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MUHT SUBITE CHEZ LES TRES JEUNES ENFANTS

lement sur les fonctions respiratoires, permettant par suite une certaine survie et un commencement d'asphyxie véritable. Le point de départ de l'action réflexe peut d*ailleurs être autre que celui que nous venons d'indiquer, et consister en une excitation portant sur un organe interne. Mais en tout cas la production de cet arrêt réflexe, de cette inhibition mortelle serait considérablement favorisée par le sommeil, car presque tous les faits de mort subite de ce genre surviennent chez des petits enfants endormis.

Quoi qu'il en soit, il est bon de retenir, au point de vue de la pratique médico-légale, que Tabsence d'altérations anatomiques est presque la règle quand il s'agit de la mort subite des petits enfants dans les conditions que nous venons d'indiquer.

L'hypertrophie du thymu$ peut-elle produire chez les petits enfants la mort subite d'emblée, c'est-à-dire sans accès de sufl'ocation antérieurs ? On l'admet généralement, mais la mort subite attribuable à cette cause ne difi'ère guère ni par les conditions où elle se produit, ni par les constatations anatomiques, de celle dont il vient d'être parlé. La question se pose quelquefois dans la pratique médico-légale. Un enfant couché avec une autre personne meurt subitement pendant la nuit ; à l'autopsie, constatalions négatives, sauf l'hypertrophie du thymus. L'enfant est-il mort de cette hypertrophie, ou de « l'étouffement accidentel > dont il est parlé plus haut et dont la mère ou la nourrice doivent être rendues responsables ? La question nous paraît insoluble et en pareil cas nous exprimons nettement notre incertitude dans les conclusions du rapport, en déclarant que l'enfant était atteint d'hypertrophie du thymus, affection qui est considérée comme capable d'entraîner la mort subite, mais que celte hypertrophie n'exclut pas la possibilité d'un « élouffement accidentel », lequel se réalise souvent sans laisser sur les organes les signes de l'asphyxie, ni d'autres altérations.

Mais en dehors de ces cas, il en est d'autres où l'hypertrophie du thymus peut entraîner la mort subite soit au

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cours d'un spasme de la glolte, soit dans d'autres circonstances*.

Ce rôle de l'hypertrophie du thymus comme cause de mort subite n'est pas limité exclusivement à la première enfance ; il peut se continuer jusqu'à l'âge adulte, en cas de persistance anormale du thymus.

L'hypertrophie de cet organe s'accompagne souvent d'un étal particulier de tout l'appareil lymphatique, et il semble bien que l'organisme est alors rendu tout entier très fragile, c'est-à-dire que le sujet est exposé à la mort subite sous rinfluence de causes occasionnelles légères. C'est une question qui a été étudiée surtout par les auteurs allemands, qui ont publié bon nombre de cas de ce genre*.

§ II. — Mort pseudo-subite. —Alcooliques et vieillards.

A l'autopsie d'un individu dont la mort est présentée comme subite et imprévue, on trouve quelquefois des

1. La plupart des auteurs ont attribué la mort aux effets de la compression produite par le thymus hypertrophié. Cette compressioQ s'exerce en effet quelquefois sur la trachée au point qu'on a trouvé celle-ci aplatie en fourreau de sabre. Mais en pareils cas, il y a des signes d'asphyxie plus ou moins prolongée et non pas une mort subite.

— Pour expliquer celle-ci, sans accidents antérieurs, on a admis que la compression pouvait se produire brusquement, par exemple au moment où la tête se renverse en arrière, ou bien par suite d'une congestion du thymus amenant la turgescence de cet organe. — La trachée pourrait être aplatie pendant la vie puis, en vertu de son élasticité, reprendre sa forme normale quand on ouvre le thorax au moment de Tautopsie. La compression pourrait porter aussi sur d'autres organes: le poumon, les vaisseaux pulmonaires, le cœur, les nerfs du cou et du raédiastin, notamment les récurrents (spasme de la glotte, asthme thymique de Kopp), les nerfs cardiaques.

En dehors de la compression, on a invoqué (Svchla) une auto-intoxication résultant de l'augmentation de la sécrétion interne du thymus.

— Paltauf regardait l'hypertrophie Ihymique comme sans importance par elle-même, mais comme la manifestation d'un état général de lymphatisme rendant Torganisme tout entier très fragile peut-être en raison ile la dégénérescence des centres cardiaques. Cependant celte fragilité n'existe certainement pas dans tous les cas ; on a cité (Siegel) le fait d'un enfant asphyxiant par compression de la trachée, qui fut guéri par Texcision du thymus, et qui supporta sans la moindre alerte l'opération et la narcose chloroformique.

2. On trouvera plusieurs de ces cas réunis dans un article de Ligueur : Deutsche medic, Wochenschrift^ 1902.

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