait été enterré daos un mince cercueil en bois de sapin (au cimetière de Saint-Denis)*; les patties molles avaient presque complètement disparu, mais il restait cependant quelques vestiges des ligaments et du périoste. — Nous croyons en conséquence que la durée minima du séjour sous la terre, nécessaire pour que la décomposition soit aussi complètement terminée qu'elle Test sur le squelette soumis à notre examen, est de dix-huit mois environ.

Cinquième question, — État de la dentition.

Nous avons dit que les dents ont toutes (32) subi leur évolution, qu'elles sont de petites dimensions, et ne présentent pas d'usure du bord libre de la couronne. Plusieurs sont cariées, surtout à la mftchoire supérieure. En ne tenant compte que de celles dont la carie est très avancée, et qui sont réduite en chicots, l'état de la dentition est conforme à la description faite par le témoin. Ou peut en juger par les détails suivants :

Mâchoire supérieure. — Côté droit.. Les deux dernières grosse.<( molaires sont entières et ont dû paraître intactes pendant la vie ; elles sont cependant en partie cariées et présentent plusieurs petits trous sur les parties latérales de la couronne. La première grosse molaire est à l'état de chicot ; la deuxième petite molaire est cariée et creusée d'un large trou ; la première petite molaire est à l'état de chicot. La canine manque, il est probable qu'elle est tombée après la mort : car l'alvéole ne contient pas de fragments de racine, elle est complètement vide, et n'est pas en partie obturée par une formation osseuse. La même observation s'applique aux deux incisives qui manquent également.

Côté gauche. La 3® grosse molaire manque, la 2e est réduite à rétat de chicot ; la 1''^ est intacte. La 2e petite molaire manque complètement, la i^^ est à l'état de chicot. La canine est également à l'état de chicot. La 2e incisive est partiellement cariée et présente un trou à sa partie externe :Ces deux dents étaient tombées pendant le transport du squelette ; elles ont été trouvées dans le morceau de papier qui enveloppait le crÂne.

En ne tenant compte que des dents réduites à l'état de chicot, il y a bien à cette mâchoire, comme l'a déclaré le témoin, trois dents gâtées d'un côté, deux de l'autre.

Mâchoire inférieure. — Côté droit. Demirre îrro«»«!e molaire en

^10 RAPPORTS kÉDICO-LÉGAUX

partie cariée, les deux premières grosses molaires à Tétat dé chicots. Les deux petites molaires, la canine et les incisives sont intactes.

Côté gauche» La 3* grosse molaire est conservée entièrement, mais est cependant un peu cariée, et présente un petit troua l^ partie externe et supérieure de la couronne. Les deux premières grosses molaires sont à l'état de chicots. Les petites molaires, la canine et les incisives sont intactes.

II faut noter en outre que la dernière grosse molaire de chaque cdté est fortement déviée en dedans.

II y a donc bien, comme Ta déclaré le témoin, deux dents qui manquent de chaque côté de la mAchoire inférieure, au fond de la bouche.

Sixième question. — La mâchoire inférieure devait-elle être en, avant de la mâchoire supérieure f

La mâchoire inférieure présente une conformation normale ; l'angle que forment ses branches montantes avec le corps de Tos se rapproche de l'angle droit, et est d'environ 115 à 120o comme chez la plupart des persoimea adultes. En adaptant les condyles de la mâchoire dans les cavités giéaoïdes des os temporaux, c'està-dire en plaçant la mAchoire dans la position qu'elle occupait sur la personne dont provient le squelette, on vott que lesaircades dentaires se correspondent presque exactement, mais que cepen< dant l'arcade dentaire supérieure dépasse légèrement rinférteare, comme cela est du reste la règle. — Le corps du maxillaire pré* sente aussi sa forme habituelle, et le menton ne fait pas de saillie en avant.

Septième question. — Le trou existant au temporal droit peut-il avoir une cause accidentelle, ou est*il plutôt la conséquence d*un coup porté du vivant de la femme ?

