MORT SUBITE PAR URÉMIE, DIABETE, ETC
Le rôle de ces causes occasionnelles paraît très net dans bon nombre de cas. Rappelons d'abord une observalion bien connue du professeur Brouardel : Une marchande de volailles, voyant qu'une belle dinde farcie allait lui rester pour compte, invité ses parents et amis à venir la manger avec elle ; toutes les personnes qui ont mangé de cette dinde farcie ont été malades ; la farce, qui n'était plus très fraîche, contenait des alcaloïdes toxiques. La marchande seule, qui n'en avait pas mangé plus que ses invités cependant, est morte parce qu'elle avait les reins malades, insuffisants par conséquent. Elle n*a pas pu éliminer les principes toxiques qu'elle avait ingérés *. »
L'administration de certains médicaments semble avoir parfois les mêmes effets funestes. On connaît ces cas, heureusement fort rares, où le médecin voit mourir sous ses yeux un malade auquel il vient de faire une injection hypodermique de morphine, d'alropine ou d'administrer de Faconit ou telle autre substance très active, mais à une dose qui n'a rien d'excessif. Par une coïncidence singulière et qui mérite d'être signalée, nous avons constaté chez la plupart des individus ayant succombé de cette façon des lésions rénales plus ou moins avancées.
Mais la cause occasionnelle que nous avons notée le plus fréquemment est l'ivresse. Citons par exemple un homme qui depuis quelque temps souffrait d'accès de dyspnée et était sujet à des vomissements, mais qui cependant continuait d'exercer son métier et de vivre de la vie ordinaire ; un soir, pour fêter les fiançailles de sa fille, il se livra à des libations exagérées ; il se coucha en état d'ivresse, non pas très profonde au dire de sa femme, et le lendemain matin il fut trouvé mort dans son lit ; à l'autopsie nous avons constaté une sclérose rénale très .avancée, sans autres lésions, et notamment sans la forte congestion des poumons et de Tencéphale que Ton rencontre habituellement chez les gens morts d'ivresse. — Il suffit d'ailleurs d'un léger excès d'alcool, sans qu'il y