AUTOPSIE MÉDICO-LÉGALE
plèvres ou le péritoiDC, le liquide s*écoule dès que. ces cavités sont ouvertes et il faut toujours avoir à proximité un vase pour recueillir immédiatement ce liquide et en évaluer, au moins approximativement, la quantité.
7. Cavité thoracique, — Les organe» étant encore en place, on ouvre le péricarde, on note Tétat du cœur et des gros vaisseaux. on ouvre successivement les ventricules et les oreillettes, on recherche si ces cavités contiennent du sang liquide, des caillots rouges ou blancs. On enlève ensuite le cœur, on examine Tétat des valvules, de Tendocarde, des parois musculaires (hypertrophie, amincissement, surcharge et dégénérescence graisseuses) et des artères coronaires. On examine Tétat de Taorte, notamment au niveau de sa crosse (dilatation, athéromc).
8. Les poumons sont enlevés; s'il existe des adhérences solides et étendues, il est bon de détacher la plèvre costale, pour faire Textraction. L'examen de la surface pulmonaire (coloration, ecchymoses sous-pleurales, emphysème, fausses membranes récentes), déjà commencé au moment où les organes étaient en place, est terminé en ce moment. S'il y a quelques motifs de soupçonner ane embolie pulmonaire, on trouve Tartèreet ses ramifications*. On incise les poumons, on examine la quantité de sang qu'ils renferment, s'ils sont congestionnés uniquement dans les parties déclives; on s'assure par des sections multipliées s'il existe des tubercules, des foyers d'hémorragie ou d'inflammation, etc. On recherche si les bronches contiennent du pus ou d'autres corps étrangers.
9. Cou, — Le larynx et la trachée sont ouverts par une incision médiane et verticale, et on examine le contenu ainsi que leurs parois. Chez les noyés, il est bon de pratiquer cet examen avant l'extraction des poumons parce que, en comprimant ces organes, on peut faire refluer dans la trachée de l'écume ou du liquide qui ne s'y trouvaient pas auparavant. Dans certains cas, et notamment quand on soupçonne un empoisonnement, il est bon de détacher les insertions de la langue en rasant avec un couteau la face interne du maxillaire inférieur et d'enlever d'un seul bloc la langue, le larynx, la trachée et l'œsophage ; l'examen de ces diverses parties se fait plus commodément alors.
40. Si l'on suppose que le sujet a été étranglé ou a subi des violences sur le cou, on examine les parties molles de cette région, et notamment les carotides, afin de rechercher s'il existe des ecchymoses, des épanchements sanguins ou des déchirures.
11. A ce moment, ou avant l'ouverture du tronc, on examine la cavité de la bouche, son contenu, l'état des parois.
1. Il est préférable de faire cette recherche sur les poumons encore en place.
74 EXAMEN MÉDIGO-LéGAL DES CADAVRES
42. Cavité abdominale. — Les viscères de la cavité abdominale soDt enlevés suivant Tordre qui paraît le plus utile dans chaque cas particulier. Il est bon de commencer par l'examen sur place du duodénum et des voies biliaires, et de rechercher si celles-ci renferment un calcul ; on peut ensuite enlever le foie. On note rétatde cet or^i^ane et de la vésicule biliaire.
43. La rate est examinée sous le rapport de son volume et de sa consistance.
Pour les reins, Texamen porte sur leur volume, leur consistance, l'état de la surface (lisse ou granuleuse) ; on recherche si la capsule peut être détachée, sans entraîner de fragments de la substance corticale. On divise ensuite l'organe en deux moitiés par une coupe passant par le bord convexe, sur la face de la coupe on examine les deux substances corticale et médullaire, les lésions qu'elles peuvent présenter*, l'état des vaisseaux.
44. Après avoir posé une ligature sur la partie terminale ou initiale du duodénum, on enlève l'estomac; on examine son contenu et l'état des parois. Au moment où on l'ouvre, on s'assure s'il n'existe pas une odeur spéciale : acide cyanhydrique (odeur d'amandes amères), alcool, éther, etc.
