‹ Précis de médecine légaleChapitre 392 sur 410 · VOLS DANS LES MAGASINS · texte numérisé non relu

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coanaissance ayant duré une ou plusieurs heures. Depuis son enfance, elle a été, dit-elle^ presque toujours souffrante et en traite* ment. Elle a eu tour à tour des névralgies, des maux de tête, des anxiétés, des peurs, des étouffements qui durent parfois des semaines ou des mois, et qui ont été soignés notamment par M. le Dr Z. Elle a également, à tout propos, des crises de larmes ou de rires. — Son caractère, habituellement sombre, est mobile et bizarre. Jeune fille, elle ne pouvait rester plus de quelques mois dans un même pensionnat. Plus tard elle a rendu la vie insuppor* table à son mari ; celui-ci déclare que dans une même journée elle veut et exige Impérieusement dix choses contradictoires» qu'elle est incapable de diriger convenablement son ménage, d'élever ses enfants qu'elle rudoie à tous moments sans motifs.

La conversation de cette femme révèle bien la déséquilibration de son état mental et la mobilité de son esprit. Elle passe instantanément d'un sujet à un autre, les idées s'associant entre elles par un mécanisme presque automatique, et ne pouvant guère être maintenues quelque temps dans une même direction par la volonté. La femme V. est incapable d'une attention soutenue; si l'on veut l'y contraindre, comme nous l'avons essayé au cours d'une épreuve qui avait pour but de mesurer l'étendue du champ visuel, bientôt elle n'a plus que des réponses faites au hasard, elle commence à trembler, à exécuter quelques mouvements sans but, à se plaindre de fatigue. — Elle est également incapable de porter un jugement réfléchi et motivé sur quoi que ce soit; elle accepte d'emblée une opinion qu'on lui présenté et la repousse obstinément, quelques instants après, pour la raison la plus futile.

Il y a encore à noter chez la femme V. quelques particularités physiques comme on en trouve chez beaucoup de malades de ce genre. Les traits du visage sont légèrement asymétriques ; l'œil gauche a une taie, et la pupille de ce côté est plus étroite, plus paresseuse que celle de l'œil droit. La femme V. a du tremblement, non pas continuel, mais fréquent, parfois plus prononcé dans un membre, d'une rapîditéet d'une amplitude très inégales. Elle a parfois aussi des mouvements sans but déterminé, qui sont comme une esquisse de chorée. Enfin la fréquence du pouls varie à chaque moment et atteint jusqu'à 106 pulsations. — 11 n'y a d'ailleurs pas de lésions appréciables du cœur.

En somme, la femme V. est une de ces malades que Ton désigne, dans le langage de la pathologie mentale actuelle, sous le nom de « dégénérés j». On ne peut la considérer comme entièrement irresponsable au même titre qu'un dément ou qu'un véritable aliéné. Elle n'est certainement pas inconsciente et n'a pas d'impulsions absolument irrésistibles. Mais en raison des troubles de l'état mental précédemment indiqué, sa responsabilité doit ViBERT. Médecine légale. 7* édit. 60

être considérée^ croyons-nous, comme atténuée dans une large mesure.

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