Le trou situé sur le temporal droit, à 5 centimètres du sommet de l'apophyse mastoTde,et à 12 millimètres de la suture temporo-pariétale, offre la forme d'un ovale dont le grand axe dirigé en haut et en avant mesure 11 millimètres et le petit axe 9 millimètres. Les bords ne sont pas réguliers, ils sont légèrement renversés en dedans, et à leur niveau Tos est divisé en lamelles et en quelque sorte feuilleté ; ces lamelles sont d'une coloration blanche qui contraste avee la teinte jaune du reste de l'os, leurs arêtes sont très nettes et non émoussées. Ces caractères semblent indiquer que le trou a été fait récemment. Nous avons cherché toutefois s'il existait en ce point quelques vestiges d'un épanchemenl sanguin ancien, comme on pourrait en trouver s'il s'agissait d'une blessure faite pendant la vie. Or, la face externe du eràne est recouverte en divers points, et notamment au niveau du temporal, d'une mince couche formée par de courts fragments de

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cheveux agglutinés au milieu d'une substance d* un brun oolrAtre ; mais en grattant cette substance, on constate qu'au-dessous Tos a conserva sa coloration gris blanchâtre ou gris jaunâtre et ne présente pas de trace d'imbibition sanguine ; en examinant la substance enlevée, on s'aperçoit qu'elle contient un grand nombre de Urves d'insectes desséchées, qui contribuent à lui donner sa couleur. Nous avons déjà mentionné que les bords mêmes du trou sont d'un blanc pur sans nulle trace de coloration sanguine. Riei) par conséquent ne peut démontrer que ce trou résulte d'une blessure faite pendant la vie.

Huitième question, — L'aspect des ossements dénote -t- il qu'une couche de chaux a été jetée sur le cadavre, au ant-iU l'aspecf. que doivent avoir des ossemeatr agcait s^oumé enviraa trois ani, à iJ5 ov 18 centimètres sous terre, dans un terrain càtcaire 9

iNous avons dit que les divers os étaient complètement dépouillés de parties molles: ils présentent sur toute l'étendue de leur surface une teinte jaunâtre ou légèrement grisâtre qui est analogue à celle des ossements ayaot séjourné longtemps sous terre. Nous avons mentionné plus haut qu'il existait sur le crâne, mélangés à des cheveux, des débris de vers ; cette circonstance indique qu'en ce point, au moins, le cadavre n'était pas recouvert de chaux, car les os n'ont pu se trouver directement en contact avec cette substance, et quand les parties molles ont été complètement détruites, la chaux, si elle avait été mise sur le cadavre, avait sans doute perdu à ce moment une grande partie de ses propriétés.

B. Analyse chimique des échantillons de terre, — (Cette analyse, pratiquée par M. Lbote, n'a donné que des résultats négatifs).

Conclusions, — i. Le squelette soumis à notre examen est celui d*une femme.

â. La taille de cette femme est d'environ lm,50 à 1",52.

3. Cette femme avait dépassé l'âge de 2â à 26 ans ; elle n'était, pas arrivée à la vieillesse.

4. L'enfouissement du corps dont provient le squelette remonte probablement au moins à dix-huit mois; il peut dater de beau« coup plus longtemps; car le squelette était parvenu à un état où il se maintient de longues années sans subir de modifications notables.

5. L'état de la dentition de la femme dont provient le squelette est conforme à la description qui a été faite par un témoin : il existe à la mâchoire supérieure trois dents gâtées d'un côté, deux de l'autre ; et à la mâchoire inférieure, au fond| de la bouclie, deux dents manquent de chaque côté.

6. La conformation de -La mâchoire inférieure n'indique pas qu'elle devait être en avant de la mâchoire supérieure.

7. Rien ne démoDtre que le trou qui existe au niveau du temporal droit soit la conséquence d'un coup porté du vivant de la femme. Il est plus probable que ce trou résulte d'une cause accidentelle, et qu'il a été produit récemment.

8. L'aspect des ossements ne dénote pas qu'une couche de chaux ait été jetée sur le cadavre ; il est analogue à celui des ossements ayant séjourné longtemps sous terre. Il faut remarquer toutefois que de la chaux aurait pu être jetée sur le cadavre. et n'arriver au contact des os qu'après avoir perdu une partie de ses propriétés 1.

XXII. — Dé 1er minât ion de Vépoque de la mort de trois fœlus.

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