SUBMERSION EFFECTUEE PENDANT LA. VIS
qu'il attribue à rélimination de l'eau absorbée par le noyé. La valeur de ce signe est encore à l'étude *.
§ IV. ^ La mort a-t-elle été le résultat de la submersion ?
En d'autres termes, la victime est-elle tombée vivante à Feau, ou y a-t-elle été jetée après la mort? C'est là, on le comprend, la question capitale dans la pratique. Il peut arriver, en effet, qu'un individu soit tué par suffocation, strangulation ou d'une autre façon qui ne laisse pas de traces caractéristiques, ou seulement des lésions d'une interprétation douteuse, surtout si la putréfaction est déjà commencée, et que son cadavre ait ensuite été jeté à Teau pour faire croire à un suicide ou à un accident.
Pour reconnaître si la mort résulte bien de la submersion, Fautopsie est indispensable *, mais elle ne fournit pas toujours la solution du problème.
L'observation montre en effet que chez beaucoup de
1. Des recherches expérimentales entreprises par Corin {Ann. de la Soc. de méd.lég. de Belgique^ 1899, montrent que la diurèse n'est pas augmentée chez les animaux noyés. Cependant l'analyse cryoscopique de l'urine avant et après la submersion indiquerait une élimination d'eau par la vessie (Stoenesco, Ann. d'hyg. publ. et de méd. lég., 1905, t. III. p. 338).
2. La plupart des signes externes qui ont été énumérés plus haut n'indiquent qu'ude chose : le séjour du cadavre dans l'eau.
A ces signes, beaucoup d'auteurs en ajoutent deux autres : les excoriations sur les doigts et la présence de gravier ou de sable sous les ongles. Ambroise Paré voyait là une preuve que le noyé « avait gratté le sable au fond de Teau, pensant prendre quelque chose pour se sauver. » 11 est fort probable que quand un noyé arrive au fond de TeaUy il a presque toujours perdu connaissance. En fait, le signe en question s'observe bien rarement, si nous nous en rapportons à. nos observations personnelles. Il n'a d'ailleurs pas une signification bien probante, caries excoriations peuvent être antérieures à la submersion, et la présence de la vase est presque constante sous les ongles comme sur le reste du corps, chez les cadavres qui ont séjourné longtemps dans l'eau.
Un seul signe, parmi ceux que fournit l'examen extérieur, indique que très probablement la mort a eu lieu par submersion : c'est la présence d'un champignon de mousse au devant de la bouche et du nez. Quand ce champignon est volumineux, il est presque certain que l'individu a respiré dans l'eau.
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noyés, autopsiés dans les meilleures conditions possibles» on ne trouve aucune altération anatomique, aucun signe susceptible de prouver que la mort résulte de ce que le sujet est resté plongé vivant dans Teau. C'est précisément sur la constatation très souvent répétée de ce fait qu'est principalement basée la théorie, ci-dessus exposée de la mort par submersioti-inhibition.
Quant à la mort par suhmersion'Osphtjxie, elle a des signes qui lui sont propres, et qui sont plus ou moins complets et accentués suivant les cas, c'est-à-dire suivant que Tasphyxie a duré plus ou moins longtemps, et sans doute aussi suivant que l'inhibition s'est ajoutée dans telle ou telle mesure au processus de Tasphyxie.
La valeur diagnostique de ces signes a été parfois contestée, et il convient de les examiner de nouveau à ce point de vue.
La tuméfaction des poumons et laréplétion complète des voies aériennes par une écume tenace est un signe excellent de mort par submersion, mais à la condition qu'il soit bien accentué. Par elle-même, Técume n'est pas absolument caractéristique de la submersion ; on peut la trouver dans beaucoup d'autres cas, et si celle des noyés est en général plus tenace, moins fluide (en raison de la présence d'une abondante quantité de mucus), c'est là un caractère diflerentiel souvent impossible à apprécier avec précision. Mais, sur un cadavre retiré de l'eau, une énorme quantité d'écume et la distension des poumons ne peuvent pas laisser de doutes, à notre avis, sur la réalité de la mort par submersion, de l'asphyxie par inspiration d*eau.
La présence dans les voies aériennes d'eau entièrement fluide, c'est-à-dire non mélangée de bulles de gaz, n'a pas la même valeur diagnostique. Quand un cadavre est immergé, il peut arriver en effet que l'eau pénètre dans les ramifications bronchiques et même d'après certainsauteurs jusque dans les alvéolaires pulmonaires. Le D*^ Bougier, qui a fait une élude expérimentale très soignée de toutes cesquestions*, a constaté, en faisant congeler des cadavres
1. Henri Bougier, Peut-on diagnostiquer la mort par submersion? Thèse de doctorat, l*ûris, 1884.