‹ Précis de médecine légaleChapitre 54 sur 410 · Brouardel, Ouvrage cité, p · texte numérisé non relu

Brouardel, Ouvrage cité, p

ait même un commencement d'ivresse, pour que la mort survienne en pareil cas. Nous avons connu intimement un malade chez lequel la néphrite interstitielle avait été diagnostiquée, et qui suivait depuis plusieurs mois le régime lacté absolu. A un dîner d'amis, il se laissa aller à boire deux ou trois verres de vin; il se coucha en parfait état, 'mais quelques heures après sa femme le trouvait mort dans son lit.

Deux fois, nous avons vu Taccès d'urémie survenir à l'occasion d'un bain de vapeur : dans un de ces cas, l'homme était mort au milieu des autres baigneurs ; dans l'autre, au moment où il se rhabillait dans sa cabine ; tous deux étaient porteurs de lésions rénales avancées ; le second avait en outre une congestion intense des deux reins.

Dans les cas où les lésions rénales sont peu accentuées, où elles peuvent sembler douteuses en raison d'un commencement de putréfaction et où cependant on soupi^onne, faute de lésions d autres organes, qu'elles ont pu jouer un rôle dans le mécanisme de la mort, on peut avoir recours à l'analyse de l'urine pour tâcher d'éclairer le diagnostic. Mais il faut savoir que l'urine prise sur le cadavre renferme presque constamment de Talbumine ; celle-ci est en proportion minime, si la putréfaction n'est pas commencée ; elle devient d'autant plus abondante que^ la putréfaction augmente et que la quantité d'urine contenue dans la vessie est moindre. Cette albumine ou cette substance albuminoide, qui se coagule par la chaleur et par Tacide azotique, provient de la décomposition et de la désagrégation des parois vésicales *.

Diabète. — Le coma diabétique ne donne pas souvent lieu, croyons-nous, à des autopsies judiciaires, sans doute parce que la [mort n'est pas tellement rapide qu'un médecin n'ait pas le temps d'intervenir, et que le diagnostic est assez facile pendant la vie, grâce à l'analyse de l'urine. —

4 . Voir sur ce point un mémoire de Vibert et Ogier : De la présence de l'albumine dans l'urine des cadavres, lu k la Société de méd. lég., séance du 11 mai 1835. Annales (Thyg.publ. et de méd. lég.^ 3e série, t. XIV.

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