‹ Précis de médecine légaleChapitre 55 sur 410 · MORT SUBITE PAR LESIONS DE L*APPAREIL GÉNITAL · texte numérisé non relu

MORT SUBITE PAR LESIONS DE L*APPAREIL GÉNITAL

Après la mort, celle analyse el celle du sang ne donnent pas toujours de résultats certains, quand la putréfaction est quelque peu avancée.

Le coma dyspeptique^ d'ailleurs fort rare, ne survient guère que lorsque la dyspepsie dure depuis fort longtemps et s'accompagne de dilatation et de catarrhe gastriques. On trouve là des éléments, sinon de certitude, du moins de probabilité pour le diagnostic.

S VII. — Mort subite par lésions de l'appareil gféuital de la femme.

Lagrossesse extra-utérine doit être signalée en premier lieu. Il s*agit presque toujours d*une grossesse tubaire. La trompe distendue se déchire, ordinairement au 2* ou 3® mois, parfois dès la 3® ou 4" semaine ; cette rupture s'accompagne d'une hémorragie extrêmement abondante, parce que les parois de la trompe sont alors garnies de vaisseaux nombreux et volumineux. Cette hémorragie entraîne la mort presque immédiatement ou au bout de quelques heures.

A Tautopsie, la présence de Toeuf et deTembryon montre avec évidence qu'il s'agit d'une grossesse extra-utérine. Cependant il arrive parfois que l'œuf a subi la dissolution, que l'embryon n'existe plus. Dans deux des six cas de mort subite de ce genre que nous avons observés, il en était ainsi ; une fois l'œuf contenait un fragment de cordon ombilical, une autre fois il ne renfermait que du liquide. Quand l'œuf est en môme temps de petit volume, il pourrait échapper, au milieu des caillots qui l'enveloppent, à un examen peu attentif; toutefois l'épaississement des parois de la trompe, leur grande vascularisalion suffisent à mettre sur la voie du diagnostic. Ce diagnostic offre, dans certains cas, une réelle importance au point de vue médico-légal, parce qu'il permet d'écarter Thypothèse d'un traumatisme (coup de pied sur l'abdomen) ayant occasionné la rupture de la trompe. Rappelons que la grossesse tubaire se termine presque toujours par la mort de la mère, occasionnée dans la moitié des cas environ par

une hétnorragie interne résultant de la déchirure de Ta trompe.

L'hémorragie ovarienne capable d'entraîner la mort subite ou très rapide est d'une extrême rareté. Nous en avons observé un seul cas, chez une femme de 28 ans, nuUipare, mariée depuis six mois. Elle était habituellement bien menstruée, mais n'avait pas eu ses règles depuis six semaines. Deux jours avant sa mort elle s*est plainte de douleurs au creux épigastrique, est devenue très faible et de plus en plus pâle. Nous avons trouvé dans Tovaire droit une cavité kystique aplatie, ayant environ le diamètre d'une pièce de un franc, et remplie par un caillot qui se continuait, à travers une déchirure du kyste, dans la cavité péritonéale, laquelle renfermait plus de trois litres de sang. Peut-être s'agissait-il ici d'une grossesse ovarique.

La rupture des veines vuîvo-vaginales devenues variqueuses pendant la grossesse est signalée par le professeur Brouardel*, qui fait remarquer que le point de rupture peut être impossible à retrouver après la mort ; mais la coexistence des signes d'une grande hémorragie externeet dos varices volumineuses rend le diagnostic plus facile. Nous n'avons jamais observé de ces cas de rupture; mais nous avons vu plusieurs fois des varices énormes de la vulve et du vagin chez les femmes enceintes, et notamment chez deux très jeunes filles (moins de 13 ans). — Même en Tabsence de ces varices, les plaies de la vulve chez les femmes enceintes saignent très abondainment. Hofmann a vu une femme enceinte de 6 mois succomber rapidement à une hémorragie occasionnée par une plaie de la vulve de un centimètre de longueur, divisant toute la muqueuse, mais n'intéressant pas de vaisseau de calibre visible.

La rupture spontanée de l'utérus au cours de la grossesse peut aussi entraîner la mort subite. Il sera parlé de cette lésion dans le chapitre de Tavortement.

Page 1