45. Si les intestins paraissent sains extérieurement, et qu'on n'ait aucun motif de les examiner particulièrement, on peut ne pas les détacher, se borner à les ouvrir en plusieurs points, notamment au voisinage de la valvule iléo-caecale, et noter l'état de la muqueuse et du contenu.
Dans les autres cas, on détache le paquet intestinal en incisant le mésentère juste' à son insertion aux intestins; on déroule ceux-ci et on les ouvre sur toute leur étendue.
Dans tous les cas, on examine les ganglions mésentériques.
46. Avant d'ouvrir la vessie, il est bon d'évacuer l'urine qu'elle peut contenir à l'aide de la sonde ; on peut apprécier ainsi s'il existe en fun point quelconque un rétrécissement du canal de l'urètre. On note l'aspect de l'urine*, et l'état des parois vésîcales.
i . Signalons notamment la dégénérescence amyloïde que l'on peut soupçonner quand il existe sur la coupe du rein des zones d'une couleur de vieille cire et d'une consistance homogène. En déposant sur une coupe du rein de l'eau iodée, les parties en dégénérescence amyloïde se teignent en rouge acajou, et l'addition d'acide sulfurique fait ensuite passer cette teinte au bleu, au vert ou au violet; les parties dégénérées sont surtout les vaisseaux qui apparaissent après l'emploi des réacUfs sous forme de stries et de points au niveau des glomérules.
2. Sur les cadavres en putréfaction, l'urine est toujours trouble et donne un précipité parla chaleur et par Tacide nitrique (voir le paragraphe consacré à la mort subite).
AUTOPSIE MéDICO-LÈGALE 75
17. Chez rhoxnme, on incise le canal de l'urctre, on ouvre le scrotum et on examine les testicules en les incisant.
Chez la femme, on examine les ovaires, l'utérus (parois, cavités du corps et du col). Quand cet examen doit être fait d'une façon particulièrement minutieuse, par exemple dans le cas où il y a lieu de soupçonner un avortement, on désarticule la symphyse pubienne, et on enlève d'un seul coup Tutérus, les ovaires, la vessie, le vagin et l'extrémité inférieure du rectum, en détachant avec un scalpel les insertions de ces organes sur les parois du bassin. On examine ensuite à loisir et successivement ces diverses parties.
48. Cavité crânienne. — L'incision du cuir chevelu se fait suivant une ligne qui va transversalement d'une apophyse mastoïde à l'autre ; on peut faire en outre une seconde incision perpendiculaire à la première, allant du milieu du front à l'occipital. S'il existe des plaies, l'incision doit les respecter.
Les lambeaux du cuir chevelu étant décollés, on examine s'il existe des épanchements sanguins, on note leur siège (au-dessus ou au-dessous du périoste). On recherche s'il existe des fractures de la voûte du crâne.
Si ces fractures existent ou s'il y a lieu de les soupçonner, il faut toujours ouvrir le crâne à l'aide de la scie ; dans les autres cas on peut se servir du marteau, mais il est encore préférable d employer la scie. On détache d'abord les muscles temporaux, puis on scie le crâne suivant une ligne qui passe au-dessus du pavillon des oreilles. Il est sans inconvénient, et beaucoup plus commode, de scier en même temps le cerveau de façon à enlever sa partie supérieure avec la calotte crânienne. Sur la surface de coupe, on peut apprécier immédiatement s'il existe des hémorragies intra ou extracérébrales, et quelle est leur disposition.
19. On extrait la partie supérieure du cerveau de la voûte crânienne ; on examine le sinus longitudinal, on détache la duremère, et on recherche si les parois osseuses sont fracturées, si elles présentent d'autres lésions, si elles sont d'une minceur ou d'une épaisseur exceptionnelles (en cas de fractures ou de lésions traumatiques). —On examine la pie-mère, son état de congestion, si elle se détache bien des circonvolutions cérébrales, puis on pratique une série de coupes verticales ou horizontales sur les hémisphères cérébraux afin d'apprécier l'état de leurs diverses parties.
• 20. On opère de la même façon sur la partie inférieure du crâne.